CONCLUSION
M. Freeman, l'historien des Fédérations grecques, termine son ouvrage par une éloquente exhortation à faire revivre cette forme de gouvernement parmi les Grecs du jour. ‘“ Une série de circonstances, dit-il, nous dirigent vers une union fédérale, tandis que d’autres méditent en faveur d’un gouvernement monarchique. Mais une fédération monarchique, quoiqu’elle n’ait pas encore existé, n’est pas du tout, en ellemême, contradictoire avec l’idée fédérale.
Nous avons dans l’Amérique anglaise le même
roblême à résoudre que celui que M. Freeman sounn à la considération des Grecs. L’idée monarchique est respectée sinon vénérée, par la grande majorité de notre population, elle lui apparait pleine de promesses, de stabilité et sous aucun rapport incompatible avec la liberté la plus large. Cette majorité doit nécessairement sentir fomenter en elle des tendances démocratiques bien prononcées, vu qu’elle a toujours vécu ou du moins qu’elle est depuis longtemps habituée à vivre au milieu d’une société où la plus grande égalité de fortune et la plus grande familiarité dans les relations, sont les caractères les plus distiactifs, comme au reste dans toutes les sociétés américaine, Equand nous les comparons avec les pays de Europe.] Régler cette double inclination de notre esprit public,
voir à ce que la liberté ne souffre en rien de ce que l’autorité sera placée plus haut, me semblerait être notre tâche dans les circonstances actuelles.
Le lecteur a pu observer que l’un des résultats des formes fédérales qui aient jusqu’à aujuurd’hui prévalu dans le monde, c’est que les précautions défiantes, prises par leurs fondateurs, contre le pouvoir exécutif cen tral, soit qu’il fut électoral ou héréditaire, ont invarias bément abouti à leur ruine, | Chaque fois que le COTps électif n’a pas réussi à usurper dans l'État ce que les autéurs de ces entraves et de ces restrictions lui défendaient de désirer, toute la charpente fédérale est tombée dans le chaos. Ainsi il en a été des confédérations grecques, italiennes et de celle des Pays Bas. On peut croire, à la vérité que là confédération suisse soit, une éxception, mais de quel prix n’a-t-elle pas payé la faiblesse de so pouvoir exécutif.
La constitution des Etats-Unis de 1769, quoiqu’elle soit un progrès très considérable sur les premiers “are ticles de la confédération,” n’est pourtant pas exempte du vice inhérent à ce systême de gouvernement. C’est dne constitution suffisante pour un temps de paix et de concorde, mais incapable de résister dans des temps orâgeux. En effet qu’avons-nous vu? La seule loi on écrite de la constitution, la loi inhérente à tous les gouvernements, la loi de la conservation individuelle, a fini par renverser toutes les autres lois. Le pouvoir exécutif pour se conserver et pour sauver l’Union, à été Higé d’usarper les pouvoirs que, la constitution lüi retirait et d’invoquer une inviolabilité presqu’aussi étendue, pendant la guerre civile, que la plupart des.
monarques en ont jamais reclamé en vertu du ‘‘ droit divin.”
On peut cependant prétendre avec raison que les
gouverhements fédéraux avec lesquels nous venons de renouveler connaissance, étaient des gouvernements libres ; ; qu'ils reposaient surtout sur le sensus communis des gouvernés ; qu ils assuraient la paix à l'intérieur et conséquemment contribuaient puissamment au développement de la civilisation ; qu’ils favorisaient les arts ütiles ét agréables ; qu'ils alinentaient le génie, et encourageaïent les vertus civiques ; qu ils ont souvent détourné l’invasion et la guerre, par la force imposante qu’ilsoffraient aux yeux de l’étranger ; que le commerce, les lettres, et les lois leur doivent beaucoup.
Les gouvernements centralisés ont des mérites qui leur sont propres, et ils peuvent se vanter des grandes entreprises qu’ils ont menées à bonne fin, mais on ne peut refuser au système fédéral le crédit de tout ce que nous venons de lui attribuer. Quoique les grands progrès faits dans toutes les branches par l’esprit humain, et que nous venons de mentionner, ewssent pu se réaliser aussi dans des Etats soumis au régime le plus centralisé cependant on ne peut nier le fait qu’il ont eu lieu sous un systême combiné de gouvernement métropolitain et provincial. Ce n’est pas icile lieu de faire ressortir par des détails cette vérité importante ; quoique l’auteur ne puisse pas pour le présent s’étendre sur son évidence, elle n’en est pas moins digne de la plus sérieuse attention du lecteur.
S’il est donné au bon peuple de ces provinces de l'Amérique du Nord, de jeter à cette époqne, pour lui et ses descendants, les bâses d’un gouvernement à la fois solide et en harmonie avec le développement de la prospérité nationale ; d’un système aussi fort que libéral ; juste et prévoyant ; sévère dans ses punitions,
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toujours prêt à corriger et généreux dans ses récompenses ; il sera assez facile de préparer l'esprit public . aux arrangements constitutionnels nécessaires à un tel système. Depuis deux mille ans, l'humanité a laissé dans l’histoire des traces de son expérience politique ; et les dernières pages de cette histoire, écrites dans notre propre langue, chez nos voisins, descendants des mêmes ancêtres que nous, ne contiendront pasles leçons les moins instructives que ce grand maître, le Temps, se prépare à dérouler sons nos yeux.
Fin. He OS
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