‹ Note pour servir a l'histoire de l'hydrothérapie moderneChapitre 2 sur 2 · I -; il · texte numérisé non relu

I -; il

» Il est vrai que, par une argumentation plus sfo&ile que juste, vous présentez cette vulgarisation de l'hydrothérapie comme une preuve de déchéance. Je crois qu'à cet égard vous serez seul de votre avis. »

M. Gillebert-Dhercourt rappelle à cette occasion les efforts qu'il a faits en 1844, en 1848 et en 1851 auprès de l'illustre Dumas, à l'Académie de médecine et ailleurs, pour démontrer l'utilité de vulgariser les pratiques hygiéniques de l'hydrothérapie. « L'idée a fait son chemin, dit-il Que mon

vœu soit dépassé, qu'on abuse de l'eau froide à domicile, c'est un malheur que je regrette. Mais ce fait ne démontre-t-il pas péremptoirement que l'hydrothérapie est sortie victorieuse de la lutte qu'elle a dû soutenir contre d'aveugles mais d'obstinés préjugés? Accueillie volontiers par le monde, admise au rang des conquêtes les plus précieuses de la thérapeutique, l'hydrothérapie, loin d'être en décadence, est donc en progrès. Je défie qu'on me prouve le contraire.

M. Gillebert-Dhercourt, passant aux questions de température et de qualité des eaux propres à faire de l'hydrothérapie, fait remarquer que tous les médecins hydropathes s'en sont toujours préoccupés très vivement; il rappelle à cette occasion les deux Rapports académiques de M. Gibert, publiés dans la Revue médicale elle-même, son Mémoire sur le traitement hydriairique des affections scrofuleuses, et son travail sur les effets physiologiques déterminés par l'application extérieure de l'eau froide.

«. Volontairement ou non, ajoute notre confrère, l'intention de votre lettre est si évidente que, quelque soin que vous preniez pour vous défendre, tout le monde pensera que vos attaques contre nous n'avaient d'autre but que l'introduction forcée de nos appareils dans vos établissements. Eli bien ! passons sur le procédé, qui manque d'habileté et qui s'écarte de votre prudence habituelle, et voyons si vos appareils

constituent un progrès réel, et s'ils méritent d'être substitués aux nôtres. »

M. Gillebert-Dhercourt s'applique à prouver que les appareils de pulvérisation destinés à agir extérieurement ne sont que la reproduction de la douche en cercle habituelle, avec cette différence que ceux de M. Sales-Girons ne consomment que cinq litres de liquide en deux minutes.

« Petite, très petite considération pour moi, cher confrère, puisque mes moyens me permettent de dépenser un hectolitre d'eau par minute. Laissons ceux que vous préconisez a ceux qui ne sont pas assez riches en eau.

« Un seul cas pourrait me déterminer à la substitution que vous poursuivez : ce serait celui où vous parviendriez à me démontrer qu'elle serait avantageuse à ma pratique. Mais je doute, ajoute notre confrère, que vous puissiez m'en administrer la preuve. »

M. Gillebert-Dhercourt termine ainsi sa lettre : « Mais puisque vous êtes si désireux que l'hydrothérapie s'approprie les ressources de vos inventions, faites ce qu'elle a fait ellemême à ses débuts : fournissez vos preuves, c'est à dire appliquez vos idées et vos moyens, et publiez vos résultats; en un mot, montrez-nous l'hydrothérapie bronchique égale ou supérieure à l'hydrothérapie cutanée. »

« Vous avez touché à tant de sujets, qu'il me resterait encore beaucoup de choses à vous dire, si je prétendais répondre à tout. Mais il ne faut jamais abuser de l'hospitalité. » (')

Les larges emprunts faits à la lettre de notre très honorable confrère, me dispensent de vous exprimer la plupart des réflexions qui m'étaient venues à sa lecture.

Toutefois, deux simples observations. En premier lieu, je trouve que M. Gillebert-Dhercourt, tout en répondant très

('. Gatetle de» Eaux; I8G0, p. 126 et, suivantes.

victorieusement aux imputations de M. Sales-Girons sur la prétendue décadence de l'hydrothérapie, ne s'est pas assez expliqué sur la question des températures et des qualités des eaux propres à cette médication. Son opinion a beaucoup de valeur; raison de plus pour qu'il nous exprime ses vues particulières touchant les effets des divers procédés de sudations de l'eau tempérée, chaude, alternée avec l'eau froide, et de l'eau de mer comparée à celle des sources. Mieux que personne il aurait pu nous renseigner sur ce dernier point, puisque l'hiver il fait de l'hydrothérapie au bord de la mer, et que l'été il emploie les eaux de sources.

La deuxième observation que je désirerais lui faire a trait à ses critiques adressées à la thérapeutique de M. Sales-Girons. Je trouve qu'il va un peu loin en paraissant proscrire cette doctrine, sous le prétexte que notre confrère n'a pas fourni ses preuves. Mais quand cela serait, notre devoir à tous n'estil pas d'accueillir, d'expérimenter, au lieu de rejeter à priori toute idée nouvelle. Notre très honorable confrère semble ici avoir oublié les terribles débuts de l'hydrothérapie qu'il soutient si glorieusement. N'a-t-on pas vu, en 1840, l'Académie de médecine rejeter solennellement la doctrine et les pratiques hydriatriques , sur le Rapport de Roche ! Que nous sommes loin de cette époque !

N'en pourrait-il être de même de la pulvérisation? De deux choses l'une : ou l'on a expérimenté, et, fort de ces épreuves, on rejette ou on accueille; ou l'on ne l'a pas fait, et dans ce cas, il est tout au plus permis de se tenir dans une juste réserve; aller au delà serait s'exposer à se voir démentir ultérieurement par les faits.

.le n'ai pas mission, bien loin de là, de défendre la pulvérisation: son propagateur a une habileté très suffisante pour s'en charger tout seul. Mais j'ai eu l'occasion de faire quelques essais, de recueillir des observations qui me semblaient

en sa faveur, et, à ce titre, je crois de mon devoir de parler ainsi.

Ces réserves faites, pas n'est besoin de faire remarquer le caractère et la hauteur de vues qui ont présidé à la réponse de notre savant confrère.

M. Guettel s'est empressé à son tour de réfuter les opinions de M. Sales-Girons.

Dans sa réponse, notre confrère se livre à des considérations d'un ordre élevé sur la doctrine hydrothérapique. Je vais essayer de les résumer brièvement, car il me reste encore à vous parler des lettres de MM. Lubansky et Andrieux (de LSrioude).

Notre honorable confrère ne proscrit pas l'hydrothérapie à domicile, confiée à une direction médicale, intelligente et familière avec celte pratique : « Grand nombre d'états, notamment les affections aiguës, admettent et nécessitent quelquefois ces applications. » L'auteur rappelle à ce propos ses succès dans la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, le choléra, les accès soudains de névroses intermittentes.

Il blâme l'intervention trop directe des médicaments pendant le traitement hydrothérapique, et l'usage de l'eau froide bornée aux applications externes; il veut qu'on tienne compte de la température, de la qualité, de la légèreté des eaux, et des conditions hygiéniques afférentes.

A ces pratiques incomplètes, qu'elles aient lieu dans un établissement ou à domicile, il applique ces paroles énergiques : « L'hydrothérapie bâtarde et l'hydrothérapie tronquée sont pour l'hydrothérapie légitime et normale deux terribles ennemies : elles vivent de son acquis, de son nom et de sa gloire; elle a à répondre de leurs méfaits. »

Au reproche de M. Sales-Girons, qui considère l'hydrothérapie comme se renfermant dans un dédaigneux silence vis à vis de toutes les conquêtes physiologiques modernes,

M. Guettet oppose le mécanisme physiologique de la guérison de la goutte par l'hydrothérapie. C'est par un travail de combustion, d'oxydation, dit-il, que l'acide urique insoluble, et cause de tous les accidents, se transforme en urée, corps excessivement soluble. »

Il rappelle à cette occasion sa classification de l'hydrothérapie en méthode tour à tour tonique, sédative, excitante, résolutive, sudorifique, révulsive, altérante, etc., publiée dès 1849 (i). Schedel en avait fait autant en 184-5 ( 2 ). M. Fleury reproduisit en grande partie cette classification dans son Traité clinique d'hydrothérapie, en 1852.

« Mon langage, dit M. Guettet après avoir rappelé celle classification, vous révèle mes sympathies pour la philosophie thérapeutique de MM. Trousseau et Pidoux. »

Ici, l'auteur nous apprend qu'il s'occupe de rassembler les matériaux d'un livre qu'il veut consacrer à la logique des vertus curatives de l'eau froide. « Cette question, dit-il, est sans contredit la plus intéressante de la thérapeutique. Le pourquoi de l'action curative des médicaments est pour la presque généralité de ceux-ci un problème insoluble. Hors de la toxicologie et de la médication éinolliente, antiphlogistique, l'action propre des remèdes n'a d'autre raison d'être que le fait empirique consacré par l'observation. » Il rappelle à l'appui sa démonstration chimique du mode de curation de la goutte par l'eau froide.

L'auteur fait remarquer à M. Sales-Girons, que, de toutes les branches médicales, l'hydrothérapie recevra des découvertes modernes l'application la plus féconde, car elle est peut-être la plus physiologique et la plus fonctionnelle des thérapeutiques.

Aussi, est-il besoin de vous parler de son zèle à se préoccuper des questions scientifiques qui la touchent de plus près ?

(') Le Spectateur de Dijon; 1849.

(>) Schedel, Examen clinique de l'hydrothérapie ; 1845.

Ozone, électricité médicale, bains électriques de Caplin, pulvérisation des liquides.

« Donc, le succès de l'hydrothérapie, que vous attribuez avecraison à ses tendances scientifiques, est assuré pour l'avenir.

» Au reste, de quels succès voulez-vous parler? Est-ce le succès pratique? le succès, au point de vue de la faveur du monde? au poinl de vue de la faveur des médecins?

« .... Mais, loin de chercher à étendre le cadre des cas hydrothérapiques, nous l'avons restreint : 1° pour ne point faire de l'hydrothérapie une rivale aux méthodes préexistantes, mais bien une spécialité complémentaire, auxiliatrice, solidaire, amie; 2° pour lui assurer un succès légitime, en bornant ses entreprises aux limites de sa supériorité; 3° enfin, le dirai-je ? parce que l'aptitude extraordinairement étendue de l'hydrothérapie rappelle le rôle des panacées, et que j'ai craint, sur mes confrères, le mauvais effet que fit sur moi la vue d'affections nombreuses et disparates, le premier jour que j'abordai un établissement hydrothérapique. »

Ces généralités émises, M. Guettet passe à l'examen des six points posés par M. Sales-Girons. Il reconnaît, comme tous ses confrères, que l'hydrothérapie ne consiste pas uniquement dans l'application du froid.

Il ne veut, malgré la signification très étendue du mot, que l'emploi de l'eau commune.

J'avoue n'être pas de l'avis de M. Guettet; j'en ai donné les raisons dans ma réfutation de la lettre de M. Fleury; de même je le blâme de ne conseiller l'emploi de l'eau tempérée ou chaude qu'à titre exceptionnel.

En revanche, d'accord avec nous, il se préoccupe peu en hydrothérapie, et nous ajouterons en hydrologie générale, de l'absorption cutanée; il lui est donc indifférent que l'eau contienne tel ou tel agent.

M. Guettet se défend de négliger la pulvérisation. «Bien avant la création de vos appareils, dit-il, j'avais reconnu

."33 l'utilité d'administrer, dans certains cas, l'eau a un état de division extrême, et j'avais fait faire dans ce but un appareil particulier; il a été mentionné dans mon Mémoire présenté en 1849 à l'Académie de Médecine de Paris. »

Quant à la raison d'économie de liquide que vous invoquez, elle est vraiment puérile pour les établissements hydrothérapiques. A cette occasion, M. Guettet cite les quantités d'eau dont il dispose à Saint-Seine.

La réponse de notre confrère à la proposition de M. Sales- Girons de faire de l'hydrothérapie bronchique peut se résumer dans le paragraphe suivant : « Jusqu'ici, dit-il, je croyais agir sur la plus vaste surface en m'atlachant à la peau. Et quoique celle-ci soit moins sensible, puisque sa sensibilité nous donne une prise suffisante, vous comprendrez qu'il est assez naturel que nous connaissions par d'autres les effets de la réfrigération humide sur la broncho-pulmonaire, avant d'user nous- même de ce moyen. »

Enfin, notre confrère se défend de ne pas s'être occupé de la réaction et de son mécanisme.

En résumé, M. Guettet conseille à M. Sales-Girons d'user de toute son influence pour détruire cette étrange prévention qu'il déplore, à savoir : que le froid est toute l'hydrothérapie; que l'eau n'a d'autre objet que d'appliquer le froid, et que son rôle est exclusivement externe.

« Vous êtes sans doute d'avis avec moi, dit-il en terminant, que les bonnes concluions énumérées plus haut suffiront pour le triomphe permanent de l'hydrothérapie, et qu'elles dispenseront de cette autre condition dans laquelle les dames seraient tenues absolument de subir à la douche une intervention médicale dont l'opportunité n'est que relative » ( 1 ).

M. Andrimx (de Brioude), dont tout le monde connaît les

(') Gazette des Eaux, 10, I ; et 2i niiii 1866, p. 149, 155, 163 et suivantes; De l'hydrothérapie, son présent, son avenir, D r (ineltet.

travaux scientifiques, a cru devoir à son tour redresser les erreurs commises par M. Sales-Girons.

L'auteur, dans la seule lettre que nous ayons de lui, s'en est tenu aux préliminaires. Il se propose de traiter plus tard les six questions posées par notre confrère.

« Je ne demande pas mieux, dit-il, que de pouvoir m'occuper exclusivement de science; mais je dois repousser des attaques injustes et relever des allégations erronées. Je suis peu désireux, en général, d'entretenir le public de ma personne et de mes intérêts; mais je ne saurais admettre qu'un autre intérêt crût licite de se donner satisfaction à mon détriment, ou en répandant une appréciation fausse d'une méthode de traitement que j'ai mission de défendre. »

M. Andrieux n'admet pas que l'hydrothérapie soit en déchéance. « Vous avez été mal renseigné », dit-il à M. Sales- Girons. A celte occasion, il rappelle à notre confrère l'histoire de la création de son établissement et la visite dont il l'a honoré. Vous avez confondu, Monsieur, des créations sérieuses se développant lentement sous une impulsion médicale honorable, avec ces tentatives de mauvais aloi où le médecin était soumis à un rôle subalterne, où il venait se plier aux exigences d'un entrepreneur.

Le passage suivant mérite d'être cité tout entier :

« Vous blâmez votre correspondant fictif, dit M. Andrieux, de ce qu'il considère comme avantageuse pour l'hydrothérapie son introduction dans le domaine des habitudes domestiques. Ce blâme porte à faux. En effet, pour beaucoup de gens, et même pour certains médecins, les épreuves du traitement hydrothérapique doivent équivaloir aux tortures de l'Inquisition. Laissez le public se laver chaque jour à l'eau froide, et il n'aura plus peur de l'hydrothérapie, et il n'hésitera plus a s'adresser à elle pour se guérir lorsque le besoin se présentera. Laissez le public employer hygiéniquernent l'eau froide, et

vous le verrez à l'abri d'une foule de maladies qu'il traîne plus tard dans le cabinet du médecin et dans les stations thermales. Laissez la mère donner à ses enfants la bonne habitude des lavages à l'eau froide, et ses enfants seront plus forts et plus capables de résister aux vicissitudes de l'atmosphère; ils seront à l'abri d'une foule de maladies qui les déciment. Ne vous récriez pas contre une salutaire pratique qui appartient entièrement à l'hygiène domestique et qui n'empêche pas de recourir au médecin quand il y a maladie. Votre erreur vient de ce que vous avez pris pour l'hydrothérapie quelque chose qui ne l'est point, de ce que vous avez confondu l'hygiène avec la thérapeutique » ( 1 ).

L'auteur blâme encore M. Sales-Girons de trouver une preuve de la déchéance de l'hydrothérapie dans le fait de son introduction dans les stations thermales. « Bien au contraire, dit notre confrère, car cela prouve plutôt l'insuffisance des dernières et l'utilité de la première médication. »

A cette occasion, M. Andrieux établit une comparaison entre les stations thermales et hydrothérapiques. Il prouve surabondamment que la grande vogue des premières, par rapport au succès légitime mais modéré des secondes, tient en partie à des causes tout à fait extra-médicales. Vous me dispenserez de vous les énumérer.

Messieurs, là s'arrêtent les considérations préliminaires émises par M. Andrieux en réponse aux attaques de M. Sales- Girons.

L'auteur renvoie à plus tard la discussion des questions posées par l'habile créateur de la pulvérisation.

M. le D r Lubauski a le dernier, jusqu'ici du moins, pris la parole dans ce débat scientifique.

Il goûte peu les assertions émises par MM. Sales-Girons et

l 1 , Le Journal des maladies chroniques, par Andrieux (de Brioude), 18fiC, p. 21.

Fleury sur la prétendue décadence de l'hydrothérapie, et il repousse absolument les moyens que ces derniers conseillent pour la relever.

Notre savant confrère se défend, comme tous ses prédécesseurs, de ne voir dans l'eau en elle-même qu'un simple véhicule du fioid. Il tient compte, dit-il, de ses qualités physiques, chimiques, et de toutes les circonstances hygiéniques propres à assurer le succès de la médication.

Pour lui, l'adjonction à l'hydrothérapie, de la pulvérisation, soit interne, soit externe, n'est d'aucune utilité. Cette dernière méthode ne doit pas chercher son progrès scientifique dans cette voie.

« Je crois encore moins, ajoute notre honorable et distingué confrère, à l'efficacité du remède proposé par M. le D r Fleury, quand il dit que l'hydrothérapie, pour être sérieuse et efficace, exige impérieusement l'intervention directe et personnelle du médecin ( 1 ). »

Messieurs, je me suis assez expliqué, chemin faisant, sur les conditions que doit réunir toute bonne pratique hydrothérapique, pour qu'il me suffise de vous présenter, sous forme de conclusion, les points principaux de ma réponse à M. Sales-Girons.

Mais avant, je ne vous laisserai pas ignorer ma répugnance tout d'abord à entrer dans un débat où des intérêts privés me paraissent devoir dominer la question scientifique. Cependant, sur la demande formelle de M. Sales-Girons, je me décidai à prendre la plume.

Voici le sens de cette réponse, en la complétant :

1° M. Sales-Girons a confondu la pratique médicale hydrolhérapique avec l'industrie à laquelle elle a donné naissance.

') La Revue médicale, p. 547.

2" La première, ayant pour seul représentant le Corps médical, tient toujours le premier rang, et pousse de jour en jour de plus profondes racines dans notre vie et dans nos habitudes. La seconde succombe fatalement à son origine viciée.

3" Les pratiques hygiéniques de l'hydrothérapie doivent être conseillées et propagées dans les familles. En cela, on ne ferait aujourd'hui en France que ce qui se pratique depuis des siècles en Angleterre, en Allemagne, en Russie et ailleurs.

4° L'hydrothérapie proprement dite, à quelques exceptions près, est du ressort des établissements installés dans ce but, munis de tous les appareils nécessaires et ayant à leur tête des médecins familiers avec cette pratique.

5" M . Fleury a posé les véritables bases de l'hydrothérapie moderne. Mais ses prédécesseurs et ses successeurs dans cette voie, Scoulteten, Schedel, Geoffroy, Gillebert-Dhercourt, Andrieux, Guettet, Macario, Gibert, Lubanski, La Corbière, Armand Rey, Royer, Chevandier, Rottentuit, etc , ont posé les jalons scientifiques et pratiques de cette thérapeutique.

6° M. Fleury, suivant les errements de Priessnitz, a eu le tort de restreindre l'hydrothérapie à l'application du froid.

7" Ses successeurs et ses prédécesseurs ont varié les agents de sudations et les procédés d'application de l'eau. Ces appareils sont : l'emmaillottement, les bains de vapeurs, les bains de caisse, les fumigations résineuses de MM. Armand Rey, Chevandier ; les douches tempérées, chaudes, écossaises ; l'hydrofère, les douches capillaires, etc.

<S' Ils ont porté la température du liquide dans des limites plus étendues de '10° à 45° environ.

9° Les qualités chimiques de l'eau ont varié comme la température; les eaux de mer, par exemple, ayant sur les maladies lymphatiques, scrofuleuses, une action que ne peut posséder l'eau commune.

10° Toutefois, il ne faut pas faire ce choix en vue de l'absorption par la peau, ce fait restant encore à démontrer, même après les expériences de Réveil; illusoire, du reste, en admettant sa réalité, eu égard à la brièveté d'application du liquide.

11° La pulvérisation externe et interne, — hydrofère, douches capillaires, pulvérisateurs, — doit être adjointe à l'hydrothérapie proprement dite.

Elle est admise en principe. Mais il reste encore à délimiter son champ d'action; c'est ce qu'on fait dans les établissements hydrothérapiques comme dans les stations thermales, quoi qu'en ait dit M. Sales-Girons. Cet auteur a proposé l'introduction de l'eau commune et froide dans les poumons, sous le litre d' hydrothérapie bronchique. L'avenir prononcera à cet égard.

12° La réaction est la base fondamentale de l'hydrothérapie, le but final vers lequel doit tendre toute pratique intelligente de cette médication. Elle doit se faire par la marche, lorsque l'état et les forces le permettent..

Les exercices gymnastiques méthodiques et médicaux sont un adjuvant excessivement utile dans bien des cas, et quelquefois indispensable pour obtenir une réaction profonde, franche et durable.

Cette pratique spéciale, si peu en honneur en France, si délaissée même par un grand nombre de médecins, forme, en Allemagne, la base de l'éducation physique des enfants des deux sexes. L'enfant, dans ce pays, commence par le gymnase; en France, par le boudoir, dans la famille riche; par la vie errante et désœuvrée, chez le pauvre.

Messieurs, me voilà parvenu au terme de ma tâche.

Les travaux qui viennent d'être analysés peuvent se partager en deux groupes bien distincts.

L'un, composé de ceux tendant à prouver que l'hydrothé-

rapie est en décadence depuis quelques années, a pour auteurs trois médecins, dont : deux anciens directeurs principaux ou auxiliaires d'établissements hydrothérapiques ; le troisième, auteur d'un nouveau mode d'administration de l'eau, et qui reproche à l'hydrothérapie et à ses représentants de ne l'avoir pas assez bien accueillie. Ceux du second groupe, émanant de praticiens dirigeant actuellement des établissements, démontrent l'état de prospérité actuelle de l'hydrothérapie médicale.

11 eût été courtois de la part des premiers de modérer leurs expressions, alors même qu'elles eussentété l'écho de la vérité.

Mais ce devenait un devoir strict, du moment que leurs assertions étaient susceptibles d'une réfutation aussi complète qu'elle l'a été de la part de MM. Lubanski, Andrieux, Guetlet et Gillebert-Dheroourt.

i Extniit des Mémoires et Bulletins de la Société médico- '■l,o urgicale des hôpitaux et hospices de Bordeaux

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Author Delraas:

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