SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
système de faisceaux dont la disposition rappelle celle qu’ils ont dans beaucoup de tiges herbacées. En outre cette portion épaisse des parois du tube qui est parcourue par les faisceaux fait une forte saillie, plus ou moins arrondie sur sa coupe transversale, dans la cavité de ce même tube. L’aspect d’une section de cette formation entière donnerait ainsi parfaitement l’idée d’un rameau cylindrique pourvu de deux ailes latérales qui se seraient soudées par leur bord libre de manière à fermer l’espace circonscrit par elles. Je suis porté à croire que telle est en réalité sa nature.
En somme, dans le pied de Tulipa Gesneriana L. qui fait le sujet de cette note, les deux gros pédicules tubuleux qui ont donné chacun un fort caïeu dans leur extrémité libre et fermée n’ont pas l’origine que Thilo Irmisch a reconnue aux longs pédicules des caïeux internes du T. silvestris; leur organisation ne me paraît pas se concilier davantage avec l’idée de M. Germain de Saint-Pierre, qui voit dans ces formations une simple gaine de feuille; mais tout me semble autoriser à les regarder comme un rameau (biparti dans le cas présent) pourvu de deux ailes longitudinales qui sont devenues confluentes par leur bord libre. La production d’un caïeu ou bourgeon terminal s’explique ainsi naturellement. Si l’on se refuse à admettre cette interprétation, on sera conduit à regarder le tube bulbifère comme une feuille tubulée dont la côte médiane, qui n’existe pas d’une manière appréciable dans la feuille normale des Tulipes, se serait très fortement accusée et aurait revêtu tous les caractères d’un axe. J'avoue que cette seconde explication me semble un peu forcée et, dans tous les cas, bien moins en rapport avec les faits que la première.