SÉANCE DU 27 JUIN
rait coupé l’ensemble de ce verticille floral en deux moitiés symétriques, comprenant chacune une moitié de l’étendard, un lobe latéral monstrueux et un des deux segments du lobe impair inférieur.
J’ai pu faire ouvrir sur l’eau deux autres fleurs qui m’ont présenté l’organisation suivante :
3° Celle qui succédait à la précédente était encore profondément altérée; mais son altération était en même temps irrégulière. Son lobe impair inférieur était partagé en 2 segments inégaux et asymétriques, celui de gauche ne formant qu’une sorte delanguett.e linéaire plus courte de moitié que celui de droite. Quant aux deux lobes latéraux, ils étaient l’un et l’autre beaucoup plus larges que dans l’état normal et une fente profonde les divisait en deux grands segments ovales. Seulement le segment supérieur du lobe de droite manifestait par son échancrure terminale assez profonde sa tendance à se diviser à son tour. Ici, comme on le voit, la modification tératologique faisait un pas rétrograde, faible encore puisqu’il ne portait que sur le lobe ou pétale inférieur de la corolle, mais cependant appréciable.
k° Enfin, la fleur la plus haute parmi celles que j’ai pu observer n’était plus que faiblement modifléedans son organisation. Seul, son lobe gauche s’était partagé en deux segments peu inégaux et les trois autres étaient restés indivis, parfaitement normaux de forme et de grandeur. C’était là le dernier terme de la modification; car, autant que j’ai pu le reconnaître sur un bouton peu avancé et d’ailleurs altéré par un séjour de quelques jours sur l’eau, la corolle de la fleur suivante se serait montrée tout à fait normale pour les proportions relatives et pour la configuration de ses parties.
M. Chatin pense que ces faits ont plus d’intérêt que ne paraît leur en attribuer M. Ducliartre lui-même et qu’il peut en résulter la preuve que la corolle des Véroniques à quatre lobes comprend en réalité cinq [létales, dont deux sont réunis en un seul. Toute la difficulté consiste à savoir quel est ce pétale formé par la réunion de deux.
M. Moquin-Tandon rappelle que, d'après les observations de Duvau, qu’il a répétées lui-même, le grand lobe supérieur de la corolle des Véroniques possède deux nervures symétriques et semble dès lors résulter de la réunion de deux pétales qui compléteraient la symétrie quinaire de la corolle.
M. Ducliartre fait observer que cette théorie fort ingénieuse n’est pas confirmée par l’examen du calice des Véroniques dont la corolle est quadripartite, puisque ce calice est lui-même simplement quaternaire. Rajoute que, dans les Heurs monstrueuses qu’il a décrites, une particularité permettait de reconnaître sans incertitude ceux des lobes