‹ NostradamusChapitre 11 sur 16 · J'JO ÉPURE · texte numérisé non relu

J'JO ÉPURE

futures^ mesmes les plus vrgentes, et celfes que i'ai apperçeu , quelque humaine muta-* lion que aduienne ne scandalîzer Tauriculaire fragilité , et te tout escrit sous figure oublieuse , plus que du tout prophétique :

10 — combien que ^ ^bscondisti hœc à sapientibus , et pvudentibus * , id est potentibus et regibus, et enucleasti ea txiguis et

\ 1 tenuibus, et aux Prophètes : — par le moyen de Dieu immortel, et des bons anges ont receu l'esprit de vaticination^, par lequel ilz voient les causes loingtairies , et viennent à preuoyr les futurs aduenementz , car rien

i2 ne se peult paracheuer saqs luy ', — ausquelz si grande est la puissance et la bonté aux subiectz que pendant qu'ilz demeurent en eulx, toutesfois aux aultres eflectz eubiecCz pour la similitude de la cause du bon geoius, celle challeuret puissance vitiotpalrioe s'approche de nous : comme il nous aduient des rayons du soleil^ qui se viennent gctants leur influence aux corps elementeres, et

* Saint-Matthieu , u, fi0.

^ Gi-desaoos, n«* 15 et 80

' Ci-€lctS0U8,Il»iS.

13 non elementeres. -« Quant à pous qui som^ mes humains ne pouuons rien de npstm naturelle cognoissance, et inclination d'engin cognoislre des secretz obstruées de Dieu le cfeateufi Quia non eHnostrumnoseere

1 4 tempora^ necmomenta etc^ . — Combien qqe aussi (Je présent peuuent aduenir et eslre pei'sonnaiges que Dieu le créateur aye voulu reueler pai'imaginatiues impressions, quelques secretz de l'adoenir accordés à l'astrologie iudicîeile^^ comme du passé, que certaine puissance et voluntaire làcullé venoit par eulx> comme flambe de feu apparoir, que luy inspirant on venoit à iuger les diui*

15 nés et humaines inspirations. — Caries Œuures diuines, que totalement sont absolues, Dieu les vient paracbeuer ': la moyenne qui est au millieu, les anges: la troisiesmej

16 les mauuais. — Mais monfilz ie te parle icy

17 vn peu trop obstrusement : — mais quant aux occultes vaticinations que Ion vient à receuoyr par le subtil 'esperit du feu ^ qui

^ Actes des Apôtres, i, 7.

3 Ci^essous , n» 27, et ceux qui y sont indiqués -* Épttre à Henri II . n«* li, 21, SS. 55, 36, 89, 114. ^ Ci-dessus, n'' 11, et ci-après 46.

* Ci-de88U8, n« 44.

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quelque foys par rentendement agité contemplant le plus bault des astres^ comme estant vigilant, mesmes que aux prononciatiens estant surprins escrits prononceant sans crainte moins atainct d'inuerecunde loquacité: mais quoy? tout procedoit de la puissance diuine du grand Dieu éternel, de 48 qui toute bonté procède. — Encpres mon Blz que i'aye inséré le nom de prophète , îe ne me veux atribuer tiltre ^ de si haulte sublimité pour le temps présent : car qui propheta dicitur hodie, olim sH^cqbiUur suidais ' : car prophète proprement mon filz est ccluy qui voit choses loingtaines de b cognoissance naturelle de toute créature. —

19 Et cas aduenant que le prophète moyenant la parfaictc lumière de la prophétie luy appaire manifestement des choses diuines, comme humaines : que ne ce peult fayre, veu les effectz de la future prédiction s'es-

20 tendant loing. — Car les secretz de Dieu sont incompréhensibles, et la vertu effectrice contingent de longue estendue de la|

< Éptlre à Henri II, n» 55.

* l"'Uvre des Rois, fx, 9.

congnoissance naturelle prenent son plus prochain origine du libéral arbitre S tait aparoir les causes qui d'elles mesmes ne peuuent aquerir celle notice pour estre cognuês ne par les huoiains augures , ne par aultre cognoissance ou vertu occulte comprinse soubz la concauité du cid^ niesmes du faict présent dp la totale éternité que vient en

21 soy embrasser tout le temp3. — Mais moiep* nant quelque indiuisible éternité par comitialç agitation Hiraclienne, les causes par le

22 céleste mouuement sont congnuës. — le ne dis pas mon filz , aftin que bien Tentendes , que la cognoissance de ceste matière ne se peult encores imprimer dans ton débile cerueau j que les causes futures bien loiogtaines ne soient à la cqgnoissance de la créature raisonable : si soint nonobstant bonement la créature de l'anie intellectuelle des causes présentes loingtaines, ne luy sont du tout ne

23 trop occultes ne trop reserées : — mais la parfaite des causes notice ne se peult aquerir sans celle diuine inspiration : veu que toute inspiration prophétique reçoit prenant son

1 Ci-après, SO

principal priocipe mouant de Dieu le creo- 24 leur, puis de Pbeur, et de nature. — Parquoyestans les causes indifférantes, indiflferentement produictes, et non produictes, le presaige partie aduient, ou a esté prédit, — t25 Car l'entendement créé intellectuellement ne peult voir occultement, sinon par la voix fâicte au lymbe ' moyennant la exiguë flamme ^ en quelle partie les causes futures se

26 viendront à incliner. — Et aussi mon filz ie te supplie que iamais tu ne vueillcs eroploier ton ontendement à telles resueries et vanités qui seichent le corps et mettent & perdition l'ame'y donnant trouble au foyble sens:

mesmes la vanité de la plus que exécrable magie reprouuée iadis parles sacrées es-

27 criptores , et par les diuim canons : — au chef du-quel est excepté leiugement de l'as* trologie iudicieile^: par laquelle et moyennant inspiration et reuelation diuine par continuelles veilles et supputations, auons

* Ci-dessus, 17, et ci-aprés, 59.

3 Centurie 1, quat. 2.

3 Ci-après , 2S.

* Ci-dess. 14; ci-apr. 57, 50, 53.— Épttrc à Henri il, 31, S9, 124.

A CÉSAU. 2^5

28 nos {MTophelies rédigé par cscript. -^ Et combien que celle occulte Philosophie ne fusse reprouuée, n'ay onques volu présenter leurs effireuées persuasions : combien que plu3ieur8 volu mes qui ont estes cachés par longs siècles me sont estes manifestés. Maïs doutant ce qui aduiendroit en ay faict, après 'la lecture présent k Vulcan, que pendant quil les Tenoit il deuorer, la flamme les^ chant l'air rendoit vnc clarté insolite^ plus claire que naturelle Oatnme, comme lumière de feu de clystre fulgurant, illuminant subit la maison y comme si elle fust esté en subite

29 conflagration. — Parquoy affin que à Taue*nir ni fausses abusé prescrutant la parfaicte traiïsforniation • tant selme que aolaire , et soubz terre mataolx incorruptibles , et aux vndes occuhes, les ay en cendres conuertis.

30 — Mais quant au iugenœnt qui se vient paracheuer moyennant le iugement céleste cela te veuk ie manifester : parquoy auoir congno^issance des causes futures reieclant loing les fantastiques imaginations qui ad<^ uiendront, limitant la particularité des lieux par diuine inspirations supernaturelle accordant aux célestes figures, les lieux, et vne

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