Note Pour Servir A La Recherche Du Moyen De Conserver La Couleur Des Plantes
de Richard, continuée par MM. Martins et de Seynes ainsi qu’une notice biographique sur M. le comte Jaubert, par M. l’abbé Tobra de Bordas.
M. Bainier fait connaître à la Société un procédé qu’il a imaginé pour conserver aux végétaux destinés aux herbiers leurs couleurs
qu
préparées d’après ce pi
DES PLANTES, par M. Georges BAINIER.
Le procédé que j’ai employé pour préparer les échantillons que j’ai l’honneur de vous présenter est très-simple. Je choisis mes sujets dans leur parfait état de fraîcheur et les emprisonne immédiatement entre deux feuilles de papier enduites d’une solution de gomme arabique. Cette solution en s’évaporant rapproche les surfaces et la pression est suffisante. De ces deux papiers l’un sert de support et est résistant, l’autre mince et transparent permet de distinguer les nervures des feuilles, les étamines et tous les petits détails utiles pour déterminer les espèces. C’est un linge doux ou bien un tampon de coton cardé qui suffit pour coller. On abandonne à l’air soit sur une corde, soit sur une table, et grâce au peu d’épaisseur de l’ensemble tout est sec en une nuit quand il s’agit de plantes non gorgées de sucs. C’est ainsi que j’ai pu préparer le Polygala amara , le Viola tricolor, etc. Les plantes plus épaisses doivent rester plus longtemps. Pour un herbier de luxe, on peut se servir du moyen employé pour sécher rapidement un précipité sur un filtre, soit en faisant le vide par un aspirateur ou par une trompe, soit par l’usage du chlorure de calcium. Car ainsi maintenue, la plante peut être roulée et mise dans un flacon. Je n’ai, pour les préparations que voici, rien employé de toutes ces choses, toute¬
fois le résultat obtenu est suffisant.
Par suite de la dessiccation il se produit des rides, des boursouflures, d’où résultent des décollements partiels qui gênent la transparence. Cet inconvénient est facile à éviter; on humecte légèrement la face supérieure de l’échantillon et on met sous presse entre deux morceaux de taffetas gommé. On retire et quelques instants d’exposition à l’air chassent le peu d humidité (pii reste. Une fois la préparation bien sèche, on la vernit pour donner du relief, augmenter la transparence, empêcher l’humidité. La plante conserve son port naturel et garde ses organes les plus fragiles malgré les frottements extérieurs. Les Graminées surtout peuvent gagner à ce procédé. Avec de la précaution on peut en étaler les épillets de manière à permettre de voir les glumelles, glumellules, aigrettes et étamines.