‹ Note Pour Servir A La Recherche Du Moyen De Conserver La Couleur Des PlantesChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 12 MAI · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 12 MAI

Je crois qu’il est bon d'appeler l’attention sur ce fait, que ce moyen de dessécher les plantes paraît mieux que tous les autres conserver les couleurs. Sur des échantillons que j’ai préparés il y a cinq ou six ans, le vernis a jauni, mais les fleurs bleues ou violettes sont restées intactes.

Je ne prétends pas que ce résultat sera obtenu indistinctement pour toutes les plantes, bien que je n’aie pas encore trouvé de sérieuses difficultés. J’ai remarqué que les couleurs sont d’autant plus vives que les plantes sont plus fraîchement cueillies et qu’on a mis plus de soin à ne pas en froisser les pétales ou les feuilles, avant qu’elles ne soient bien sèches. Tout le monde sait en effet qu’il suffit de presser légèrement du doigt sur certains fruits mûrs pour produire sous l’épiderme une meurtrissure noirâtre; il en est de même pour les fleurs tant qu’elles renferment de l’eau de végétation, mais dès qu’elles sont sèches on peut les mettre sous presse impunément.

Je n’emploie pas l’étuve pour obtenir une évaporation rapide, car la

chaleur aide à la fermentation et certains sucs incolores noircissent à ce

point que je me souviens de les avoir employés comme encre sympathique.

Tel est le mode opératoire que j’ai suivi; on voit qu’il est rapide, n’obligeant pas à avoir une presse, n’obligeant pas à changer de papier buvard tous les jours, conservant mieux les formes, protégeant les organes fragiles et les pétales caducs des fleurs. Le touriste peut partir pour la montagne sans autre bagage qu’une boite, de la gomme arabique et du papier. Quelques heures lui suffiront pour coller sa riche moisson et le lendemain, quand tout sera sec, il pourra remplir son carnet.

Les dimensions ne sont pas fatalement déterminées par la grandeur d’une presse, si on veut conserver une plante grimpante : un Volubilis, une Bryone, etc.; on n’est plus arrêté que par les dimensions du papier et même on pourrait remplacer ce dernier par deux morceaux de mousseline claire.

M. le Président donne lecture à la Société de la lettre suivante que lui a adressée M. Heckel, relativement à quelques observations nouvelles sur les plantes carnivores.

Monsieur,

Montpellier, le 6 mai 1876.

Le lendemain de la séance du 21 avril dernier, je faisais route pour Montpellier où j’ai pu visiter de nouveau mon champ de recherches sur les plantes carnivores, et voir ce qu’étaient devenues quelques expériences à longue échéance entreprises en septembre 1875, peu avant mon départ pour Nancy. Je crois avoir observé quelques laits intéressants et je me permets de venir, par votre bienveillant intermédiaire, en faire part à la

Société.

J’ai revu, en arrivant à Montpellier, mes notes parmi celles qui étaient

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