‹ Note secrette exposant les prétextes et le but de la derniére conspirationChapitre 4 sur 5 · II. Placer une nouvelle dynastie sur le trône · texte numérisé non relu

II. Placer une nouvelle dynastie sur le trône

Que deviendraient les principes de la légitimilé proclamés si solennellement, que dis-je? les principes élernels de la conservation des peuples et des trônes? que pourrait-on espérer de cette nouvelle subversion ? La révolution, dira-t-on, s’accommoderait mieux d’un

qu’avec l’horreur qu’inspire l’ennemi qui n’a plus rien à nous offrir en compensation des maux de la guerre. Le prince qui les rappellerait, faute d’avoir su gouverner lui-même, deviendrait odieux à la nation entière; et le parti qui chercherait son appui dans leurs armes, serait aussi ennemi que les étrangers, et serait repoussé avec eux. D’ailleurs, que seraient iso mille hommes qui devraient occuper la France, contre le sentiment profond d’horreur qui s’établirait contre eux dans toutes les classes de la nation? Croi ruit-on qu’on aurait le temps, les moyens, de rassembler encore une lois un million d’hommes pour les jeter sur cctt* malheureuse France ? On ne le pourrait pas dans un an ; et dans vingt jours la France entière serait un camp, une citadelle impénétrable, dont la population entière formerait la garnison. Se tromperait-on au point de croire qu’on pourrait ensuite, par une longue guerre, la démembrer et partager ses provinces, et regarderait-on ce moyen comme le dernier coup à porter à la révolution ? On serait dans une bien grande erreur : la France est trop compacte pour se prêter à un morcellement ; des liens trpp anciens et trop forts en tiennent les

foi révolutionnaire. D’abord, la révolution ne s’accommode d’aucun roi ; ensuite , la révolution peut renverser, mais elle ne peut rien construire, rien établir, rien conserver; et, si elle le pouvait, ne nous montrerait-elle pas ses œuvres? Qu’elle ne dise pas même qu’elle a fait le règne de Bonaparte : il n’est pas plus son ouvrage que les règnes de Tamerlan et de Gengiskan. Et la masse de la France royaliste qui avait attaché tout son espoir au retour des hommes et 'les principes légitimes, s?accommoderait-elle de perdre des espérances qui lui sont si chères, encore qu’elles aient été si déçues? Quels soutiens aurait ce nouveau souverain qui aient manqué au Roi? combien le Roi pourrait-il ep trouver qui manqueraient à celui-là? C’est bien alors qu’il faudrait gumisonner la ïrance de quelques cent mille étrangers, et les résultats d’une pareille mesure sont présentés dans tout leur jour dans la note précitée (f).

Peuples attachés. Outre cela, la première ville que l’on voudrait conquérir, le premier canton qu’on voudrait livrer comme la proie d un des co-partageans, serait bientôt pour eux une occasion de discorde. Enfin, quand des armées innombrables occuperaient le sol, ct Quelle armée ne faudrait-il pas pour occuper la France ! quand Uen ne pourrait plus déguiser à scs j eux l'horreur de son sort, alors l nême, dis-jc, une dernière ressource, une ressource infaillible, lui Esterait, la corruption de ses vainqueurs; et la France révolutionnaire décomposerait les armées victorieuses par le poison des idées 1 évoluû onna i rcs .

( f) Yoj-ce la note précédente.

On jugera bien que c’est uniquement pour completter le tableau de toutes les suppositions qui peuvent se présenter, que nous avons cru devoir discuter les questions d’un changement de dynastie, de l’occupation militaire de la France, et du partage de ses provinces. Ce n’est pas en faisant des révolutions que l’on peut espérer de finir la révolution, de même que ce n’est pas au milieu d’un tremblement de terre qu’on peut reconstruire. Mais, nous arrivons aux points qui méritent une discussion plus sérieuse et plus approfondie : les nouvelles institutions politiques de la France peuvent-elles lui convenir, et le gouvernement représentatif a-t-il été le véritable obstacle à l’établissement de la monarchie en France? Suflirait-il de le détruire pour écraser cette révolution qui relève une tète si audacieuse et si dangereuse ? Nous allons examiner cette importante question.

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