ÉNERGÉTIQUE PJIYSIO- ET PSYCHO-SOCIOLOGIQUE
facteurs énergétiques indirects, constitués par les objets des autres catégories, focteurs dont l’énergétisme s’exprimera, dans nos formules, au moyen des mêmes unités que l’énergétisme des aliments.
11 s’ensuit que notre principe général d’évaluation physio-énergétique ne saurait se trouver en défaut et qu’il s’appliquera indistinctement à tous les objets de la consommation intégrale, précisant leur part d’intervention dans l’énergétisme individuel et social, montrant leur influence finale sur les rendements énergétiques.
C’est ainsi que nos formules rendront compte même des abus que, sous forme d’exagération, d’excès ou de contre-utilisation, l’homme social peut faire de certains objets de la consommation intégrale, puisque ces abus se ramènent toujours essentiellement tà une consommation anormale de. matériaux énergétiques.
11 va de soi que l’homme normal, conforme à la définition que nous avons donnée précédemment de l’organisme normal, qui, idéalement sain et sage, vivrait au sein d’une société normalement organisée, ne se laisserait pas aller à ces abus. L’homme vivant dans un état social imparfait le fait cependant, mais simplement, parce que son organisme s’écarte pathologiquement, parfois même antisocialement, de sa direction théorique, pour des causes qui peuvent être propres à son organisme ou qui peuvent dépendre du milieu social.
Nos formules montrent clairement que toute consommation anormale aboutit nécessairement à une modification des rendements physio-énergétiques de l’homme. Que cette consommation anormale soit pathologiquement due à l’abus de facteurs énergétiques, conduisant au surmenage et pouvant amener la destruction partielle ou totale de l’organisme; qu’elle résulte de la privation ou de l’insuffisance des éléments qui sont indispensables à la vie dans le milieu social ; qu’elle provienne de l’usage de substances dont on escompte à tort ou cà raison l’action énergétique sur l’organisme et qui augmentent ou diminuent, momentanément, ficticement, anormalement la puissance physique ou intellectuelle; qu’elle soit occasionnée par l’emploi de substances qui, en modifiant l’état de santé ou de maladie, aient pour effet de diminuer ou de prolonger la durée normale de la vie; qu’elle soit due a toute autre raison, peu importe; on conçoit — tout au moins au point de vue théorique, qui est le seul auquel nous examinions la question dans la présente note — la possibilité d’évaluer la valeur physio-énergétique des facteurs qui interviennent ainsi anormalement dans les phénomènes de l’organisme. L’intervention de ces* facteurs se traduira donc par l’introduction pure et simple de termes positifs ou négatifs dans les formules exprimant la valeur physio-énergétique et le rendement de l’individu qui commet l’abus.
D’autre part, le coefficient d’ntilisabilité sociale et par conséquent la fraction
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de la physio-éncrgic de l’individu disponible au point de vue social se trouveront en général modifiés en raison même de la consommation anormale elTectuée.
11 s’ensuit donc que les formules sommatoires relatives à la société se trouveront directement et immédiatement influencées par toute consommation anonuale, quelle qu’elle soit, en raison même de la modification qu’y subit le terme propre à l’individu qui commet l’abus.
Bien plus, dans le cas où la consommation anormale se trouve être abusive, elle peut influer doublement sur les formules sociales : l’abus se répercutera encore dans les formules par le fait des variations que subiront par contre-coup les termes propres à d’autres individus du milieu social. En effet, la production intégrale n’est pas indéfinie, mais limitée; elle apparaît d’une façon générale comme étant certainement plutôt inférieure que supérieure aux nécessités sociales, et l’on conçoit que toute consommation abusive de matériaux à énergétisme direct ou indirect, effectuée par certains individus en raison d’un état de fortune qui le leur permet, puisse, dans certaines conditions, être accompagnée de privations, c’est-à-dire d’une consommation insuffisante ou inférieure à la valeur normale, pour d’autres individus non privilégiés sous le rapport de la fortune. Ces privations se traduiront par une diminution corrélative du rendement phvsio-énergétique et du coeftîcient d’utilisabilité sociale propres à ces individus, et conséquemment l’abus viendra se répercuter à nouveau dans les formules sociales.
On constate donc que toute consommation excessive peut réagir doublement sur le rendement social général, puisque la mise en jeu à’ènerffètisnie excessif par certains individus peut s’accompagner de la mise en jeu d’éiiergétisnie privatif pour d’autres. Le caractère antisocial de la consommation abusive et excessive se trouve ainsi nettement mis en lumière.
Remarquons pourtant que ce caractère antisocial n’est pas indissolublement lié à l’abus lui-même. 11 peut disparaître, en effet, si l’influence de l’abus se trouve contrebalancée au point de vue énergétique par le fait qu’il est commis par des hommes capables d’apporter à la production intégrale, c’est-à-dire à l’énergétisme social, une quote-part supérieure à la moyenne et si la consommation abusive semble indispensable pour maintenir leur apport individuel à son niveau constant : l’abus, toujours nuisible en soi au rendement social, n’est ainsi vraiment antisocial que lorsqu’il est commis par des individus incapables d’apporter leur quote-part à la production intégrale.
En résumé, nous pensons avoir montré que tous les facteurs qui interviennent directement ou indirectement dans les phénomènes organiques relatifs à l’homme vivant en société, ont une zv7/c//r />/n’.s7‘(9-c//crç'c/f///c susceptible d’être évaluée au moven d’une même unité : Vn iié physio-énergétiq/ie, qui se confondra
JiNERirETKJUE PIIYSIO- ET PSYCJIO-SOCIOLOGKJ l/E
cllc-mêmc avec une des unités physico-mécaniques d’énergie couramment employées : le kilogrammètre, le joule, la calorie ou toute autre de même espèce. Nos formules organiques ressortent donc bien comire susceptibles d’application générale.
11 nous reste à généraliser encore et à montrer que nos formules pourront être étendues de manière à tenir compte des phénomènes d’ordre intellectuel que nous avons systématiquement laissés dans l’ombre jusqu’ici. Nous n’avons introduit explicitement dans nos formules aucun terme se rapportant à ce que l’on désigne généralement sous le nom de « travail cérébral » ou de « travail intellectuel », désignation d’ailleurs vague et qui comprend en somme tout ce que l’on peut sous-entendre dans l’appellation plus générale de « phénomènes de cérébration ». Notre avis est que ces phénomènes, considérés en eux-mênies, ne peuvent normalement trouver aucune représentation dans l’oxydation qui est à la base des phénomènes organiques, c’est-à-dire qu’ils ne correspondent à aucune mise en jeu spécifique d’énergie, en laquelle ils puissent trouver un équivalent permettant de les faire figurer directement dans les formules organiques susdites. Nous considérons, en effet, — et nous avons déjà eu l’occasion d’exposer sommairement cette manière de voir (i) — ces phénomènes comme ne faisant que traduire des états différents de la distribution générale de l’énergie neuro-niusculaire au sein de l’organisme, états de distribution pouvant varier continûment et à l’infini sous l’influence d’excitations soit extérieures, soit auto-provoquées par l’organisme lui-même, sans que le quantum de l’énergie organique en jeu soit nécessairement modifié. Suivant nous, chaque idée serait ainsi Vétat momentané de distribution de l’énergie neuro-musculaire , état provenant d’excitations anciennes renouvelées et combinées entre elles ou avec de nouvelles excitations extérieures ou internes, et ce que l’on appelle le travail cérébral ou intellectuel consisterait essentiellement en un enchaînement, une succession continue de ces états généraux de répartition. Le travail cérébral ne saurait donc être mesuré par des variations d’un quantum déterminé d’énergie. Quant aux manifestations organiques auxquelles les actes de cérébration se trouvent inséparablement associés, elles devraient être rattachées finalement aux phénomènes calorifiques qui accompagnent les variations du tonus musculaire, quoiqu’elles affectent épisodiquement les formes mécanique et électrique. Elles correspondraient, en général, au régime d’oxydation qui
(i) Du rôle de Vélectricité dans les phénomènes de la vie animale, chap. V, pp. 52 et suiv, Bruxelles, Hayez, 1894.
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s'établit dans l'organisme sous l’innucncc de l’ensemble des excitations externes ou internes, et les phénomènes de cérébration provoqués par ces excitations ne pourraient, en eiix-niênies, donner lieu à aucun surcroît d’oxydation. Les surcroîts d’oxydation qui se produisent conconiifaitiment aux travaux cérébraux ne peuvent donc servir à les mesurer, des travaux de valeur très inégale pouvant d’ailleurs être liés au même surcroît d’oxydation : un travail cérébral donné n’a, par conséquent, aucun équivalent énergétique fixe qui lui soit assignable et qui puisse le caractériser.
Dans ces conditions, il va de soi que les phénomènes de cérébration ne pouvaient être directement représentés jusqu’ici dans des formules organiques où nous n’avons fait intervenir que la physio-énergie propre des individus.
L’action sociale, essentiellement énergétique, de ces phénomènes, qu’il convient de placer au tout premier rang des facteurs sociologiques, est pourtant certaine, et ils doivent avoir, de toute nécessité, une représentation effective dans les formules énergétiques que nous cherchons à construire.
Cette représentation est possible, comme nous allons le voir, mais indirectement, et c’est, en réalité, par les effets qu’ils produisent, et non par les dégagements d’énergie concomitante, que les phénomènes cérébraux peuvent se mesurer.
On peut dire d’une manière générale que, envisagé au point de vue individuel, l’exercice normal de l’effort cérébral, quelle que soit sa direction, aboutit, en dernière analyse, à protéger l’individu contre les causes de destruction d’ordre physique ou moral. Nous disons exercice normal, car il se produit évidemment chez l’homme anormal, dans l’exercice des phénomènes de cérébration, des renversements, de tous points analogues aux abus que nous avons eu l’occasion de noter dans sa consommation de matériaux énergétiques, et qui sont exprimables également, comme on le verra, par des termes négatifs dans nos formules. Considéré au point de vue social, l’exercice normal de l’effort cérébral tend à accroître le pouvoir de l’homme collectif sur la nature. L’histoire de la science prouve qu’il est impossible de considérer comme inutiles les efforts les plus abstraits, pourvu qu’ils soient logiquement coordonnés. Même les constructions cérébrales les plus artificielles, comme les religions et les métaphysiques, qui, dans l’évolution, précèdent nécessairement l’avènement de la science positive et sont appelées à être éliminées par celle-ci, tendent généralement à une morale et souvent à une hygiène qui se sont efforcées de procurer à l’humanité de meilleurs rendements sociaux. L’effort cérébral, en somme, tend à une meilleure utilisation sociale des énergies naturelles ou humaines disponibles et par suite — et c’est là sa vraie caractéristique — à une augmentation du rendement énergétique social. Si l’on admet cette manière de voir, le fait de l’augmentation même du rendement social fait ressortir avec clarté la possibilité
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d’attribuer au travail cérébral une valeur exprimable en unités physio-énergétiques. On peut, en effet, constater d’une façon en quelque sorte mathématique que — ainsi que cela a lieu pour ce qui concerne les facteurs énergétiques indirects — tout se passe comme si l’intervention de l’effort cérébral dans les phénomènes sociaux introduisait purement et simplement dans les formules du rendement social des termes correspondant à des valeurs physio-énergétiques réelles.
Cela est évident, si l’on considère le cas d’un effort intellectuel ayant abouti à une invention dans le domaine des arts mécaniques, par exemple. Toute invention de cette nature conduit, en général, à une augmentation, directe ou indirecte, du rendement social; autrement dit, elle permet d’obtenir d’une même énergie organique consommée un travail utilisable plus grand. C’est ainsi que la mise en jeu d’un engin permettant de réaliser, en un temps donné et avec le concours d’un seul homme, tel travail ayant exigé jusqu’alors l’intervention d’un plus grand nombre de bras, économise évidemment, en fait, un travail physio-énergétique organique utile qui est représenté exactement par la videur physio-énergétique utilisable des hommes dispensés de l’exécution de ce travail; elle augmente donc le rendement social tout comme si elle introduisait gratuitement dans les formules cette même valeur physio-énergétique; par conséquent, cette valeur pourra logiquement servir à caractériser et à mesurer l’influence énergétique sociale de l’acte de cérébration ayant conduit à l’invention. Et, de façon tout à fait générale, quelles que soient les formes sous lesquelles les manifestations de l’activité cérébrale interviennent dans les phénomènes, il sera toujours possible de les ramener, plus ou moins directement, à ce système d'estimation : une valeur physio-énergétique pourra leur être attribuée.
11 importe d’ailleurs de remarquer, à ce propos, que les valeurs physioénergétiques indirectes, attachées à des objets de la consommation intégrale, tels que les productions de la Science et de l’Art, pour ne citer que les plus caractéristiques, sont liées intimement, au fond, aux phénomènes cérébraux qui ont présidé à la genèse de ces objets chez les producteurs comme aux états cérébraux qu’ils évoquent chez les consommateurs. C’est par l’intermédiaire de phénomènes cérébraux, tels que ceux qui accompagnent l’audition d’un air de musique, par exemple, que ces objets provoquent, au sein des organismes, des excitations qui conduisent, non seulement aux modifications de l’oxydation organique qui nous ont servi à définir leur valeur physio-énergétique, mais encore à de meilleures utilisations de l’énergie disponible, à de meilleurs rendements. Ces objets, agissant comme des excitants, augmentent relativement Ejj , diminuant d’autant E^ dans l’énergie totale E^^ : tout se passe comme s’ils augmentaient E^^ ou E^.
INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE) 3
ÈNEKGÈTKJUJi PHYSIO- HT PSYCIIO-SOCIOLOGKJUH
On voit donc que les phénomènes de cérébration, de même que les facteurs énergétiques indirects, tout en ne trouvant pas leur équivalent au sein même de l’organisme qui les produit, peuvent pourtant provoquer dans cet organisme, et ultérieurement dans d’autres organismes, les modifications de rendement qui permettent de les mesurer.
Voyons maintenant comment on peut introduire dans les formules sociologiques le travail cérébral.
Jusqu’ici nous n’avons considéré que le frniie pbysio-é/iergéticjiie le moins intéressant à coup sûr au point de vue social.
Pour déterminer le ternie psyebo-énergètiqiie, nous allons utiliser, en le précisant, ce fait, dont nous venons d’établir la généralité, que l’exercice de l’intelligence se traduit par des économies d’effort dans l’unité de temps.
Si nous reprenons la formule
nous voyons que, pour iin certain résultat bien défini à obtenir, l’être intelligent diminue et par là même E^, car E^^ ne varie pas sensiblement. Si on désigne par Ey, l’énergie dépensée pour effectuer un travail donné par un être dénué d’intelligence et par E^^, , l’énergie dépensée dans le même but par un être intelligent, l’économie (E^j — ^uo)’ déterminée que par com-
paraison, mesure la capacité inteltectnelte C de l’être intelligent dans ces conditions, et l’on a
c = Eu, — Eu„.
Chez l’être inintelligent, C = o; chez l’être intelligent, C prend, entre deux limites, des valeurs, variable suivant la nature des opérations, et ce qui caractérise cet être intelligent, c’est un C total représentant, pour des opérations bien définies, des unités physio-énergétiques épargnées. C se décompose, à notre avis, comme toute puissance énergétique, en deux facteurs, dont l’un A exprime ce que nous appellerions la force cérébrale de l’individu, liée au degre d'activité de l’ensemble des couples de neurones, c’est-à-dire au nombre de leurs contacts réciproques dans l’unité de temps, et l’autre S figure le degré d’appropriation de l’organe à la mise en jeu de ces contacts, lié au nombre des neurones actifs et présentant l’équivalent d’une section effivace. Ces deux éléments de la capacité cérébrale, C = AS, ne sont évidemment pas directement mesurables. Il appartient à l’histo-physiologie de démontrer que ces deux termes sont les
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facteurs nécessaires et suffisants de la capacité, et ce serait un important problème de la psycho-physiologie que de chercher à instituer des expériences capables de rattacher, pour un individu donné, ces éléments inaccessibles à d’autres nombres psycho-physiquement mesurables, comme les nombres d’idées successives possibles, par unité de temps, sur un sujet bien déterminé, etc.
Chez l’être intelligent, tout se passe donc comme si, du fait de l’intelligence, il y avait, pour un même et par unité de temps d’applications de la capacité intellectuelle, un gain réel d’énergie utilisable E'.
Ce gain peut rester potentiel; il peut être absorbé complètement par l’individu au profit de sa consommation personnelle, auquel cas l’intervention des phénomènes de cérébration influe purement et simplement sur le terme organique //E^ de la formule; il peut, en tout ou en partie, être employé dans des buts inutiles, voire même nuisibles à la société, ou bien, et c’est le cas le plus général, une partie de ce gain peut être utilisée socialement. 11 faut donc introduire dans la psycho-énergie comme dans la physio-énergie et pour les mêmes raisons, un coefficient d’utilisabilité sociale //' qui peut avoir une valeur nulle, positive ou négative plus petite que i. Et les termes affectés des valeurs négatives de ce coefficient embrasseront non seulement les efforts cérébraux tels que ceux absorbés par l’éducation, mais encore les énergies soustraites à la collectivité par les abus intellectuels et les contre-utilisations de toutes sortes. La psycho-énergie, socialement utilisée, sera donc représentée par si l’on
considère l’unité de temps, et par si on considère une durée d’application
T de la capacité intellectuelle.
Mais ce terme n’épuise pas la valeur énergétique sociale du travail cérébral. De même que l’exercice normal de la capacité intellectuelle productive épargne des unités physio-énergétiques à l’individu et, dans une certaine mesure marquée par //', à la société, et qu’elle tend ainsi à lui faire personnellement produire davantage pour une même énergie consommée, en général, les inventions et les idées épargnent en elles-mêmes, indépendamment de l’individu, des unités énergétiques à l’humanité; il entre donc dans l’énergie totale socialement utilisable E, de l’individu, en outre des termes //E^ et ?fE^, un terme E", que l’on pourrait appeler Xidèo-ènergie , représentant le gain social d’unités énergétiques réalisé par unité de temps, eu dehors de l’individu, par le fait de sa capacité productive. Ce gain social, qui pourra être positif ou négatif, sera réalisé aussi longtemps que l’activité cérébrale dont il provient porte ses fruits, c’est-à-dire pendant un temps S pouvant dépasser de beaucoup la vie de l’individu.
On a donc pour E,, en unités de puissance :
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Il s’ensuit que, dans les formules fixant les valeurs physio- et psycho-énergétiques totales de la société, et qu’il est facile de calquer sur les formules physioénergétiques simples données précédemment (i), chaque homme interviendra non seulement en raison de sa valeur physio-énergétique E^, mais encore en raison des valeurs psycho-énergétiques individuelle et sociale E' et E", qui résultent de sa capacilè intellectuelle proeiuclive. Ces valeurs E' et E^, comme la valeur physio-énergétique E^, très différentes suivant les individus, seront, ainsi que le coefficient d’utilisabilité sociale //', évidemment soumises à des variations incessantes pendant la durée de la vie de l’individu et qui pourront se prolonger bien au delà de celle-ci en ce qui concerne l’idéo-énergie.
On voit l’importance extrême qui doit être attachée à ce terme E" qui marque, en réalité, l’importance sociale des résultats du travail cérébral. Il apparaît comme devant jouer dans nos formules un rôle infiniment plus étendu que celui des termes //E^ et //'E' relatifs à la physio-énergie et à la psychoénergie propres à l’individu. Ces derniers, en effet, sont indissolublement liés à l’existence de l’individu et ils s’évanouissent nécessairement au moment où s’éteignent les réactions organiques. Tout autres, bien plus étendues et bien plus durables, apparaissent les variations que peuvent subir les valeurs idéoénergéîiques E"^ Elles émanent de l’individu, mais ne s’y confinent pas; elles ne sont pas seulement des fonctions de son âge, mais des fonctions du temps indéfini; comme telles, leur -influence dans les formules sociales peut s’exercer pendant une durée illimitée et elles peuvent prolonger indéfiniment, dans le temps et dans l’espace, l’action sociale de l’individu qui leur a donné naissance. C’est ainsi que le terme E^ qui au fond mesure le degré productiviste de l’œuvre d’un homme, subira les variations les plus étendues; alors qu’il peut être nul pendant sa vie même, si l’œuvre produite reste méconnue ou incomprise par ses contemporains, il évolue à travers les siècles et peut s’accroître indéfiniment en raison de tous les développements et de toutes les conséquences qu’il provoque et qui viennent s’y ajouter. Une pensée initiale féconde apparaît comme provoquant dans l’humanité, à travers les âges, des excitations cérébrales nouvelles productrices d’idées nouvelles et de progrès nouveaux, qui accroissent indéfiniment la valeur sociale utilisable de l’idée première. Ce n’est qu’au moment où la machine à vapeur, ayant réalisé ses ultimes perfectionnements, sera détrônéee définitivement, que l’idée géniale de Watt pourra être considérée comme ayant porté tous ses fruits et que la totalisation définitive de sa valeur idéo-énergétique E" pourra être effectuée.
(i) Voir 8.
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En résumé, alors que les facteurs E^ et //' doivent être considérés, ainsi que cela a été fait pour E^ et // (i), comme des fonctions de Eage de l’individu, E^ prend le caractère d'une fonction plus étendue du temps, et, par suite, dans la formule :
Eff = J//E// + + J'e;^/
qui permettrait de totaliser la valeur énergétique d’un individu, les deux premiers termes devront être intégrés entre les limites o et T, T étant la durée totale de sa vie et le troisième entre les limites o et l'infini.
Les formules énergétiques sociales complètes dériveront par simple sommation de formules individuelles semblables à la précédente, la sommation s’effectuant, ainsi que nous l’avons indiqué pour la physio-énergie (2).
11 n’entre pas dans le cadre de cette étude d’examiner en détail la question des méthodes qui seront à utiliser ou à créer pour arriver à l’évaluation des valeurs physio- et psycho-énergétiques, individuelles ou sociales que nous venons de définir. 11 est visible, notamment, que la détermination des différents termes de notre formule implique tout l’ensemble des recherches sociologiques proprement dites : c’est l’étude, au point de vue énergétique, de la genèse et du mode d’action des facteurs sociaux dans le temps et dans l’espace, qui permettra de préciser les relations des organismes individuels avec le milieu social et d’arriver à des évaluations numériques précises. Nous n’avons d’autre but que d’indiquer les grandes lignes du côté purement théorique de la question, et nous pensons l’avoir atteint, en prouvant l’existence des valeurs physio- et psycho-énergétiques et en montrant qu’elles permettent de construire les formules énergétiques relatives à la société. Nous pensons avoir établi, assez clairement pour qu’il soit inutile d’insister, l’importance qui doit être attachée à ces points de vue nouveaux dans l’étude vraiment positive des phénomènes sociologiques.
Sans vouloir pénétrer ici dans le domaine économique, il convient pourtant de se demander s’il n’existe aucune relation entre les valeurs physio-énergétiques
(1) Voir page 8.
(2) Voir page 9.