SÉANCE DU 28 AVRIL
miste bien connu, a été le siège d’une formation semblable à celles dont il vient d’être question ; mais cette formation y est accompagnée de particularités qui me semblent mériter d’être signalées : 1° Bien que la plante, qui n’a pas fleuri dans l’année, n’ait développé qu’une feuille à l’état normal, elle a produit deux éperons bulbipares à leur extrémité close; 2° ces deux éperons, au lieu d’être restés souterrains et de s’être étendus horizontalement dans le sol, se sont d’abord élevés verticalement de manière à venir à l’air et au jour; aussi sont-ils colorés en vert pâle, plus ou moins lavé de rouge. Ils se sont ensuite recourbés sur eux-mêmes de telle sorte que leur portion terminale et renflée, qui renferme le caïeu, est descendue verticalement en terre, de 1 à 2 centimètres plus bas que le niveau de la bulbe mère. Leur longueur totale est de 0“,09 pour l’un, de 0“,10 pour l’autre. Ils mesurent 0 m ,005 de diamètre dans leur portion la plus étroite, qui est la plus voisine de leur lieu d’origine. A partir du point où ils se recourbent pour se diriger vers le bas, ils augmentent d’épaisseur, d’abord lentement, ensuite assez rapidement, et leur portion terminale, fortement renflée, qui contient le caïeu, est arrivée à 0 m ,015 de diamètre.
Quant à l’origine de ces éperons ou pédicules tubulés de caïeux, elle est certainement très différente de celle que Thilo Irmisch a reconnue pour la formation analogue qu’il a étudiée avec soin chez le Tulipa silvestris. Ils partent en effet l’un et l’autre de l’axe fondamental de la bulbe mère, en face du point d’où sort la feuille normale et à un niveau un peu différent. Le bas du pétiole de cette feuille étant creusé d’une étroite cavité longitudinale, cette cavité n'est pas en communication avec celle qui occupe l’intérieur des éperons; l’axe fondamental plein et solide de la bulbe-mère est interposé entre les deux. En un mot, la feuille normale et les éperons sont des productions entièrement indépendantes l’une de l’autre, issues également de l’axe sur deux points diamétralement opposés. En outre les deux éperons naissant côte à côte, sur une même ligne horizontale, sont continus entre eux latéralement, à leur base, sur une longueur d’environ O®,015. Us sembleraient donc constituer, soit deux feuilles collatérales soudées entre elles dans leur portion inférieure, soit une seule feuille bipartie, dent les deux moitiés séparées par la partition se seraient également tubulées, et auraient donné naissance, dans l’extrémité close et renflée de leur tube, chacune à un fort caïeu qui se trouve être ainsi tout à fait intérieur.
Mais doit-on voir dans ces éperons une formation purement foliaire? II me semble difficile de contester qu’il n’y ait eu en elles intervention d’un
élément axile. En effet, ce n’est pas seulement un faisceau, comme dans le Tulipa sili'estris décrit par Thilo Irmisch, qui parcourt le côté épais des parois du tube, depuis l’axe fondamental jusqu’au caïeu, mais tout un