‹ NostradamusChapitre 7 sur 16 · AO»£TB · texte numérisé non relu

AOȣTB

auec dix renoloUons satornelies ; et ouUre ymai^ ciicQ A5S après ' sera la quatrième et dernière station de raltitndînaire firmament. Tontes ces chouses consîdërées et calcolëes, conclnent les astrologues que si le monde iusqnes-là dure, (qu'est à Dieu tant congnen, ) de très-grandes et admirables mutations et altercations seront an monde ; mesmement des sectes et des loix. Et la raison est : car hjm auec les réuolutîons saturnelles, sera la oonnersîon et rëuolution du supérieur ciel le firmament, par laquelle les chouses denant dictes et nmtaUons des sectes, les astrologues concluent que par aduentures enuiron les temps deuandlctz TAxiTSCHaisT auec sa loy et damnable secte à la loy des chresttens contreniendra. Et combien que ce ne soît point de son aduenement temps déteitnine , et humaine certitude n'en peult estre congneue, toutefToîs, en parlant îndéterminement, peult estre probable suspîtion, et vraye semblable coniecture que dans les temps des susdictes Tiendra l'Antéchrist, tcu que , selon iœulz astrologues , après Mahomet dolbt uenir un homnte puissant^ lequel constituera unelaydéshùnn^y menteuse et magique f pour ce, par semblable induction , OD peult opiner que, après la secte de Mahomet, ne Tiendra point d'aultres que celle de TAntechrist. » Que pensez-TOus de cette prophe'tie ? Ne trouTCS-

■ G'eat-à-dire en I8li. Si nous n'aTîons en ce moment ce ▼ieui tWre entre lei mai» , notts ne voudrions pas croire à la prophétie qu*il reDferme.

ET PKOPUÊTIBS. IQQ

TOUS pas, conuDe nous, qu'elle cet sorprenante , extrsordioaire, merTeiâ&eose? Tarrelya droit an bat; il ne Bons laiawpas dhins le Tagoe; il ne s'entoore pas d'énigmes : il dit franchement cp'il j anra une réveiutlon en 1789 y et qu'elle se terminera en i8i4- Mais ce n'est pas lont : il noos promet encore de uou- ▼elles institutions, des sectes eimtjinttchnstfniis' sont. Nous verrons plas tard si Turreèo'esi point un faux astrologue. En attendant, constatons ia fastesse étonnante de ses prédictions touchant la Bévokitioa française et la dinte, en i8i4# du dernier représentant de cette grande et malheflireuae époque.

L'ouvrage de Tnrrel, quoique très-rare ( poisqn'ii n'est cité dans «ncun traité d'astrologie) a été cependant copié en partie par un auteur fort inconnu du reste , et dont nous allons maintenant nous ooeuper. Noos devons ajouter que cet écrivain , conuae tous les eompîlaleurs des temps passés ou présens, s'est hiengardé dédire dans qoel ouvrage il avait paîaé ses renseignemens.

Cet auteur , chanoine de Langres , s'appelle Eldiard Hoossat , et son ouvrage porte le titre suivant : Le Lwre de Pestât et mutation des temps j prouuant parauthonlezderEscripturesaincte et par raisons astrologales^ iafindu monde £être prochaine*.

Ce livre fut publié à Lyon , chez GaiUanme

t Sur les registres de la Bibliothèque de Satnte-GeneviéTe , il est porté dans TV, n^ 698. — Le seul exemplaire de la Bi-

200 PROraèTEs.

Rouille, dii-nenf ang après celai de Tarrel, c'est-àdire en i55o : ainsi la date seàle pronye lequel de ces deux astrologues a pu copier Tautre* L'exemplaire dont nous nous sommes seryi appartient à la bibliothèque de Sainte-GeneYÎèye i il est de format in-8% reliëen parchemin, et contient i8o pages. Très-peu de bibliographes ont parlé de Richard Roussat ; son nom ne se trouye ni dans le Manuel du Libraire^ de Brnnet, ni dans les Dictionnaires historiques de Bajle, de Morëri et de Gbaudon de Landine, ni dans la Biographie universelle de Michaud. — Nous n'ayions donc pas tort de dire plus haut que Roussat était un auteur peu connu!

Le P. Lelong fait bien mention d^nn nommé Roussat, historien de la y ille de Langres ', mais non de celui quia écriWe Lwre de testât du Xemp.DuVerdier nous apprend que Roussat, l'historien, était neyeude Richard Roussat, chanoine et astrologue*. Enfin , La Croix du Maine, sans nouf éclairer dayantage sur cette question, dit que ces deux écriyains « estoient des hommes bien doctes '. » — Voilà tous les renseignemens qu'il nous a été possible de trouyersur la yie

|)liotlièqa« royale est rangé dans le G, 1260. En tête des premiers feuillets dii Liwt de VEitat, se troure le pririlége du roi, daté dn« iuOlet 1549» et signé Gnjiiand. -*- Cet oqfrage est cité par VOracUpowr 1840, p. 89.

i Bihlidhi^ Mitori^ de la France, t. lu, p. 326^ &o 34344.

• Bibliothique fran(aisef t t, p. 4153

s Ibid, 1. 1, p. 5«5.

ET PAOPaSTlBS* aoi

etiea travaux dasaTantcompilateor de PierreTorreU Ronssat, en dédiant son livre « à très-magnanime , poissant etillastre seigneur Joachim de la Baolme», recommande à son protecteur de le défendre ^ contre les faux savans et les ignorans sceptiques : «l'espère, dit-il, que ce sera vostre bon plaisir de le garder et soustenir contre les assaults de Tirraisonnable vulgaire et populeuse multitude, mère d'ignorance et d'vn vouloir touiours desréglé : et n'en laisserez, s'il vous plaîst, approcher vn tas de non savants, semblables aux chiens qui crient, jappent et abboyent aux incongnns ».

A la page 86 de son Livre des tempSy il donne un démenti à tous ceux qui prétendent que les astrologues ou les prophètes ne peuvent assigner de dates positives à leur prédiction : « Maintenant, ie dis que nous sommes en Tinstant et approchons de la future renouation du monde enuiron deux cens quarante^ trois ans y selon la commune supputation des historiographes , en prenant à la datte de la compilation de ce présent traicté». — Noos venons de voir que le Liseré des temps fut publié en i55o ; or, en ajoutant le nombre deux cent quarante-trois à l'année mil cinq cent cinquante , nous trouvons naturellement que cette rénovation doit avoir lieu en mil sept

CBITT QXJATBB-Vllf OT-TBEUB ! . . .

Ainsi, voilà trois astrologues, Nostradamus , Turrel et Roussat,qui ont annoncé tons trois le même événement , l'un à Salon , en i555 , l'autre à Dijon , en 1 53 1 , et le troisième à Langres^ en 1 55o. — Peut-on

203 paOFlifiTES

rester încréckile en prrfseooe de semblables pro* phéties ?

A la page 162 éa même onvrage , Ronssal s'exprime encore plus clairement ; mais on voit ici qu'il a copié presque mot à mot Âlbamazar * et Tnrrel.

* Ce nom, en langue arabe , 8*ëcrit Abwi-Haaschar. D'après Texcellente traduction que le sayant orientaliste, M. Dubeux , de la Bibliothèque Royale , a eu Tobligeance de nous faire des prénoms de cet astrologue , il résulte que oe denier ne s'appelait pas Albmnazar » eomme on Ta otii JMqtt*à pisésent , mais Giafar, père de Maaschar et fils de Mdunaad, q«l dowendaii d'Omar.

On sait fort peu de choses sur la We d'AIbomazar. Les uns disent que» ce prince des astronomes »^ comme l'appelle d*Herbelot, dans sa Bibliothèque Orieniale , naquit à Balkhe, en Khorasan , Tan de THégire 190 (805) , et mourut i Bagdad en l'an 472 (885). D*autres, nu contraire, placent Tépoque de sa mort à Tannée 190 (805). Quoique nous ne aaebionB ries de pins à cet égard , neus devons croire, cependant , qn*U Tîfmtt entre le fanicième et le aenviéme siàele.

On dit qae aa réputation étali alors si grande dans toute TArabie , que le kalife Almamon, voulant mettre sa science à l'épreuve , fit cacher un de ses officiers dans une pièce voisine, en le forçant de s'asseoir sur un mortier d'or placé an milieu d'un grand bassin rempli de sang. On introduisit AXbomazar, et Almamon lui demanda où Tnn de ses olBeien » q[«*il lui désigna par sqn nom, devait être. L'astrolegae coneolte iob livre et sesinrtrimens, et répond d'une vnû asenrée qu'il aperçeit cet homme osais sur une monlagne^d'er et entouré d'une mer de sang. Gette réponse satisfit tellement le kalife, qu'il récompensa largement Albumazar.

Le Bahi Alakhiar rapporte qu'une dame de Bagdad ayant

VT PBOPHiTiBS. ao3

c Pour autant, ûît'ïly changeons de propos et venons à parler de la grande et meraeilleose oonionctîon que messieurs les astrologues drsent estre à Tenir enuiron

perdn un superbe «aehet qui était «nehAsté dans oie bague d'un gnnd prix, daoMuida k Àlbumaaar où étoit son caebet. Il lui fit cette répoDSt : a Le sceau de Dieu a prit le vôtre, o En eflet, quelques jours après elle trouva son cachet entre les feuillets d*un Alcoran, livre eonsidéré par les musulmans comme le cachet ou le sceau des promesses de Dieu.

Aibumazar est auteur de plusieurs ouvrajres d'astrologie et d*aStroAoraie , trës-lraportans ^ très-rares et très-estimés au- JMidlMi. — Le premier a pour titre : MUâkaH ( Introduction i^ l'astronomie); il a été publié en langue latine pendant les années 1480 4^95 et f515. Ce livre ne se trouve point porté sur les catalogues de la Bibliothèque Royale. — Le second est intitulé t Ekieran aï kaouakêb ( de la Conjonction des planètes ). n m été traduîten latin sous le titre suivant : D$ magniê eonjunctiwUhus, annorumrew>luti(mibu$,ac eorumprofectionibuâ, œto eoniinens traetatus, et publié A Augsbourg, en 1489, par Ratdolt, et à Venise en 1515, par Penzius. La Bibliothèque Rojale possède deux eiemplaires gothiques de cet ouvrage » ornés de figures et rangés dans TV, no 1427. Sur l'und'eux, on Ut ces mots écrits k la main ; Liber raru$, ^-Le troisième ouvrage ( celui qui parut le premier ) porte le titre de Floret(U(roIo</t<F. Nous avons découvert, k la Bibliothèque Hojaie, un précieux exemplaire de cet ouvrage relié avec le De magnie de 1489; il est do 148) et n*a probablement jamais été connu ni de Panzer ( Annalee typograpkici) » ni de Geswer {Bibliotkeea imHiuta et collecta) , ni de Louis Hain {Jtepertoriwn Biéiiographieum) , ni même de Brunet ( HOm niMl du libraire)» Au folio 205, ou lit : Impretium in Veni'

aD4 PAOPuJDTes*

les ans de nostre Seignear mil sept cBira octaitte et NEUF I aaec dix rëuolations satarnelles etoaltre enuiron vi^gt-cinq ans après (i8i4)» sera la quatrième et dernière station de rallitudinaire firmament. Toutes ces choses imaginées et calcalëes, concluent les astrologues que si le monde iusques à ce et tel temps dure (qui est à Dieu seul congiieuj^de très grandes , merueillenses et épouvantables mutations et altérations seront en cestuy unluersel monde; mesmement quant aux sectes et loys, les choses deuant dictes signifient mutations de sectes. D'avantage met et raconte plus diffusément Albumazar. Il conclud que enuiron le temps deuant dict ^ V Antéchrist^ auec sa loy damna-

tiis per Erkardum Ratdolt de Âugusta. Dit mênêit januarit 1481. Les Flores furent aussi imprimées à Augsbourg , en 1488 et en 1495.

On ft attribue faussement à Albumazar les livres d'Ahkaméi d*Asrar ai nogium ( Jugement sur les astres) , qui sont rérilablement de Feleki, poète persan. M. d'Herbetot, dans sa Bibliothèque orientale , cite un ouvrage d*AIbumasar appelé 0/ott^ (Milliers d'années) , dans lequel 0 est parlé de la naissance , de la durée et de la 6u du monde. La religion chrétienne, suivant les calculs d*Albumazar , ne devait durer que quinze cents ans, c'est-à-dire, Onir au seizième siècle, n est âcheuz que nous n'ayons pu nous procurer cet intéressant ouvrage, qui ne se trouve dans aucune bibliothèque publique, et n'est porté sur aucun catalogue bIbUographique.

Voilà tout ce qu'il est possible de dire sur Albumazar et sur ses ouvrages.

ET PEOPHÉTIBS. 2o5

ble et misérable sccle à la loy des chrcsliens répugnante et totalement contraire, "Tiendra ; et combien qu'il ne soit point de son aduenement temps détermine, toutes foys, en parlant indeterminement, peutestre probable suspicion par ingénieux et spirituels calculs astronomiques , qu'enuiron le temps deuant dict , régnera Tantccbrist : yen que selon iceulx astrologues, aprêsMaymeddoibt venir ungbomme puissant et de bon crédit , lequel constituera une loy deshoneste , menteuse et magique. Pource, par semblable induction ou démonstration , Ton peut opiner, ima^er,et coniecturement conclure que , après la secte de Maymed , n'en viendra pas d'aultre que celle du pernicieux , mauldict et venimeux antecbrist ». — C'est , comme on le voit , une copie de la prédiction de Turrel.

Cinq ans après la première publication des Centuries de Micbel Nostradamus , c'est-à-dire en i56o ,

un certain sieur du Pavillon, nommé Antoine C

.... , fit paraître un ouvrage satirique contre les prophéties , intitulé : Les CorUredictz du seigneur du Pauillon lez LorriZf en GastinoiSf oufaulses etabursives Prophéties de Nostradamus et auUres astrologues; adiousté quelques œuvres de Michel Marot^Jik de feu Clément Marot, prince des poètes françois\

• Paris, 1560 , in- 12. Chez Charles L'AngcIier. — Ce pré-

ao6 PBOPHèTBS

n parait que Vmtcar de ce lÎTre estimait fort pen tes •Hrologucf et les prophètes; car il lesappeHe < di-

eien et intërassaiit ooTrage se tnrare aux BîblMttéq«« da rArsenal (9543) et de la rue de Richelieu ( V. 2414 ).

t^ Bibliothèque historique dû la France, du P. Lelono, t. II , n.o 18, 212, ne cite du seigaear du paTillon que son Epître au Moi de Pologne, publiée en 1573. — Bninet parle des Contredicte dans ses ^ouvellee recherchée bibliographiquee, t. i,p. 181.

La vie etles ouvrages de ce seigneur da PavHIensôDt peu connus ; on ignore môme l'époque de sa naisaanee et cdiie de sa mort . ta Croix du Maine dit seulement qu'il Oorissait en Tan 1573, ev a'en tient là. Les autres bibliographes , sans doute pour no pas oommettre d'erreur, gardent , à ce sujet , le silence le plus abeoltt. Cependant La Monnoyenous apprend que cet auteui tenait beaucoup à son nom , vanité que nos lecteurs comprendront dlfllcUement. a II est surprenant, dil-ll que cet homme ait laissé paroltre tant d'oavngea aous on si vilain nom. fi detoit bien en changer comme fit ce maître des requêtes deméme nom , de même temps et apparemment de môme famille... Un jour que ce magistrat grattoit à la porte du cabinet du Roi ou de la Reine, comme l'huissier lui demanda son nom , il n'osa le dire disUnctement à cause de Tobscënité. L*hu!ssier ne Kentendant pas » loi dit qu'il parlât haut et dair , d'oA il fut ensuite nouuûé HenOeelair. Ménage, dans see Origimee ftançoiem, an mot Hanteelair , dit avoir appris cette paiticnlarîté de Pierre Dupny, garde de la Bibliotbôque du Roi , et cite, à ee propoa , on passage de l'Histoire de de Thou, liv. Tiii, où ce Ikit est désigné. Antoine, dont il s'agit |ci , avoit si peu d*envia da changer de nom que, pour le mieux conserver, il l'avait renfimné dans cet anagramme qui lui servoit de devise : On t'a

vntmtean pleins de tontes falfaces , enfansda dîal>le et ennemis de toate république ! O gens qui estes

et rendu iMfoi, (T. i, p. 34. } » — Nous sommes faehés de le dire au uvont M. do le Hennoye ; meis ae citation n*est pai eiacte. Nous avons noin-mêmes conâuUé le Dictionnaire éty* mologi^e de Ménage , édition do 1750 , tome 11 , page 21 » et nous avons trouvé au mot Hauteclair, que ce maître des requêtes charigea bien de nom, parce que celui qu'il portait « étoit

obscène ; » mais nous n'avons point vu qn*il s'appelùt C

comme l'affirme M. de La Monnoye. Bien phis, dans la

citation latine rapportée par Ménage , il n'est fait aucune mention du premier nom de ce magistrat

L'auteur des ConiredieU a écrit un grand nombre d'ouvrages peu connus aujourd'hui» et dont nous allons donner la liste exacte : i^ les Inttructiont et exercices des greffiers dcjytifficc«r02/ale«/ imprimées à Paris, par Jean Longis en 1543. — 29 Les Antiquités et singularités du monde , imprimées (suivant Du Verdier) en 1547. Peut-être ce bibliographe s'cst-il trompé do dix ans, car la Bibliothèque Royale possède deux exemplaires de cet ouvrage, publiés Tan en 1557, et l'autre en 1578 (6. l260 ). — 3^ Les fleurs odoriférantes , cueillies es délectable jardin de Vertu, divisées en deux livres ; imprimées h Paris par Loys Bégat en 1510. — 4<> Des Prophéties, où l'auteur, entre autres choses , « démontre que Dieu» sans aide, régit et gouverne toute la machine, et peut sent juger dei choses futures : et , au surplus, que le prophète n*est à mépriser en sou art, où il 7 m beaucoup plus de plaisir que d'approbation . » imprimées à Paris en 1556. — 5® JSpi^ tre présentée au tréê-invincible roy de Pologne, dont nous avons parlé plus haut, et dans laquelle le seigneur du Pavillon promet de mettre en lumière les œuvres qui s'ensuivent }

en ce monde notoirement suspects , s*ëcrîe-t>il arec chalear, cessez vos andadenses présomptioDS ; car cehiy serolt malheorenx , qne sealement vonldroît approaner qu'il y ait an seul homme an monde qni puisse dire ce qui se fera demain. Arrêtons-nous donc là y et ne jugeons d'aultres choses , sinon qne tousmémes estes dignesde feu ! »«-Ainsîy d'après ses propres paroles y il est bien évident qu'il Toulait faire pour son époque y ce que Voltaire et Rousseau ont fait pour la leur . Nous avons cité ce passage afin que nos lecteurs soient bien convaincus que le seigneur du Pavillon n'était point partisan de la science astrologique.

Les Ghroniqueft de France , composéeft par le commandement du rojr Charles IX ; la Chronique cosmographique et universelle; le Tableau des généalogies des roys de France , depuis Adam jusqu'à Charles VL D est vraiment £lcheuz que le sieur du Pavillon ne nous ait point laissé une généalogie des rtrii de France depuis âdak jusqu'à Charles Kl.. Selon La Croix du Maine, notre auteur aurait encore composé quatre livres de réponse aux nouvelles prophéties. Dans le premier il dit que la sagesse des hommes n'est que folie devant Dieu ; dans le second il traite des abus des £iux prophètes ; dans le troisième, des divines prophéties de rAncien Testament; et dans le quatrième, il avance <i que le monde sera plein d'ans et quasi éternel. »

Ce mot quoêi est rarissant. M. G » de peur de se compromettre , ne voulait sans doute se prononcer ni pour ceux-ci, qui croient à l'éternité du monde, ni pour ceux-là, qni prédisent sa prochaine destruction. En vérité, le sieur du Pavillon était, pour son temps , un écrivain fort adroit t

XT pRopuiTiBS. aoo

Des ennemis font souvent pins de Lien à nne cause que certains amis ; cela est arrive à l'auteur des Contredicts : en attaquant à tort Albnroazar, Turrel et Roussat, il a rendu ces astrologues, et particulièrement leur science, véritablement inattaquables, M« Charles Nodier, qui connaissait les Contre-' diciSj et qui les a si spirituellement jugés dans sm MélangeSy dit, à ce sujet : « Une particularité assez

remarquable, c'est qu'Antoine C , sieur du

Pavillon, qui a rndement attaqué Nostradamus, et qui étoit; pour son temps, une espèce de philosophe, est de tous les auteurs en matière de divination, celui qui a fourni à nos visionnaires une de leurs. autorités les plus positives ! » En effet, l'ouvrage du sieur du Pavillon est certainement celui qui a fourni aux hommes de sens et de jugement ( nous ne dirons pas, comme M. Ifodier^ aux visionnaires ) le plus de preuves en faveur des prophéties et des divinations par l'astrologie.

Les Contredicts ont été composés dans le seul but d'attaquer les astrologues et ceux qui se prétendent capables de prédire l'avenir.

Voici ce que ce prétendu philosophe écrivait en i56o , en voulant, comme on doit le penser, critiquer Albumazar, Nostradamus^ TuiTel, Koussat et les prophètes de son temps. En parlant d'eux,

s àlékuêB99 iùréê étunê petite MliolhèqMê, Ou xxis, p. 236.

:;iIO PAOPukTES

il s'exprime ainsi : « Ils ne donnent vie à nos saccessenrs que de deux cens trente-cinq ans y oa enuiron j à compter de ce présent an mil cinq cens cinquante-cinq '.... Hz noas promectent yne grande et meraciUeose conionction ennlron les ans de nostre Seigneur mil sept cestz octante-neuf anec dit reuolations saturnelles. Hz calculent aassi qae vingt-cinq ans après * sera la quatrième et dernière station de raltitadinaire firmament.... Et combien qae Ronssat ait amplement dédnh qne la Bëdolntion dn firmament desnote et nons monstre en la première partie l'nniaerselle névoitiTioir dit houoe , on bien qn'il se renouueflera y ou da tout se terminera dans deux cens quarante-trois ans , à compter de Yan mil cinq cens quàrantC'htuct •. » — Selon nons, on peut trèsbien n'être pas TÎsionnaire et prendre les passages que noas venons de citer comme des prophéties claires et positives.

Il est hearenx ^ ponr plusieurs raisons, que le sîeur du Pavillon ait écrit cela : — premièrement, pour confirmer aux incrédules que les citations qui ont précédé celles-ci ne sont point fausses; -^ secondement,

• Cefll-à-dire en 1790. — On voit que Ife» asirologtics n'étaient pas encore anMi ignorans que le seigneordu Pavillon tou. lait nous le faire croire.

* En 1814. — Ce que rapporte ici Antoine €••••.... , nous Tavons déjà vu plm haut eo |MU'laiU Ues ouvraijfîa de Turrel et '^de Rouasat.

5 G'cst-à-diro en 1791.

ET PRÛPBéTIBS; 211

que Tnrrel et Roossat, mentionnés par notre auteur, ne sont point des astrologues inTentés à plabir ; — et, troisièmement > que la Rëyolution française a été prédite par plusieurs prophètes , antérieurement à la composition des Contredicts , c'est-à-dire avant ' Tannée i548.

Maintenant 9 nous remercierons beaucoup ce seigneur, que l'on considère à tort comme un philosophe , d'avoir écrit contre Tastrologie une satire qui a eu l'avantage de faire un bien immense à cette science et de ne rendre ridicule qu'un seul individu : — l'auteur de la satire.

Un descendant probablement de ce satirique , — nous disons descendant^ parce qu'il a , comme le sieur du Pavillon , attaqué fort maladroitement les prédictions des astrologues, — voulant mettre en doute le don de prophétie, dit fort naïvement' : « Ne rions pas de nos pères du moyen-âge ^ en voyant aujourd'hui que de pareilles yb/îe5 ont encore quelque cours après tant de délais successifs ( si ce monsieur avait lu les ouvrages de Tarrel> de Ronssat et de Nostradamas , il n'aurait pas parlé si légèrement des prophéties). Quel est 9 dit Cioéron, ajoute notre ano-* nyme écrivain , l'archer si maladroit qui , s'exerçant toute une journée, n'atteint pas une fois le but ? » Nous répondrons à ce monsieur qu'il est im-

* Journal det Débats du 8 janvier 18)0.

possible de se servir ici de la comparaison de CicëroD, leqoel, soit dit en passant, a parle; dans son Traité de la Divination^ pour et contre les prophéties, comme l'aarait pa faire an avocat d'au-

. joard'hai. Si tons les astrologues que nous ayons mentionnés plus haut ne s'étaient pas accordés, s'ils n'avaient pas précisé avec un soin scrupuleux le temps pendant lequel la grande Révolution devait s'accomplir y nous comprendrions parfaitement qu'on

# se servit de la comparaison de l'archer. Mais comme ils ont fait tout ce qu'il était possible de faire en pareil cas, ne les accusons donc point de folie !

Cet anonyme, pensant a voir prouvé quelque chose> continue en ces termes : « Il faut appliquer cette remarque du bon sens antique {bonsens, si l'on veut) àla bizarre coïncidence qu'a découverte M. Ideler, de Berlin, en calculant, à la prière de M. de Humboldt, quelles années de notre ère répondant aux grandes Gotijonctions de Saturne indiquées par le cardinal d'Ailly dans ses Tabiâs Alphonsines, comme devant amener dès événemens extraordinaires. M. Ideler, en ayant soin de se servir de la première édition imprimée à Venise en 149^» y ▼o^t qu une des grandes périodes de Saturne devait être accomplie en Tannée qui répond à Mit sert cbut quatbe^vikgt- NEUF. Le cardinal d'Ailly, qui écrivait eo 14149^^^9 au sujet de la conjonction de Saturne, pour 1789 : « Si le monde vit jusques-là, ce que Dieu seul sait^ il y aura alors de grandes et nombreuses vicis-sUudesetdes révolutions étonnantes^ surtout dans les

ET PBOPBÉTIES. 2131

lois ^ 1 M. de Hamboldt, en citant cette coïncidence accidentelle, se demande si celte prédiction d*ane réf olation qai occa|>e une si grande place dans l'histoire da genre hamain , a déjà été signalée par oeax qai se plaisent, de nos jours , à tont ce qni estniystiqae et ténébreux. Comme nous pensons , dit le rédactear du Journal des Débats, qa'il ne Ta pas en-^ core été ailleurs que dans son savant ouvrage y nous la consignons ici comme une chose curieuse en ce moment de recrudescence prophétique. »

Nous nous permettrons de répondre encore une fois à cet anonyme écrivain qu'il s'est placé dans la même position que le sieur du Pavillon , en citant un passage qui renverse toutes ses théories. Nous lui dirons en outre que cette coïncidence , regardée par M. de Hnmboldt comme accidentelle , ne Test réellement pas : et la preuve y c'est que plus de vingt astrologues français, allemands ou italiens , dû quinvème et du seizième siècle ont annoncé une grande révolution en France pour l'année mil sept cens oc^ ^ tante et neuf. Il est certain que M. de Hnmboldt y ainsi que l'auteur anonyme de la note du Journal des Débats y ignoraient entièrement l'existence des livres curieux que nous avons soumis à l'examen de nos lecteurs ; mais alors on ne se prononce pas sur

* m mundus usque ad illa tempora duravêrit, qxtod moIum Deui vovit, fnuto tune magnœ et mirabiles alterationes mundi etmutationet future ttint ei maxime circa leges.

ai4 PROPuàTES

une matière qa'on igoore j sar ua sujet qu'on n*a jamais étudié.

Tons les ouvrages précieux dont nous venons de parier ne sont, pour ainsi dire» que des ouvrages Tulgaires en comparaison de celui-ci, qui est toutà-fait inconnu ( et inconnu est le mot) des savans , des biUîographes, des bibliothécaires et du public. Il a pour titre *. Prophéties et révélations des saints PèreSj etc., etc. ; composées et mises en lumière par maistre Michel Piros.

En disant que ce livre est inconnu nous pensons ne point nous tromper ^ puisque les biographes Niceron', Bayle', Moréri '^Prosper Marchand ^, Chaudon de Landine'^, Feller ^ et Michaud ^ n'en font aucune mention; et que Jean Yogt!^, Jogler*, Ebert^ La Croix du Maine et Du Veràier'S Fran-

* Mémoire» pour servir à VHittoire des hotntnes illustres»

* Dictionnaire historiquSt > Diction, hittor.

* Diction, hislor.

* Dictionnaire universeL ^ Biographie universelle.

' ibid.

« Catalogue Mstorieo-^iritieus.

9 Bibliotheea historiœ litterariœ selecta» *^ Lexieon hibliographiiches.

" Bibliothèque françoife* Edit. de 1772, de Rîgoîey de Juvigny.

çoîs de Bure*, Brunet* et le P. Leiong' l'ont passé sous silence. Bien plus, Il ne se trouve porté ni sur les catalogues de la Bibliothèque Royale, ni sur ceux des Bibliothèques Mazarine et de l'Arsenal. LesGenovéfains de Paris, qui affectionnaient tant ces sortes d'ouvrages y sont les seuls peut-être qui aient eu ce livre en leur possession*. — C'est dans

* Bi^Hôlhèquê inttmctwê , w Traité de la cmmaistanfiê dei livres rares et singuliers,

* Manuel âa libraire. — liow)eïles recherches bibliographiqaes.

' Biblioth. histor, de la fronce,

* Voici le titre et la description de ce volume. pBOPBÊTiBS et Révélations des SaSnu Pères, Tant de ce

qui eet passé que de Vaoemr, et Us choses les plus grandes gui nous puissent arriver, et leurs effets apparoislroni iusques à la fin du monde. Composées et mises en lumière par maistre MicAel Pibus , grand docteur en V astrologie, -- Après le titre vient une épig^raphe ainsi conçue : « /n epistolâ beati Pétri apostoîi. » Au dessous de 1 épigraphe sê trouve une vigaette grossièrement gravée , représentant un a»trologue entouré d*étoiles, et tenant dans sa main gauche ud« sphère. En marge de la ▼ignette » on aperçoit le timhro impé* rial de la fiibttothèque du Panthéon. Tout en bas de la page oo lit : A Paris chez la veuve Du Pont, rue d^Escosse , près le Puit certain.

Ce petit Tolume , nous poivrions dire cette brochure , est de format in*12, il contient quatone chapitres et vingt-quatre pages d*impres8ion. Il est porté sur les catalogues de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève dans TV, nO 710.

Le livre de Michel Piras a été presque entièrement reproduit dans YOraehpOur 1840, pages 112 et suivantes.

2l6 PROPHÈTES

leur bibliothèqae, aojoard'hai bien apaavrie par les désastres tie la RéTolotion et les soustractions continuelles y que nous ayons découvert l'exemplaîre inconnu des Prophéties de Mîcbel Pirus?^

Ce livre est sans date ; mais, d'après la forme des lettres, l'orthographe des mots, et certaines allusions contenues dans quelques chapitres , il est facile de voir qu'il a dû être imprimé à la fin du dix-septième siècle , avant l'an 1674^ et par conséquent sous le règne de Louis XIV.

Le chapitre deuxième ayant pour titre : Ce qui doit arriver aux religieux ^ contient cette étonnante et merveilleuse prophétie qui s'est réalisée deux siècles plus tard , à la Révolution française. « La discipline et règle monastique sera oubliée en beaucoup de monastères , et l'ancien et aust^ respect de quelques religieux n'aura plus l'œil sur leurs professions.... Leurs abbayes , prélatures et possessions seront mises à la possession des Uuquesy et auec le temps réduites en biens temporels^ et les monastères seront appauuris et dénétues de toutes leur beauté et richesse.... Sourdront maintes religions en panure habit qui donneront grantcoU léeà vous et à votre religion.... Ils (les religieuK) seront écoliers du prophète Hiérémie et nommés en* fants de douleurs , car l'homme de sang les fera moif/ir pour plus désoler l'Eglise catholique en ses enfans. »

Dans le chapitre cinquième nous trouvons différens passages non moins curieux. Pour abréger len

BT pROPBiTiES. ai 7

citations, iloas necîteronsqae le suîyant : n Le cierge sera méprisé par les laïques , qai ne croiront pas si parfaitement à l'Église qne leurs ancêtres , dont ils quitteront les doctrines... Us dépouilleront les égli^ses de leur piétë y les royaumes de leur honneur, les ▼iiles de leurs moyens , les provinces de leur liberté. La noblesse se verra gourmandée par ceux qui lui doivent obéir : car la main du courroux de Dieu sera contre eui , et seront tués en plusieurs lieux , kùs^ sarU leurs seigneuries désertes y à l'abandon de leurs ennemis. » — Il fallait être bien osé pour écrire cette prophétie sous le règne de Louis XIV, alors que la noblesse française était dans toute sa splendeur !

Afin de ne point fatiguer nos lecteurs , nous ne rapporterons aucune autre prophétie annonçant la Révolution française , et nous renverrons ceux qui seraient curieux de connaître les pressentimens que cette grande époque fit naître aux Prédictions dû P. Elisée , au Discours surf Histoire jàe M. Moreau, à la chanson de M. Delille , à l'Oraison funèbre de | Louis XV, aux Lettres de Voltaire, wxÉlémens de ^philosophie de d'Alembert , enfin à l'ouvrage de M. Henri Du'fardin, dans lequel se trouvent reproduits tous ces pressentimens.

Les prophètes modernes ont aussi annoncé la Tenue de Napoléon. Sans parler de Nostradamtis , nous avons encore Dieu-Donné-Noël Olivarios et Philippe Olivarius , qui tous deux, vivant an seizième siècle , ont prédit très-claivemcnt Içs commencemens de la

ai8 paopukTES

carrlèrey la grandeur et la chate île Bonaparte*

Votcî, diaprés les renseignemens authentiques qui nous ont ëté fournis par l'auteur de VOmcle , la famettse prophétie dite SOrval^ écrite en i544 9 par Philippe Olirarius. Cette prophétie a ëté copiée, en 1833 , sur un petit livret imprimé à Luxemhoorg en Tan i544^«

c En ce temps-là un jeune homme venu d'outremer dans le pays du Celte-Gaulois se manifestera par conseil de force ; mais les Grands ombragés l'envoleront guerroyer dans Tisle de la captivité. La victoire le ramènera au pays premier. Les fils de Bratus, moult stupldes , seront à son approche : car il les dominera, et prendra nom Empereur.

• Moult hauts et puissans rois sont en crainte ▼raie 9 car l'aigle enlève moult sceptres et moult couronnes. Piétons et cavaliers portant aigles sanglantes, avec lui courrent autant de moucherons dans les airs; et toute l'Europe est moult ébahie, aussi moult sanglante^ car il sera tant fort que Dieu sera cm guerroyer avec lui.

» L'Église de Dieu se console tant peu en oyant ouvrir encore ses temples à ses brebis tout plein égarées* et Dieu est béni.

I Nous aroDÉ cherché inuiileaaeot le petit livret dont aons parlons plus haut ; ni le livre ni Tautcur no ss troareiit mcationocs.

Nous renvoyons , pour les prenres de rauthcntîcitë do ,ceite propMtiei à ï Oracle ^ pages 81 et sulr.

ET MOPHBTIBS. ai 9

» Maïs c'est fait > tes lanes sont passées . Le Vieillard de Sîon crie à Diea de son cœur moult endolori par peine calsante, et voilà que le puissant est ayeuglë ponrpëchë et crimes. Il (fuitte ' la grande ville avec une annëe si belle qae oncques ne se vît jamais si telle. Mais point de guerrier ne tiendra bon devant la force do temps , et voilà que la tierce part de son armée et encore la tierce part a péri par le froid da Seignenr paissant. Mais deuiL lustres sont passés d'après le siède de la désolation y comme j'ai dit à son lien. Toat plein fort ont crié les veuves et les orphelins^ et voilà que Diea n'est plus sourd.

» Les Haalts abaissés reprennent force et font ligue pour abattre Thomme tant redouté. Voici venir avec euiL le vieux sang des siècles qui reprend place et lieu en la grande Ville : ce pendant que Tbomme dit moult abaissé va au pays d'outre-mer d'où il étoit advenu.

» Diea seul est grand ; la lane onzième n'a pas lui encore, et le foaet sanguinolent du Seigneur revient en la grande ville ; et le vieux sang quitte la grande ville.

» Dieu seul est grand ; il aime son peuple et a le sang en haine ; la cinquième lune a relui sor maints

> ici dans Vlmprimê, qui était eo assez mauvais état, sa trouvait nnmotUUsibla, qu'on a suppléé par calui que nous imprimons en caractères italiques. Il en est de mém» de quelques autres mots qu'on rencontrera ci-apfès.

2id nopaiTEs

jjaerroycM d'Orient; la Gaule estconverte d'hommes et de machines de guerre : c'est fait de Thominc de mer. Voici encore venir le vieux sang de la Cap.

» Dieu veut la paix et que son saint nom soU béni. Or, paix grande et florissante sera au pajs du céleste Gaulois* La fleur blanche est en honneur moult grand ; la maison de Dieu chante moult saints cantiques. Cependant les fils de Brulus oycnt avec ire la fleur Hanche et obtiennent règlement puissant : ce pourquoi Dieu est encore moult fâché à cause de ses ëlus et pour ce que le saint jour est encore moult profané. Pourtant Dieu veut éprouver le retour à lui par i8 fois 12 lunes.

» Dieu seul est grand -, il purge son peuple par maintes ti'ibulations j mais toujours les mauvais auront fin.

» Sus donc > lors une grande conspiration contre la fleur blanche chemine dans l'ombre par yue de compagnie maudite ; et le pauvre vieux sang de la Cap quitte la gran4e Ville y et moult gaudissent les fils de Brutus. Oyez comme les servants de Dieu crient tout fort à Dieu et que Dieu est sourd par le bruit de ses flèches qu'il retrempe en son ire pour les mettre au sein des mauvais.

» Malheur au céleste Gaulois! le coq effacera la flenr blanche, et un grand s'appelle le Roi <lu peuple» Grande commotion se fera sentir chez les gens, parceqoe la couronne sera posée par des mains

£T PnOPHl&TIBS; 111

d'ouvrier^ qui auront guerroyé dans la grande TlUe. 9 Dieu seul est grand ; le règoe des maorais sera tu croître ; mais quils se hAtent : Toilà que les peosees du céleste Gaulois se choquent et que grande ditision est dans l'entendeinent. Le Roi du peuple en abord ya moult foible et pourtant contre ira bien des mauvais. Maïs il n'étoit pas bien assis, et voilà que Dieu lefetie bas....

» Hurlez fils de Brntus, appelez sur tous les bétes qui Tont tous dévorer ! Dieu grand ! quel bruit d*armes ! Il n'y a pas encore un nombre plein de lunes, et voici venir mainb guerroyers.

» C'est fait : la montagne de Dieu désolée a crié à Dieu ; les fils de Juda ont crié à Dieu de la terre étrangère, et voilà que Dieu n'est plus sourd. Quel feu va avec ses flèches! Dix fois six lunes et puis encore six fois dix lunes ont nourri sa colère. Malheur à toi grande ville ! Voici des rois armés par le Seigneur ; mais déjà le feu t'a égalée à la terre. Pourtant tes justes ne périront pas : Dieu les a écou* tés. La place du crime est purgée par le feu ; le grand ruisseau u conduit, toutes rouges de sang, ses eaux à la mer ; et la Gaule vue comme délabrée va se rejoindre.

« Dieu aime la paix. Veties jeune prince; quittez l'isle de la captivité ; joignez le lion à la fleur blanche.

» Ce qui est prévu Dieu le veut ; le vieui; sang des siècles terminera encore de longues diviùoos*

239 PBOFKETES

Lors QD seul patsteor sera va dafis la céleste Gaule. Lliomne puissant par^Diea s'assoyra bien; moull sages règlements appelleront la pais. Dîeasera crn cl*ayeclnitantprudentet sage sera le rejeton de la Cap.

» Grâce an père de la miséricorde la sainte Sion rechante dans ses temples an seul Dieu grand! Moult brebis égarées s'en viennent boire aa ruisseaa vif : trois princes et rois mettent bas le manteau de l'erreur et oyent clair en la foi de Dieu.

» En ce temps-là un grand people delà mer reprendra vraie croyance en deux tierces parts. Dieu est encore béni pendant quatorze fols six lunes et six fois treize lunes. Dieu est saoul d'avoir baillé des miséricordes y et ce pourtant il veut pour ses bons prolonger la paixencore pendant dix fois douze lunes.

» Dieu seul est grand. Les biens sont faits ; les saints vont souffrir. L'homme du mal arrive de deux sangs, et prend croissance. La fleur blanche s'obscurcte pendant dix fois six lunes et six fois vingt lunes, puis disparoit pour ne plus paroitre.

» Moult maux, guère de bien en ce temps-là; moalt villes périssent par le feu. Sus donc Israël vient à Dieu tout de bon.

» Sectes maudites et sectes fidèles sont endeux parts bien marquées. Mais c'est fait ; lors, Dieu seul sera cru , et la tierce part de la Gaule et encore la tieicc part et demie n'a plus de croyance.

• Comme aussi tout de même des autres gens.

» Et voilà déjà six fois trois lunes et quatre fols

ET PROPRÉTIfifl. 213

cinq lancs qae tout se sépare^ el le siècle de fin a com* mencë*

» Après un nombre non plein de lane9, Dieu combat par ses deux jastes et Thomme da mal a le dessos. Mais c^st fait le haut Dien met un mnr de feo qni obscarcit mon entendement et je n'y vois plus. Qu'il soît loue à )amab ! s

Cette prophétie , quoique écrite en vieux français , se comprend asset, pour pouvoir se passer d'un commentaire. Aussi nous empressoos-nons de la faire suivre de la célèbre prophétie de Dieo-Donné- Noël Olivarius , rapportée par nous, sous le pseudonyme d'un jkvciBN sÉvATEVa , daus le joumal le Ca- \^ùle^ifà 31 octobre iSSg. Comme le vieux livre qui la contenait avait été , dit-on , présenté à Tempereur après son sacre , nous allons citer les passages de notre feuilleton qui retracent Thistoire de cçtf e intéressante circonstance. — Nos lecteurs nous permet* tront sans doute de nous copier nous-mêmes.

Un soir, disions-nous , Napoléon se rendit à la Malmaison. Il aimait beaucoup à y causer merveilleux y surtout avec Joséphine quHl savait être trèssuperstitieuse. Un soir donc il arrive , parle de ses immenses projets et termine en remettant entre les mains de rimpératrice un vieux livre manuscrit composé en 154^.

— Tiens , lui dit l'empereur enouvrantcet in-i3,^

2S4 PEOPaiTBS

relîëeD parchemin et jauni par le temps, regardo et lis.

Joséphine lat à hante voix :

PAÉDICTIOKS DE H1I8TRE KOEL OIITARIUS.

— - Eh bien ? demanda Joséphine.

— On dît qu'il est ici question de moi , repon-» dit Temperear.

— G>mment y dans un livre pnblië en 154% ?

— Lis donc.

L'impératrice essaya ; mais comme le style était en Yteux français , et les caractères mal formés, elle resta quelques instans à parcourir des yeux les trois pages de ce chapitre , puis, d'une voix assurée , elle commença ainsi * :

» La Gaule-Itale verra naître non loin de son sein un être surnaturel ; cet homme sortira tout jeune de la mer, viendra prendre langue et mœurs chei les Celtes-Gaulois , s'ouvrira encore jeune , à travers mille obstacles , ches les soldats , un chemin , et de* viendra leur premier chef. Ce chemin sinueux lui laissera force peines ; s'en viendra guerroyer près de son natal pays par un lustre et plus.

» Outre-mer sera vu guerroyant avec grande

• Noos laitaoDi le style tel qu'il est; Beulement nous avooi reoda rorlb^cnphe de ceruins mots plus intelligible.

BT PBOFBiflBS. ^^5

gloire et Taleiur} et gaerroyera de ncavédu le monde romain*

» Donnera lois aux Germains ; pacifiera troubles et terrearsanx Ganlois-^Géltes ; et sera ainsi nomme, non roi , mais par après appelé Imperaior par grand entboanasme populaire.

» Satadllera partoutdânsrempire; dëchassera princes y seigneurs , rob i par deux lustres et plus. Pub î1 életera de tton^eaux princes et seigneurs à vie , et parlant sur son estrade criera : O sidéra^ 6 sacra!

A Sera tu avec une armée forte de quaranteneuf foiâ vingt mille hommes piétons armés » qui porteront armes et cornets de fer. Il aura sept fois sept fois sept mille cbeTaux montés d'hommes qui porteront, plus que les premiers, grande épée ou lance et corps d'airain. H aura sept fois sept fois deux mille hommes qui feront jouer machmes terribles > et vomiront et soufre et feu et mort. La tonte fluppQfe de son armée sera de quarante-neuf fols vingt mille hommes.

» Portera à dextre main un aigle , signe de la viotoire À gœrrojer.

• Donnera maints pays aux nations, et à chacun paix.

» S'en viendra dans la grande ville» ordonnant force grandeschoses : édifices, ponts, ports de mers, aqueducs, canaux ^ fera à lui tout seul, par grandes riebesses, autant qu'un Romain, et tout dans la domination des Gaules.

B Aura femmes deux .

» J<Mtfphîne s'arrêta*

•^ » Gontinne^ dit Temperear qui n'aimait paa les interraptiafif«

» Et iilsmi seal. â'^ett ira gnarroy^aiit jos^

qa'où se croisen^t le» Ugpes leogitadâ el latitada> cinquante cinq mois^ Là, se^eaMOÛsbrâlaTOntpar fea la grande .^ile^ e^ ^^^ 7 entrée» el aovtira arec siens de dessous cendres, farce mînes'; el les siens n'ayant plos païn- ni eaoy par grande et demie fimir <kire, qni seront si maleneentuaas, que fesdeniAieioea parties' de son annëe périront , et en pkas par diamie Vautre, lui n'étant pins dsma sa domnMtîon» ' » Lors le grand homine, alMindonné, traU par les siens amis , poordiassë h sontotr- par grasMlc perte jusque dans sa propre tiUsi par gratde-popo^ btion européenne. A laÂenne pb»e' seront mb les 7ots du yiel sang de la Cape*

» Lui , contraint h Fexil dans I» nier.' dont est ▼enu si jeune, et proche de son natal lien» j de** meurant par onxe innés avec qnekfaes ona des siens, vrais amis et soldats, qni n'étant plus que sept fois> sept fois, sept fois deux foisdeinombre^Anssîtftt les onze tbnes paraelierées,qae lut et les aîens prendre navire et venir mettre pied sur terre cellegantoise.

» Et luî^ cdemÎMcra- vera la grande vMaoà sféire assis le roi do viel sang de l»Galpe> quiseJènte^ Mt^* emportant avec lui omemens royaux ; pose chose en son ancienne domination i donne au peuples forces lois adUiirables*

Vt PROPHÉTIES. I27

» Ains , dëchassé de nouveau par triuitë |K>puktlon européenne» après trois lunes et tiers de lune^ est remis à la aîenne place le roi du tiel sang de la Cape. Et lut > cru mort par ses peuples soldats» qui, dans ce temps» garderont pénates contre leur cœur.

• Les Celtes et les Gaulois » comme tigres et loups s'entre-dévoreront. Le sang du viel roi de- b Cape sera le jouet de noires trahisons; Les maienoOBCreux seront déçus 9 et par fer et par fén seront occis; le Us maintenu; mais les derniers rameaux du viel Mng seront encore menacés.

» Ains guerroieront entre eux.

» Lors un jeune guerriercheminera vers la grande TÎlle; il portera lion et coq sur son armure ^ Ains la lance lui sera donnée par grand prince d'Orient.

» Il sera secondé merycilteasement par peuples guerriers de la Gaule Belgique qui se réuniront aux Parisiens pour trancher troubles, réunir soldats» et les coutrir tous de rameaux d'oliviers.

» Guerroyant encore avec tant de gloire sept fois sept lunes» que trinité population européenne pat grande crainte et cris et pleurs» offrent leurs fils en

t Uue cboie assez extraordinaire , c'est que les architectes de la colonne de juillet élevée sur la place de la Bastille, ont choisi poar omemena symboHqoea de ce monament le eo7 el le h'on.M»

otages ei^ojetït soas les lois saines, justes^ et aiin^s de tons.

» Ains paix durant TÎngi-cînq lones.

n Dans Ltitetia la Seine roagîe par sang y (suite de combats à outrance) » étendra son Ut par mine et mortalité. Séditions nouTelies de malencontreux maiiiotins*

» Ains seront pourchassés du palais des rois par rhomme valeureux ; et par après les immenses Gan« les déclarées par toutes les nations grande et mère nation» Et lui sauvant les anciens restes ' échappés du vieux sang de la Cape règle les destinées du monde, se fait conseil souverain de tonte nation et de tout peuple ; pose base de £ruit sans fin , et meurt. »

Joséphine , surprise de ce qu'elle venait de lire , s'arrêta , ferma le livre et interrogea Napoléon sur cette étrange prédiction. L'empereur, ne voulant pas

^ Dans QOtre feuilleton les sept mots qui saivent avaient été omis par une erreuv involontaire du copiste. Nous avons su que quelques personnes, peut-être trop rigides, s'étaient formalisées de cet oubli sans importance , et nous nous sommes empressés de le réparer, en ajoutant cependant que les lecteurs do Copitoh et ceux des autres journaux où notre Napoléon «f UiffOfhiUt» a été reproduit, ont deviné sans peine que « tes .anciens restes» voulaient dire « le vieil sang de la Cape, s puisque, dans le cours de la prophétie, nous avons parlé plusieurs fois des oMitfu T9$U$ du vieil sang de la Cape, — Ensuite quel intérêt aurions-nous eu à passer rous silence la fin d'une phrase qui ne dit rien par elle-même, quand nous rappor* tions le commencement de cette même phrase qui dit toui?..,.

ET VJBL0FB^T1E3« 32g

. donner une grande importance à maître OUyarias. en le commentant , se contenta de répondre ;.

— Les prophéties disent toujours ce qu'on Teat leur faire dire; cependant î'afooe que celle-ci m*a beaucoup surpris.

Il changea la conTersatV>n çt parla d'autres choses*

A son retonr de l'Ile d'Elbe , l'empereur se rappela cette prédiction ; il en reparla aa colonel Abd...

« Je n'ai jamais toqIu rien croire y lui dit-il ; mais je conTiens ici de bonne fol qu'il y a des choses qui sont aa-dessus de la portée des hommes, et que, nonobstant leur rare perspicacité, ils ne pourront jamais les approfondir : témoin cette singulière prophétie trouvée chez les bénédictins , soustraite pendant la KéTolution , et que je connais. Quedésignet-elie ? Est-ce moi qui en suis Tob jet l En vérité, nous devrions nou^ en rapporter pour tout à celui qui régit l'univers, et faire notoe profit des étincelles de i lumière réparties parfois sur quelques êtres privilégiés, pour nous éclairer sur la route véritable qu'il faut suivre et nous prémunir des écueils que nous, pourrions rencontrer. »

L'histoire de cette prophétie (qui n'a pas été écrite, après coup, ainsi que nous le démontrerons tout-àl'heure ) est très-extraordinaire. Celui qui découvrit ce fameux livre est François de Metx, cousin d% François de Neufchâteau, et secrétaire général d<$ la Commune de Paris. Comme cette histoire n'est rapportée nulle parti et que nous seuls avons été k^

iSo propbItes

même de la conoaltre , nons croyons faire )^9iAv à nos lecteurs en la leur donnant en entier.

Tout le monde sait qu'à la fin de 1793, et an commencement de 1793, les maisons royales, les ehà- (eaax , les monastères^ les abbayes et les églises furent pilles par ordre des Montagnards, En agissant ainsi y on voulait, suivant eux, dérober et anianlir tous les papiers qui avaient rapport soit aux prêtres, soit aux nobles on aux cois. Les livres des bibliothèques publiques , et particulièrement les actes sur parchemin , les manuscrits de toutes espècesy.ëtaient apportés à la Commune ; là , on procédait à leur accusation , à leur mise en liberté ou à leur oondam* nation : les uns étaient gardés intacts , les autres Lrâlés sur l'heure.

On avait y un jour du mois de juin 1793, pillé bon nombre de bibliothèques. La grande aalle dans laquelle on déposait ces papiers était pleine; François de Metz et plusieurs employés procédaient au dépouillement de ces fnanuscrlts. Il y avait, ce jourlà, peu d'ouvrages imprimés. Après avoir eoregisti^ des livres de théologie, de physique, d^histoire, d*astronomie, etc., ils arrivèrent à un endroit où étaient étendus des in- 13, des în-8® et des in-4^, tons reliés en parchemin et portant un signe particulier. Quelques employés disaient que ces ouvrages provenaient de la bibliothèque des bénédictins ; d'autres pensaient qu'ils faisaient partie de la riche collection bibliographique des génovéfains. Quelle fut leur surprise, en ouvrant ces livres, de voir qu'ils conle^

BT mcfmtttts. oSi:

Daient des traites sur les sciences occàHes , sur Tastrologie, l'alchimie , la nëcromancie ^hichtroftiaiiôié et les prophéties.

Ils ayaient presque catalogué tous ces ouvrages de pea de ralear^ et qoi ne deraîetot point recevoir les AonneiliYdnbAcheri «quand ttn petit in- 12 frappaienr attentioQ : c'4tiût le Lli^re 4es Profké'^ tàcsy compaié pair PhUippe^-Diendonnë-Noâ Olirariusy'docteor «n^mëdecme, dhirorgien et astrologue*. Ce litrre contenait plusieurs prophéties de peu d'importance sans nom d'auteur ; mais celie-d était signée. A la dernière page on voyait en; gothique s AniSyetplos bas, t54u en chiffres do seizième siècle. François de Metz la lut en entier ; mais il n*en comprît pas le sens , et l'avoua plus tard à sa fille , madame de M Cependant y elle loi sembla si extraordinaire» qu'il la copia et la réunit à plusieurs antres prophjéties copiées aussi par lui , et que nons avons retrouvées dans ses papiers. La co^ pie textuelle de la .prophétie d*01ivarîus, écrite de la main même de François de Metz, est datée de Tan 1793. «^ Ainsi il ne peut plus 7 avoir aacun doute à cet égard.

On. parla beaucoup de cette prophétie, qui fut copiée par un grand nombre de personnes, et conservée,ainsi que plusieurs autres ouvrages sur le même sujet, dans la bibliothèque de rHàtel-de-Ville. Quand Bonaparte monta sur le trône, on loi parla de l'original de cette prophétie; il voulut le voir, et depuis pe temps on ignore ce qu'il est devenu.

23â rao^aiTES

Ellea<Stë imprimée en i8i5. On V'iaséra dans les Mémoires de Joséphine (ëdltioD de 1820 et de 1827]; et enfin Edouard Bricon y libraire, Ta pa* blîée dans ses Recueils de prophéties.

Maintenant si nous examinonscette prophétie avec quelque attention, nous trouvons qu'elle est bien extraordinaire. Tout ce qu'elle a prédit touchant le règne de Napoléon et le retour des Bourbons s*est parfaitement réalisé. Les troubles de 1827, les conspirations des libéraux, et la révolution de i83o même s*y trouvent ! Mais elle va plus loin : — Quel est ce jeune guerrier qui cheminera vers la grande ville, et portera sur son armure un lion et un coq, emblème de la force et de la puissance?

Que signifient ces paroles : la' lance lui sera donnée par un grand prince d'Orient, et il sera secondé merveilleusement par un peuple guerrier qui se réunira aux Parisiens pour mettre un terme aux troubles et aux révolutions? — Et ces malencontreux niaillotins qui doivent encore une fois rougir la Seine de sang, quels sont-ils ? — Et cet homme qui fera partout respecter la France, qui réglera la destinée du monde , et posera les bases d'une société nouvelle , comment s'appelle-t-ii ? — L'avenir nous reprendra!

Le Livre merveilleux ^j qu'il ne faut pas confondre * LbUvAb vcrteillecx, contenant en bref la aeur et

ET nOPHÉTlES. 233

avec le Mirabilis Liber^ contient des prëdicfiona étonnantes snr les désastres de la Réyolntîon française et sur la yenae de Napoléon. Mais comme le stjle est sooTcnt oliscnr et parfois symbolique, nous aimons mienx renvoyer nos lecteurs aux oit- Trages de Merlin, de JRaban , de Théolome de Lncqaes et de Joacbim ; car noos craindrions qo*on nous accusât d'avoir trouvé dans ce livre ce qui n'y

* est réellement pas.

Voici le jugement que M. Ch. Nodier a porté sur cette curieuse et surprenante compilation « Le livre merveilleux, dit-il qui est du moins aussi célèbre que le Mirabilis Liber, dont il n'est pas la traduction >

" conune son titre devroit le faire croire, paroit avoir pour objet spécial d'effrayer le elergé sur les suites

sobtunce de plotieurt traitez , tant des prophétie» et renalotions» qu'anciennes croniques ikisânt mention des bicts de l'É* gltse unirerselte , comme de scismes , discords et triboUtloDt qai doibrent advenir à l'ÉgUie de Rooie , et d'an temps auquel on 6tera et tollira aux gens d'Église et clergé » leurs biens temporels : tellement qu'on ne leur laissera que leur vivre et habit néeessaire. Même aussi est faiet mention des sottueraint énesqaes et piqpes, qui après régneront et gouuerneront l'Eglise» et spécialement d'un pape qui sera appelé pasteur angelique ; et d'un roi de France , nommé Charles salnct homme,— A Lyon, par Benoist Rigaud, 1572; un volume in-12 de 55 pagM»

A la Bibliothèque Royale il est sans couverture. 11 se trouve porté au Zancien, tfi 2537.— H. Ch. Nodier, dans ses MéUmgss. parle de l'édition de Paris, in-8^, publiée par Thibaut Benault en 1565.

2^4 paopnàTES

înëTÎtaUes de ses dér^lemens et de lai faire près» «enftir le sdiîsme que ie. désordre des mœurs des catkoltqacs^etles.exeésdela cour de Rome amenércnty en effet, peade temps après l'époqtleoù Voa eoDJectare qo'il fatëcrit S »

Un antre ouvrage non moins merveilleux que le prëcëdent et qui a longtemps occupe Taltenlion des anciens bibliographes, quoiqu'il ne soit pas plus connu pour cela, mérite d'entrer dans notre revue des livres prophétiques. Il a pour titre ; Prognosticatiort de Jean Lîchlenberger*,

■ Mélangez tiri$ éCune petite bibliothèque. Cb. xxxi,

* PaofiNOSTicATio Joannts Lieehtenberger , quam oîim scripiit super magna illa SMutni à Jovie amiunetiane , qme ^tanno ii.cccci.zxziiii , profarsa ad eclipeim eoUs anni sequentis videlieet lzxxv in mmo adhuc u$q; duranâ mdlxvii iam iterum^ menait quibuedamhaïudmodieiM miblaUê, quœq; obêcuri ade$ et imperfeeti erani sentue uterq rettitutie diligenUr excusa.

A la première page , on voit le porirsit en pied d*an astrologue groMièrement deMînéeCgreTé. A la dernière page, on liC: Exeusa stmt kœe Prognostiea Joannis Liechtenberger pri,*

\ die fumas Junii anno mdxxvi.

^ Ce volume est petit in^o de 50 folloe , et enrichi de natreft gravures siir bois. Im Bibliothèque Royale possède trois exem? plaires de Touvrage de Lichtenberger : le premier de 15i6, nujgé dans le Z, nO 1031 ; les deui autres de 1620 reliés avec divers ouvrages. Us sont portés sur les Catalogues 6 l*Mt

ET PROPH^IES. tl35

)9ou» avions l'inlentioa de décrire noa^-méme -ce livre et de l'analyser avec soin ; mAs noas en i»vons été empâcbé par une excellente description de l'oposoale de Lîchtenberger qui nous est tombée SOQS la Biain ; c'est nne bonne fortune poor aoufi et poar nos lecteurs» car elle est signée Charles Nodier. « Je citerai ponr an antre genre ie ntërite la Prognostication de Lichteriberger^ (dit ce spirituel écrivain,) qui est dans mon édition la pins rare et la plos jolie de tons ces petits livres, et que )e ne fais même aucune difficulté de compter parmi mes volumes les plus précieux : il est orné de ^ vignettes en boisj sans compter le frontispice et une Ggure finale qui représente le prophète, et l'initiale de tous les chapitres est une lettre grise ; le tout est d'un travail extrêmement remarquable, surtout sens le rapport de la composition, et l'exécution typographique est très-belle. Ce bijou est bien connu de Bauer ', qui le cite page 290 du tome n^ d'après

377, et 517. La Prognostication se trouve aussi â laBIbiîo- Utèqtie Sainte-Geneviève , Y, 401.

> Comme M. Nodier a oublie de nous éclairer au sujet de personnages qu'il cile , nous allons le faire i sa place.

Bauer, célèbre libraire de Nuremberg , naquit à Strasbourg, le 16 septembre 1706,et mourut le 29 janvier 1772. On a de lui Touvrage dont parle M. Nodier, et qui a pour titre : Bi' hUotheea rariorum untversalis; la première partie de cette baviinte Bibliographie, c*est-à-dîrc de A. ti F, parut en i770;

^36 nopBkrEs.

ttanemann \ page 3, Gomme înconna de Matilaire; il aorait pu trooyer dans Jaglers Bibliolheca Au- •toriœ iittenuiœy tome m, page 1807, des dëtaîb plus étendus. Engel le désigne ainsi : Inter rarissimosj dans la Bibliotheca seleetîssima, post partent 11, p. 17. Ce Pronostiqueur n'est pas, d'alllearsy entièrement dëpoorvo d'attrait; avec une imagination plus accessible que la mienne à cette espèce d'impressioRy }e n'aorois pas été en peine d'en citer des exemples fort remarquables.» Puis M. Nodier rapporte tin de»

la féconde de G à L» en 1771 ; la troisième de M à R, la 1 année; ei la quatrième de S i Z, en 1779; ou j ajonta c ▼olumet de supplément qui parafent rimeenl774, Tantra «n

I Bttnemann, directeur de l*éoole de Banovre, naquit k Gatbe, le 24 juin 1687, et mourut k Hanovre le 1*^ juillet 1759. Qié savant bibliographe nous a l^iysé pluaiemri ouyiagea parmi lesquels nous citerons : le De Biblioth^eU mimimm^ buiontiquis et ntmit; te Catalogwn manuseriptarum , ele.

* Jugler, philologue saxon , naquit le 17 juillet 171 4 ^ à Wetleborg ; il suiyit la carrière de renseigosmêot , d«rlot conseiller du roi d'Angleterre et inspecteur éque$tre de Lunebourg. Ses nombrenx IrsTaux Ifii firent perdre la vue. H mourut le 9 juin 1791 . L*ouvnge cité plus haut par le savant bibliophile dont nous émettons Topinion, parut i Jénade 1754 k 1763, en 3 volumes in-8®. Quoique cette Bibliographie ne •oit qu'une nouvelle édition do Vlntrodueiio in notitiam ret liUiraria de Burck , on peut la considérer comme un ouvrage nouveau à caus^ dos cprrectipns et des augmenUtions Introdol. tes par Jugler dans le Catalogue de Burck.

ET PROPBÉTICS. ^3j

passages latins qae nous donnerons plus loin : v Je le copie textuellement, dit*il, à la page signée Lij, et \e BUIS prêt à en donner communication aui; douteurs-, car mon exemplaire pourrait bien être unique à Paris. » —On Tarait cru jusqu'à présent, mais d'après lesrecberches ^e nous avons faites pour nous assurer de la téritéy nous pouvons dire que quatre exemplaires des jProg7io5(ica<îaR5 se trouvent à Paris y trois à la Bibliothèque Rojale , et un à celle de Sainte-Geneviève.

Au chapitre intitulé : Arcana quœdam in vetustiS" simis reperta scriptures , de maximorum regnorum mtUalione^ et magnis cladibuSi nous trouvons (folio 59) la singulière prophétie latine dont parle M. Nodier. Nous traduisons :

» Un empereur* suivi d'une multitude d'hommes viendra du côté de l'Orient, ses ailes étendues sur le soleil, pour secourir le fils de l'homme. Alors on détruira les forteresses et une grande terreur se répandra parmi le monde. Il s'élèvera dans une partie de la Flandre* une guerre plus cruelle que toutes les guerres du passé, et des flots de sang couleront dans les villes.

» Le roi des Français ' perdra sa couronne; Tem-

' Dans la elef des moU sjmboUqoet, l'autear nous apprend qu*açutto signifie emperear.

' Léo veut dira la Flandre.

> Liliun «SI plaos dsos J« (este latin pour Roi des Fran*

^38 • paopHJ^TES

perear la recetra, et quelque teu]^ tfpvés on la piat^ œra aor la tête du fiis de l'homiae * .

» Pendant quatre ans les nattons se lirreront de nombreux combats ; des querelles s'elereront parmi les seotaires de la foi ; et une grande partie du monde Hera détruit. La papauté* sfécroidera» Alors le fils de Hiommey traversant les mers , portera te signe naer- Teilleux à la terre de promission. L'empereur et le fils de l'homme étant devenus yaînquenrs feront régner la paix dans tout l'univers. » — Cette prophétie peut être fort curieuse; mats nous ne nous chargeons point de l'expliquer. Ifous citons plus bas le texte orî- {ptial^afinquenoslecteurs puistsent le traduire comme ils l'entendront'.

• Lichteiibergtir, qaoiqiia 4oanant plasleuit signlticiMioiitdv plius hominiê, ne nous dit p«8 quel «ai oe dtmier fiU et V homme .

* Caputmundi, U papauté.

*...,..• Yeniet aquila à parte orienta]!, alia rais sttpetsolem extensiSy corn magu& multitadine puilorum suorom is; adlntorium fîlii hominis. Tune eastra déstruentiir, timor ma* (TDos erit in mundo. UIA die in qoâdam parte Leonis erit hd* lum inter principes orudelius qnanuaquamaddiemaliuinTide* runt homines, et eritsanguinis dilUTium.

Perdet Lilium coronam , quam aeciplat aquila» de qui poift Uiodum filius hominis cqraoabitur, etc«

Fer quatuor annos sequentev eruntpraslia multa in manda , mala inter fidem sectantes. Et hoetempore enmt tradenda cmnia, ou(jor pan mundi destmelor. Gaput mundi etîi in tem

ET PBOPQéTlES. 389

ParlonsinaiDtaMDtdes propUfies ooDoernanl IV yeair» Maïs avant d'entrer en matière nous prëvc-* nuis DOfr lecteurs que noos remplissons auprès 4'eat le simple r61e de compilateur. Nous avons trpuvë les prédictions suivantes et nous les copions textuellement sans y rien changer. Quant aux événeuens qu'elles annoncent nous ne forçons personne à 7 croire, car nous-méme nous attendons leur entier accomplissement pour nous prononcer ouvertement en faveur de ces. prophéties qui ne se réaliseront peutrétre jamais.

L'année 184^ a autant occupé les esprits mer-* veîUenx que Tan looo. On s'attendait à la fin do; monde dans les dernières années du neurième siècle, et l'on avait raison puisque o'est au dixième sîèele que le christianisme a pu enfin triompher des infi« dèleselque le paganisme a rendu le dernier soupir.

Dix-huit cent quarante est considéré par certains prophètes comme étant une année révolu-tionnaire* Nous verrons au mois de Janvier i84i si les prophètes modernes ont eu raison.

LechUTre 40 a toujours fait trembler les peuples. Si nous Interrogeons les historiens et les cbrono-

d«i(ructum« Tune filius hominU traïuiens aqaas, portabit sifNim minbile ad terram promîBBionis. Et filius hominis, tt aquila pnBvalel>ODt ,ei pu. eni m imhq otIm terrarum, «t copia

1^ paopakxES

logis tes ^ nous ToyoDs en Tan 4^) Caïas Calignlay ce monstre humain, qui disait : « plût aux dieux que le peuple romain n'eût qu'une seule tête qui pût être abattu d'un seul coup, » régner à Rome et être tué à la fin de cette même année ; il y eut aussi d'horribles massacres dans toute l'Italie. — En i^o » les Bretonsi les Germains et les Daces se révoltent ; les historiens parlent en outre d'une famine « d'an débordement du Tibre et d'un incendie à Rome. — En i^Of Sabinius arbore en Afrique l'étendard de la révolte ; les barbares forment une ligue pour attaquer et détruire l'empire romain ; sept empereurs sont assassinés de a35 à 253.<— En 34o, Constantin est tuë par ordre de son frère Constant ; terribles secous« ses de tremblement de terre*. — En 44oylc'Vanda*

*■ Pour que Ton De noas accuse pas de pariiolité, noos ai* loDs donner le titre des ouvrages oà nous avons puisé nos rsn» seignemens : — Allai historique des Etats européens, par Kruse , traduit de Tallemand par Ph. Lebas. In-fol. , édiL de 1836. — Science de VHistoire , par J. Blair, traduit par Ghantreau. In-4^ édit. de 1803. — > Le même, sur papier blaa ayant pour titre : Table chronologique, etc. , etc. Edit. de 1796. — L'^rt de vérifier lee dates, etc., etc. In-fol.» tfdit. de 1770. — La Chronologie universelle de M. Loève Telmars. — Les Histoires ancienne et romaine de Rollin et Lebeau. — VHistoire de France d'Anquetil, — et la Table chronologique du président Hénault.

* La terre trembla dans Antioche pendant nne année, dit Hpinn ; le péril fut grand , surtout pendant trois Jours. On dit que les montagnes d*Armépic s*étant d abord écartées l'une de

BT PEOPHftTIBS. ^^\

les rayagent la Sicile; famine dans la grande Bretagne ; Attila enyahitrillyrie^renverse les forteresses el détmit tontes les yllles par où il passe. Gonstantinople fat, l'année soîyaote, renyersëe par an trembtemeni de terre. — En 54o, Ântioche est prise et brûlée ; horrible peste dans l'armée des Francs. — En64oy Alexandrie est prise par les Sarrazins, et sa grande et belle bibliothèqne brûlée par ordre d'Omar. — En 74o, le daché de Spolette est enyahi par les Lombards. Constantînople est encore nne fois renyersée par on tremblement de terre. — En 84o, an grand nombre de chrétiens sont mis à mort. La noblesse se révolte. Lonis le Débonnaire meart d'ane floxion de poitrine — En 940, les Slaves et les bohémiens sont chassés de l'Allemagne ; 80,000 Sarrazins sont tnés par Ramire II. — En 10409 tremblement de terre en Asie; îi ville de Smyrne est renyersée. Révolte des Bulgares. — En ii4o, Ladislas II, roi de Pologne, est chassé de son trône ; Jean Gomnène est blessé mortellement. — En 1240, nne révolte éclate en Norwège;Thibaalt, comte de Champagne,est battn par les infidèles. — En i34o, Edouard envoie k Philippe (de Valois) an cartel qne celai-ci n'accepte pas ; les Anglais paraissent sur nos côtes; Phi^ lippe yent a'opposer à leur descente,il est yainca au

l'antre , M heurlèreol eiuiitte avec un borrible fracM , qu'il eo •ortit des tourbillons de flammes et de Saméfi, et qu'ensuite elles s e replacèrent sur leur bako,

24^ PBOPHfeTES

combat de TÉclase. ReVolatîon en Danemarck. — En i440) însarrection dans le royaume de GastUle. Le roi Jean est fait prisonnier ; Jacques d'Ecosse est assassine par le comte d'Âthol ; Éric, roi de Danemarck, est dépose par ses sujets. Ck)nspîration contre Charles Vni ; le Dauphin ( Louis XI) marche à la tête des révoltés. — En i54o^ les habitans de Gand se soulèvent contre Charles-Quint. Anne de Clèves , est décapitée par ordre de Henri VIIL — En i64o, les Écossais s'insurgent et prennent Newcastle. Charles!®', qui mourut plus tard sur i'cchafaud, est battu par les conspirateurs. Insurrection générale des Catalans en Espagne. Les Portugais se révoltent. Conjuration contre Richelieu. -»En 1740, nous assistons à la mort d'un pape, d'un rot| d'une impératrice, et d'un empereur : de Clément XII, de Frédéric-Guillaume, delacsarine Iwanovna et de Charles VI ; la mort de ce dernier plonge l'Europe dans les horreurs de cette fameuse gœrre, connue sous le nom de guerre de la maison d'Autriche.

Toutes ces années se terminant par le nombre 40, n'offrent, ^ à part les tremblemens de terre, les révolutions et la mort de plusieurs papes, rois et empereurs , — rien de bien remarquable. Aussi trouvons-nous étonnant que le populaire dicton : Je m* en moque comme de fan quarante, ait <m no ai grand succès.

Les prophéties faites sur Tannée i84o et les soiyantes sont nombreuses ; mais nous ne parlerons qoe des plos intéressantes et noas commencerons par celles d'une sibylle moderne , dont on fait peu de cas aujourd'hui , et qui a cependant acquis nn nom célèbre et une fortune imn^ense.

Mademoiselle Lenormant, en faisant nn résumé des prédictions de Vatiguero, de Saint-Césaii-ç, etc., annonce I pour 1840, de grands éTéuemens.

« De i839 à i84q , dit-elJe , les Turcs et les Alaînft détruiront plusieurs îles de la chrétienté et pénétreront dans l'une dç nos provinces du midi ; ils jresteront peu et en seront chassés par le courage belliqueux des habitans de Marseille. Le peuple de Toulouse s'armera de son côté , pour terrasser les barbares qui , bientôt après , seront vaincus , et ne. trouveront parmi les Français que la mort , la honte et des fers*. »

Parmi nos lecteurs, quelques-uns feront certainement concorder cette nouvelle prophétie avec \e» événemens de l'Algérie ; mais comme nous voulons rester neutre, nous nous garderqns-bien d'inter-

« Les Oracles sibyllins, «m la suite des souvenirs prophér figues, par mademoiselle A, Lenormant; pag. 523, édition dQ «17.

prêter Is predScfion de mademoiselle Lenormant et même d'y aioater foi.

Dans Toavrageqae nons Tenons de citer , et qai fat pnUié en iBiy» Taoteiir annonce an ëvënement qai T^as remplira tons de terrear , yoos qal êtes assez bons poar noos lire ; car cet événement n'est autre que la raine de la capitale da monde , la destraction de INrts!...

Eoootes le nonveaa Daniel gémir sar îa Babylone moderne : — « Si la furear de Tanarcbie éclatait encore parmi nous , dit mademoiselle Lenormant f \e frémis en pensant aux fléaux qoi ibodraient sur notre malbeureose patrie. Paris «artoot sobiraîf le sort le plus épouvantable ; car il est prédit que la flamme du ciel seconderait la furear des ennemis. Guerriers, femmes, enfans, vieillardsy toos, sans distinction, seraient livrés au tranchant da glaive. Le Parisien lui-même , la rage et le désespoir dans le cœur, et tout plein de la leçon que le Moscovite nous donne , aiderait , d*une main furieuse , les efforts des barbares acharnés à la ruine des cités ; des torches enflammées s'attacheraient aox toits des maisons. Tout Paris ne présenterait bientôt plus qu'un yaste embrasement. Les ponts s'écrouleraient sur leurs arches renversées ; lé palais même de nos rois couvrirait la terre de ses ruines. Le temple consacré à Tauguste patrone de la capitale descendrait sous les carrières. Des faubourgs sapés dans leurs fondemens seraient dévorés par les flammes et tomberaient avec fracas , enseve-

ET FBOPItliTfES. ^4^

hmUkiêoùÉUntêtaiûisaetiie^t fanidittie» tottB ciscrl qui les habitent. Les cris des malheareiix expirant dans les angoisses de la mort s'échapperaient de cesdlfooinbretfet ▼fendraient, à trarers des moneeanx de cendres, frapper Toreille de cens qaî a»raient échappe à ce terrible inoendie, et qm frémt^ raient de partager le même sort. Enfin , Paris déponillé de Umt ce qn^il renfehne de grtfndy de «lagnifiqoe, de glorieux, rentrerait une seconde fois dans les ëfroites Houles Ses slèdès de boïrbarie. O tons tous , l^ançais de tous les rangs , de tous les âges , pénétres-Tons bien dé ces tei'ribles prédio ttons*. n

La prophétie de mademoiselle Lenormant s'accorde parfaitement avec celle de Philippe-Dieu* donné-Noêl CMivarius : « Dans Lutetia, la Seine, rongie par sang , suite de combats à outrance , étendra son lit par ruines et mortalité. » Sans contredit, ce rapprochement est fort curieux.

Une prophétie sur i84o, et qui a fait grand bruit sous la restauration , est celle du laboureur Thomas Martin. Selon ce visionnaire un ange lui annonça

< Le$ Oraolei êibylUn», ou la iuite des âouvsnirs prophHiqm», r^r nuKUmoiMlto A. Lenormant , p. 521 et 622,

édit de lUiî.

l4^ ^BOPUÈTES.

« qae la paix ne serait pas reodoe à la France avant l'année i84o *. »

Si cette prophëtie est exacte, noos ne deToos pins nous désoler, car noos aurons enfin ce qœ nons demandons depuis si long-temps et à ton, prix.

Comme les prophéties se suivent et ne se ressemblent guère , M. Henri Dujardin nous a donné connaissance d'une singulière prédiction qui circule en ce moment dans le midi de la France , et qni diffère entièrement de celle de Thomas Martin. Elle ne contient que ces deux phrases significatives : — En 1793 les hommes ont agi; en i84o Dieu agira.

Dans un ouvrage ayant pour titre : Conjecturts sur la Jin prochaine du monde ji^xMxé en 1781 et réimprimé en 182B, nous trouvons les passages suivans : — En r 1 790 : Ira Dei super terrant, ( La colère de Dieu sera sur la terre. )^En 1800 : Apaucis cognoscitur. ( Le Christ sera connu de peu de personnes. ) — En 1840 : Pastor non erit, (Il n'y aura plus de pasteur. ) — Cette prophétie est encore plas explicite que les deux précédentes.

^ HeUUion eaneemant tes événemens qui sont arrivés à Thomas Martin, laboureur , dans les premiers mois de 1816. Paris, 1839, p. 31.

ET PROPHÉTIES. tï/^J

Mais comme nous craindrions de fatîgaer plus long-temps l'attention de nos lectears^— pardonneznous le mot attention , — nous terminerons ce chapitre en rapportant une des prophéties les plus remarquables de M. Joseph de Maistre sur les ë? ene-* mens de Ta? enir.

tf Voote£*TOQs nne nouvelle prenre de ce qui se prépare? Cherches^la dans les sciences : considères bien la marche de la' chimie , de l'astronomie mémci et TOUS verres où elles nous conduisent. Groiriesvotts , par exemple , si vous n'en éties avertis , que Newton nous ramène à Py thagore , et qu'incessamment ii sera démontré que les corps célestes sont mus précisément comme le corps humain , par des intelligences qui leur sont innées , sans qu'on sache comment? C'est cependant ce qui est sur le point de se vérifier, sans qu'il j ait bientôt aucun moyen de disputer. Cette doctrine pourra sembler paradoxale , sans doute , et même ridicule , parce que l'opinion environnante en impose ; mais attendes que l'affinité naturelle de la religion et de la science les réunisse dans la tète d'un seul homme de génie; l'apparition de cet homme ne saurait être éloignée , et peut-être même existe-t-il déjà. Celui-là sera fameux , et mettra fin au dix-huitième siècle qui dure tou)Ours ; car les siècles intellectuels ne se règlent pas sur le calendrier comme les siècles proprement dits. Alors des opinions qui nous paraissent aujourd'hui ou bizarres ou insensées seront des axiomes

243 PR0PHKTE9.

dont il ne sera pas permis de douter , et l'on parlera de notre stupidité actnells j comme nous parlons de

la superstition da xnoyen âge Tout annonce,

dit-ii ploslçin , )e ne sais quelle grande unité vers laquelle nous marchons ji grands pas... Et ne me dites point qde tout est dit , que tout est réyélë , et qu'il ne nous est permis d'attendre rien de nou- Tea«. Sans doute que rien ne nous ipanque pour le ^ut ; ffuis du coté des connaissances dirines , il nous manque beaucoup ; et quant aux modifications ff^oresy l'ai, comme vous voyestj mille raisons pour m'y attendre , tandis que tous n'en avei pas une pour me prouf er le contraire. 2».

)ue •^/iicitAt ci cie touc «x«oi ''

Que les prophètes et les prophéties méritent d'être» étudiés plu» consciencieusement et d'une manière plus sérieuse qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour.

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