FIE ET FELICITE
1 Ton tard aduenemenl césar nostrâdâmb mon filzy m'a faict metlre mon long temps par continuelles vigilations nocturnes reserer par escript, toy délaisser mémoire | après la corporelle extinction ' de ton progeniteur, au commun profit des humains de ce que la diuine essence par Astronomiques reuolutions m'ont donné congnoissance.
2 — Et depuis qu'il a pieu au Dieu immortel que tu ne soys venu en naturelle lumière dans ceste terrene plaige , et ne veulx dire tes ans qui ne sont encores accompaignés, mais tes moys Martiaulx incapables à re-
Epltre à Henri II, n« 19.
ccpuoir clans ton débile entendement ce que ie seray contrainct après mes iours definer :
3 — veu qu'il n'est possible te laisser par escript ce que seroit par l'iniure du temps
A oblitéré : — car la parolie héréditaire de l'occulte prédiction sera dans mon esto-
5 mach intercluse : — consyderant aussi les aducntures de l'humain deHnement estre incertaines : et que le tout est régi et guberné par la puissance de Dieu inextimable, nous inspirant non par bacchante fureur , ne par lymphatique mouuement , mais par astronomiques assertions , Soli numine diuino qfjlati prœsagiunt^ et spiritupro-
(j phetico particularia. — Combien que de longs temps par plusieurs foys i'aye predtct long temps au-parauant ce que depuis est aduenu et en particulières régions , attribuant le tout estre faict parla vertu et inspiration diuine et aultres felices et sinistres aduentures de accélérée promptitude prenoncée$% que despuis sont aduenues par les
< Toutes les éditions que nous connaissons , faites après celle de i98ff, que fious reproduisons , lisent ici prononcées ; mais il est évident qu'il faut , comme dans rédition originale , prenoneées , c'est-à^ire annoncées
A CéSAR. 369
7 climats du monde — aiant voulu taire et délaissé pour cause de riniure, et non tant seulement du temps présent, mais aussi de b plus grande part du futur, de mètre par escrit, poorce que les règnes sectes et religions feront changes si opposites, voyre au respect du présent diamétralement, que si ie venois i^ resererce que h l'aduenir sera, ceux de règne, secte, religion, et foy trouueroient si Qial accordant a leur fantasie auriculaire, qu'il yiendroent à damner ce que par les siècles aduenir on congnoistra estre veu et
8 apperceu : — Consyderant aussi la sentence du vray Sauueur, Nolite sanctumdare canibusj nec mittatis margaritas unie ponces ne conculcent pedibus et coT^uersi dirumpant s^os^. Qui a esté la cause de faire retirer ma langue au populaire, et la plome
9 au papier : — puis me suis voulu extendre déclarant pour le commun aduenement par obstruses et perplexes sentences les causes
(^avance. -^ Nous pourrions releYer ainsi une foule de foutes, plus ou moins graves, qui se troutent dans toutes les éditions ; mais ce serait grossir le iK)lume 9ans utilité pour le lecteur.
y Saint Mathieu, yii, 6.