‹ Note sur des formules l'introduction à l'energétique physio- et psycho-sociologiqueChapitre 3 sur 5 · E„ + E, = E, - (E, -I- EJ · texte numérisé non relu

E„ + E, = E, - (E, -I- EJ

servira évidemment à caractériser sa valeur physio-énergétique propre ou individuelle à ce moment, abstraction faite de sa valeur intellectuelle que nous étudierons plus loin. Mais si nous voulons considérer un groupe d’hommes foi'mant une société, le point de vue sociologique , auquel nous devons nous placer, ne nous permet plus de nous borner à différencier les organismes en raison unique de leur valeur physio-énergétique individuelle, c'est-a-dire en ne faisant entrer en ligne de compte que la c]uantité totale d'énergie qu'ils sont capables de fournir isolément pendant l'unité de temps, évaluée conformément à la formule ci-dessus.

Fn tout premier lieu, il est évident que c'est la partie utilisable de cette

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énergie totale qui sera seule à considérer au point de vue social. Cette énergie E^ s’exprimera par la formule :

D’autre part, il apparaît avec la même évidence, que l’organisme « homme » ne peut plus être envisagé en lui-même et pour lui-même exclusivement. 11 doit être considéré dans ses rapports énergétiques avec la société. En d’autres termes, de ‘ même que l’on ne saurait considérer une société comme étant simplement une somme d’individus, de même Y énergie sociale ne sera pas, purement et simplement, la somme des énergies individuelles utilisables des hommes qui la composent. 11 est bien vrai que chaque homme conserve au sein du milieu social, en tant qu’organisme, son intérêt physio-énergétique (i) et que la vie sociale même doit tendre sans cesse à le mener vers un rendement meilleur, c’est-à-dire à mieux assurer le fonctionnement de sa réaction organisée, productrice d’énergie, et aussi à prolonger la durée de celle-ci; mais la société dans son ensemble a, de son côté, surtout intérêt à ce que l’énergie disponible fournie par tous les organismes qui la composent soit utilisée aussi complètement que possible au profit de tous, fût-ce même parfois au détriment de l’intérêt de quelques-uns, en vue de la réalisation d’un rendement social sans cesse supérieur.

L’énergie physio-énergétique utilisable des individus ne pourra donc pas s’introduire, telle quelle, dans les formules sociales. Elle ne pourra y figurer qu’en raison de son degré d’ntilisabilité sociale et aussi en raison de sa durée d'utilisation sociale. Ce degré de socio-ut ilisabilité variera essentiellement, il va de soi, tout comme l’énergie disponible elle-même, avec les individus; et, pour un même individu, il dépendra de l’époque considérée de sa vie : enfance, âge mûr, vieillesse, et aussi des circonstances accidentelles : maladies, privations, excès, pouvant marquer chacune de ces époques. 11 s’introduira donc dans les formules un coefficient de socio-utilisabilité qui marquera le caractère social de l’énergétisme en cause. Ce coefficient fixera, en somme, la fraction de l’énergie utilisable vraiment utilisé au point de vue social, et pourra, suivant le moment considéré, être positif, négatif ou nul, selon que l’organisme se trouvera apporter sa quote-part à l’énergie sociale collective ou selon qu’il s’édifiera ou se maintiendra à la charge de la société.

A un moment quelconque de chaque phase de sa vie, l’énergie sociale de l’homme, par unité de temps, s’obtiendra en multipliant la valeur E^ de son énergie utilisable disponible, telle qu’elle a été formulée précédemment, par la

(i) Voir page 4.

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valeur // de son degré d’utilisabilité sociale à ce moment. Elle sera donc représentée par //Hy, et Ténergie socialement utilisable Eg correspondant à une phase de durée / sera //E^/. Enfin, pour la durée totale T de la vie d’un individu, elle sera la somme d’une série de termes analogues afférents aux différentes phases, régulières ou accidentelles, de la vie :

L’énergie individuelle de chaque organisme humain étant ainsi évaluée en tenant compte de ses rapports avec la société, la valeur de la disponibilité d’énergie sociale, c’est-à-dire la formule fixant la valeur physio-énergétique totale

Eg de la société, en dérivera par voie de sommation pure et simple, c’est-à-dire

que l’on aura pour expression de l’énergie sociale disponible par unité de temps, 11 étant le nombre d’individus constituant la société :

Plus exactement, on pourrait dire que la valeur physio-énergétique E^ attachée à un individu, ainsi que son coefficient // d’utilisabilité sociale, variant non seulement avec les differentes phases de la vie, ce qui est une manière trop globale de considérer les choses, mais à chaque instant de la vie, // et E^j doivent, en dernière analyse, prendre la forme de fonctions de l’âge de l’individu, c’est-àdire de fonctions du temps /, si l’on convient de faire coïncider, pour chaque individu, l’origine du temps avec l’origine de la vie. Alors, la disponibilité d’énergie sociale à un instant quelconque, c’est-à-dire sa valeur invariable pendant un temps infiniment court dt, s’exprimera par le produit ;

les fonctions it et E^ ayant dans cette expression les valeurs qui correspondent au moment considéré. La disponibilité totale d’énergie, après un intervalle de temps 6 = / — correspondant à une période de la vie allant de l’instant / à l’instant V , sera donnée par l’intégrale

et enfin pour la durée totale T de la vie d’un organisme, on aura :

ENERGETIQUE PIIYSIO- ET PSYCHO SOCIOLOGIQUE

11 va de soi que les fonctions ■— çp^i) et // = ?/;(/) devront être déterminées pour que l’intégration que nous figurons ici soit possible.

On remarquera que ces deux fonctions caractérisent complètement l’individu, au point de vue de son physio-énergétisme social. La première, (p{t),

exprime à chaque instant sa valeur physio-énergétique propre, en tant que simple transformateur des énergies qu’il puiâe dans le milieu ambiant; elle s’attache ainsi à sa vie physiologique, tandis que la seconde, ii = t/^(/), exprime, à chaque instant, le quantum de cette énergie organique que l’individu, considéré cette fois comme élément social, apporte sous une forme utilisable à la société; cette fonction caractérise donc la vie sociale de l’individu à ce point de vue.

L’énergie organique totale socialement disponible pendant un temps quelconque 6 s’obtiendra en totalisant tous les termes individuels analogues aux précédents, et on aura :

les âges t et /' devant être pris pour chaque individu de manière à correspondre à l’intervalle 0.

On pourrait encore exprimer, sous une forme qui correspondrait mieux à celle que nous avons primitivement adoptée, l’énergie sociale totale disponible, à une époque quelconque, pendant l’unité de temps, en écrivant :

Es = U[E^-(E, + E^ + E^)],

Eç, Ep, Ep et Ep représentant la totalité des matériaux énergétiques consommés, fixés, rejetés et transformés en chaleur par la société pendant l’unité de temps et le coefficient U exprimant la moyenne générale, à l’époque considérée, des degrés d’utilisabilité sociale attachés à l’énergétisme des individus qui constituent la société.

La formule

O ^ (^F ~f~ Er )j

exprimerait la valeur du rendement social dans la mesure où il dépend des énergies organiques disponibles des individus.

Quelle que soit, d’ailleurs, celle de ces formes que l’on considère, on voit que les formules physio-énergétiques, d’où nous sommes partis, s’étendront, par INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE) 2

ÈNIiRdïiTIQUIi PIIYSIO- RT PSYCHO-SOCIOLOGIQUE

l’emploi du coefficient d’utilisabilité sociale, à l’homme vivant en société et à la société elle-même. 11 s’ensuit avec évidence que finalement l’éncrgétismc social disponible se trouvera rattaché à l’énergétisme des matériaux consommés et il importe de définir ici de manière bien précise ce qu’il faudra, au point de vue social, entendre par « matériaux consommés » et aussi par « énergétisme de ces matériaux ».

Pour les matériaux, nous les avons déjà définis ailleurs (i), lorsque nous avons désigné sous le nom de « production et consommation intégrales », l’ensemble de tout ce que l’homme social produit et consomme, cet ensemble se divisant en cinq grandes catégories, qui comprennent respectivement toutes les choses et objets — d’ordre matériel, immatériel et intellectuel — qui se rapportent à la nourriture, au vêtement, au logement, à la protection et enfin à l’instruction et à la récréation de l’homme social, chacune de ces catégories pouvant, à son tour, être subdivisée, en vue d’une classification des objets en quantité considérable qu’elle renferme.

Comme on le voit, nous avons étendu ici le sens du mot consommation, qui, pris dans son acception propre, sous-entend généralement la destruction, par usage qui en est fait, des objets consommés ; nous comprenons indistinctement dans la consommation intégrale toutes les choses dont l’homme social fait usage, alors même qu’elles subsistent intégralement après avoir été employées, ou alors même qu’elles n’ont pas d’existence matérielle et échappent par conséquent à toute usure.

Les matériaux consommés comprendront donc, à côté de choses purement matérielles et destructibles, telles que les substances alimentaires, des choses matérielles presque indestructibles, telles que des terres et des bâtiments, et des choses d’ordre purement sensoriel ou intellectuel, n’ayant même qu’une existence éphémère, telles qu’il en est parmi les productions de la science et de l’art.

Pour ce qui est de l’énergétisme de ces matériaux, il est hors de doute que la valeur énergétique des objets compris dans la première catégorie : les substances alimentaires, répond bien à la définition donnée au début de cette note, puisque les aliments fournissent à l’organisme les éléments chimiques indispensables aux réactions physiologiques aboutissant aux oxydations qui sont à la base même de la vie. Mais il ne semble pas, à première vue, qu’il soit possible d’attribuer aux objets compris dans les quatre autres catégories des valeurs énergétiques.

Nous allons voir pourtant qu’il doit en être ainsi, et il nous suffira pour

(i) Voir Note sur le Productivisme et le Comptahilisme, par E. Solvay, p. 38, igoo. Lamertin, Bruxelles.

ÈNKRGÈTI(2VE PIIYSIO- ET PSYCIIO-SOCIOLOG QUE

cela d’approfondir la notion de valeur physio-énergétique pour les substances alimentaires.

Nous avons vu précédemment qidun aliment quelconque, considéré en soi, possède, en raison de sa composition chimique, une valeur physio-éuergétique propre, que nous désignerons par e^, et qui représente le nombre total d’unités énergétiques que, par unité de poids, cet 3\\mç,x\i pourrait apporter à l’organisme. En fait, jamais cette énergie ne sera intégralement transformée par l’organisme, puisqu’une certaine quantité e^ de celle-ci se trouve, en général, attachée aux résidus de la consommation. Ce que cet élément apporte donc réellement, finalement, ejfeeUvemeut , à l’organisme considéré, c’est la différence (e^ — e^,) qui constitue ce que nous appellerons sa valeur physio-èuergétique ejfective. Et cette valeur effective variera du tout au tout avec les circonstances dans lesquelles s’opère la consommation et l’assimilation, pour la simple raison que si a une valeur fixe, l’énergie attachée aux résidus est susceptible de prendre des valeurs très différentes. Ce n’est que dans le cas théorique que nous avons visé précédemment d’un organisme normal fonctionnant dans des conditions également normales, que e^ prendrait aussi une valeur normale et que la différence {e^ — e^) se trouverait constante. Dans la réalité des faits, on sait, en effet, que telle substance ne sera pas assimilée, ou sera mal assimilée, par un organisme déterminé, si certaines conditions générales, physiques et physiologiques, ne sont pas simultanément réalisées; on sait aussi que telle substance n’intervient avec un réel effet utile dans les phénomènes organiques que si elle est accompagnée de certaines autres substances et ce dans des proportions plus ou moins déterminées. C’est ainsi notamment que l’alimentation de l’organisme humain réclame des quantités définies de matières albuminoïdes, d’hydrates de carbone, de graisse et de differents sels. Tous les éléments matériels constituant le corps doivent être représentés dans la nouriture : que l’un de ces facteurs vienne à manquer, les autres cessent de faire à l’organisme leur apport normal nécessaire et le rendement humain diminue en même temps que l’organisme dépérit.

L’énergétisme d’une substance au point de vue organique apparaît donc ainsi comme ayant une valeur toute relative, et l’on est dès lors amené tout naturellement à concevoir que l’on puisse, au point de vue organique, attribuer une valeur énergétique à un objet de la consommation intégrale, alors même que cet objet se trouverait complètemeut dépourvu de toute valeur physio-éuergétique propre, par ce seul fait que sa consommation a pour effet de permettre à l’organisme d’assimiler, ou tout au moins de mieux assimiler, certains matériaux dont l’assimilation serait nulle ou défectueuse sans l’intervention de ce facteur.

Cela ressort avec évidence si l’on remarque que la formule

Eu = Ec — (Er + E^)

ÈNEKGÉTKJÜE PJIYSIO- ET PSYCIIO SOCIOLOGIQUE

qui fixe rénergétisme utilisable d’un organisme, au point de vue physiologique, est en réalité de la forme

Eu = ^ l/c “ + ‘’t)\

cette somme comprenant autant de termes qu’il y a de facteurs énergétiques intervenant dans les phénomènes organiques. Les matériaux alimentaires doivent nécessairement y figurer avec les et les qui correspondent à leur consommation isolée, et si le résultat de l’intervention d’objets quelconques, même dépourvus de valeurs physio-énergétiques propres, ou même immatériels, est de produire une meilleure assimilation de certains de ces matériaux, ce qui se traduit mathématiquement par une diminution des valeurs énergétiques des résidus, tout se passera comme si chacun de ces objets introduisait dans la somme un terme positif de même nature que c’est-à-dire comme si ces objets avaient une valeur énergétique propre.

C’est évidemment là une façon en quelque sorte mathématique d’étendre la notion de l’énergétisme, mais elle n’en est pas moins parfaitement justifiée dans la réalité des faits.

L’importance fonctionnelle des matériaux alimentaires est à coup sûr prépondérante : alors qu’il est possible d’imaginer que, dans des circonstances exceptionnelles plus ou moins hypothétiques, un homme puisse vivre sans avoir besoin de se vêtir, de se loger, de se protéger, de s’instruire ou de se recréer, il faut toujours qu’il se nourrisse, qu’il consomme des aliments, c’està-dire qu’il brûle, qu’il oxyde des matériaux énergétiques; il n’en est pas moins vrai toutefois qu’à certains moments de la vie, fût-ce pour des causes d’ordre purement imaginatif on morat, un objet de seconde nécessité relatif au vêtement, au logement, à la protection ou à la récréation de l’homme peut — et les exemples en sont fréquents — se trouver aussi indispensable ou même plus indispensable qu’un aliment pour assurer le maintien normal des réactions vitales. On voit donc que de tels objets, tout en n’introduisant pas dans l’organisme de l’énergie d’origine chimique, augmentant pourtant sa valeur physio-énergétique disponible; si, directemeiit, ils n’apportent rien aux sources chimiques de la vie, ils améliorent, ils prolongent, et, dans certains cas, ils vont jusqu’à permettre l’existence de l’organisme humain qui périrait sans leur intervention. Comment, dès lors, ne pas leur reconnaître une valeur physioénergétique exprimable de tous points comme celle des matériaux alimentaires ! Comment faire abstraction de cette valeur si l’on veut synthétiser et condenser en formules les phénomènes de la vie individuelle et sociale!

A côté des facteurs énergétiques directs qui composent la première catégorie des objets de la consommation intégrale, nous devons donc faire intervenir les

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