‹ Note sur des formules l'introduction à l'energétique physio- et psycho-sociologiqueChapitre 5 sur 5 · ÉNERGÉTIQUE PIIYSIO- ET PSYCHO-SOCIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉNERGÉTIQUE PIIYSIO- ET PSYCHO-SOCIOLOGIQUE

des objets de la consommation intégrale, telles que nous les avons définies, et les valeurs transactionnistes. les seules qui caractérisent à l’heure actuelle ces mêmes objets.

Kn effet, tous les facteurs énergétiques s’évaluent aujourd’hui exclusivement au moyen dC unités transactionnistes (i), unités monétaires dont nos travaux antérieurs font prévoir déjà l’évolution en unités comptabilistes, et nous avons eu l’occasion de montrer ailleurs que le nombre de ces unités attaché à un objet quelconque, c’est-à-dire \2. valeur transactionniste de l’objet, dépend généralement de l’offre et de la demande qui en est faite.

Si l’on va au fond des choses, il faut bien reconnaître pourtant qu’il ne peut évidemment s’attacher aux objets d’autre « valeur » réelle, fondamentale, que celle qui résulte de leur nécessité physio-énergétique finale, quelque indirecte d’ailleurs qu’apparaisse cette nécessité quand il s’agit, par exemple, d’objets relatifs à la récréation de l’homme. En effet, la seule chose que l’on puisse réellement payer en acquérant un objet de consommation, ce sont les calories, c’est le travail physiologique d’oxydation, qu’il apportera directement ou indirectement, normalement ou abusivement, à l’organisme : c’est l’accroissement de rendement en énergie utilisable; et il apparaît comme impossible de « payer » autre chose. C’est donc cette valeur physio-énergétique qui, au fond, implicitement ou explicitement, règle l’offre et la demande.

Et, à ce point de vue, les valeurs transactionnistes devraient, semble-t-il, être de simples représentations de la valeur énergétique des choses et, par conséquent, il devrait exister en principe un équivalent physio-énergétique de la valeur transactionniste des choses.

En fait, aucune concordance n’est possible actuellement, tant à raison de l’imperfection de nos connaissances que de l’écart qui nous sépare de l’état normal et de la parfaite appropriation du milieu; l’on ne saurait donc passer de l’un des systèmes de valeurs à l’autre sans recourir à l’emploi de coefficients de correction qui varieraient, au surplus, suivant le lieu, l’époque et les circonstances.

A notre point de vue, ce qu’il importe de constater, c’est que, sur ce terrain encore, la physio-énergie et la psycho-énergie, par les variations de rendement qui mesurent les phénomènes de plaisir et de peine, apparaissent comme les facteurs irréductibles et essentiels qui se trouvent à la base des phénomènes de l’économie sociale.

(i) Voir Notes sur le Productivisme et la Comptahilisme, chap. I, pp. 2 et suiv.

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Un grand fait, que nous considérons comme absolument général, dont nous aurons l’occasion de rechercher ailleurs les raisons physiques, mais dont il nous paraîtrait important de poursuivre, en attendant, les vérifications numériques précises, domine, à notre avis, tous les phénomènes organiques et sociaux : c’est la tendance des organismes normaux et des sociétés normales vers le rendement énergétique maximum.

Et pour terminer cet exposé de principes généraux, il nous reste à faire voir que la conception énergétique de la société et le système de formules mathématiques qui en dérive, permettent d’indiquer avec netteté les voies dans lesquelles il faudra s’engager pour s’approcher de ce rendement maximum et par là même réaliser quelque progrès dans le domaine économique et social.

Dès à présent, il ressort avec évidence de ces formules que c’est par l’amélioration des rendements physio- et psycho-énergétiques de l’homme moyen que l’amélioration du rendement social pourra et devra être réalisée.

L’organisme humain naît, se développe, vit dans un milieu qui lui est imposé; son existence s’y trouve soumise à des conditions générales inéluctables, plus ou moins favorables, qui tiennent à la situation géographique, aux richesses naturelles du sol et du sous-sol, au climat du milieu considéré. C’est, en premier lieu, de l’amélioration, c’est-à-dire d’une meilleure appropriation de ce milieu au profit de tous et d’une utilisation meilleure de ses matériaux, que dépendra l’augmentation du rendement physio-énergétique de l’homme moyen. Mais il faudra également faire en sorte que les énergies individuelles, intellectuelles et morales des hommes composant le milieu social soient utilisées de plus en plus complètement au point de vue collectif. Pour que le rendement social tende effectivement vers sa valeur maximum, il faut, en effet, que les coefficients d’utilisabilité u et //' de la physio- et de la psycho-énergie individuelles prennent des valeurs positives de plus en plus voisines de l’unité et que les facteurs E^ et E', exprimant les énergies individuelles utilisables, de même que les termes E^, exprimant l’idéo-énergie positive des idées, soient le plus grand possible. Sans cesse il faut donc améliorer le milieu social, et pour cela il faut améliorer l’homme moyen au double point de vue de son développement physique et de sa capacité intellectuelle. Et, à notre avis, pour atteindre ce résultat, il est moins nécessaire de rejeter les principes d’action fondamentaux qui régissent les sociétés humaines les plus civilisées que de perfectionner, aussi complètement que possible, l’application qui en est faite aujourd’hui. 11 est essentiel surtout de ne pas perdre de vue que toute mesure qui aurait pour effet direct ou indirect de diminuer la valeur de la production intégrale existante n’atteindrait pas le but et aurait, au contraire, pour conséquence certaine, de diminuer le rendement social au lieu de l’augmenter.

Toute mesure de perfectionnement ou de redressement social devant favoriser

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la tendance au rendement maximum, ce seraient logiquement le physiosociologLie et le psycho-sociologue qui devraient indiquer au législateur la mesure dans laquelle ce redressement devrait être effectué pour augmenter, sans danger de régression, le rendement énergétique social.

C’est de longue date que nous avons cette conviction sur la prépondérance de rénergétisme dans les phénomènes sociaux, et c’est cette conviction qui nous a conduit antérieurement à indiquer, dans le sens des voies d’application — rénergétisme étant le principe scientifique du productivisme (i) — le chômagecapacitariai , la libre socialisation , Y impôt unique successoral et réitéré, et, en ordre subsidiaire, le comptabilisme (2), comme devant constituer les points essentiels que doit embrasser tout programme de perfectionnement social. Si l’on veut bien se reporter à la définition que nous en avons donnée ailleurs, on constatera que l’orientation vers ces buts, en même temps qu’elle serait le plus sûr moyen de prévenir les bouleversements économiques, permettrait d’approcher, en un minimum de temps et sans nuire à la production intégrale existante, de Yégatité sociale du point de départ (3), qui apparaît comme réalisant la forme supérieure et définitive du progrès social.

C’est sur l’énergétisme que reposera le droit futur. Au sein des sociétés humaines, c’est dans l’énergétisme que l’encouragement ou la répression, la soumission ou la révolte, la paix ou la guerre, la liberté ou la réglementation trouveront la raison de leur légitimité; de même, dans l’humanité, fénergétisme qui représente la vitalité productive d’une nation, déterminera sa part légitime d’influence mondiale.

Un état social où le rendement normal serait atteint peut au moins se concevoir possible et même réalisable dans une certaine mesure : cela suppose simplement l’avènement d’une humanité normale. Des hommes idéalement sains et sages n’accompliraient évidemment alors que l’effort strictement nécessaire au maintien du rendement normal de leur organisme normal, et une fraction minima de leur énergie serait intégralement utilisée au point de vue social. Mais cet état normal n’entraîne pas la suppression de tout écart entre les valeurs énergétiques et les valeurs transactionnistes ; pour la suppression totale de cet écart, il faudrait que l’humanité réalisât son absolue souveraineté sur le milieu

(1) Voir Notes sur le Productivisme et le Comptabilisme, chap. VI. Le Productivisme social, pp. 65 et suivantes.

(2) Loc. cit. Voir notamment chap. XII, pp. i35 et suivantes.

(3) Lee. cit. Voir pp. 71 et 80.

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ambiant et, par ia parfaite domestication des énergies cosmiques, la substitution parfaite de ces énergies à sa propre énergie. Dans ce cas limite, réduit à des efforts négligeables de déclenchements, atteindrait pour chaque individu sa valeur minima. Dans cet état idéal, la production et la consommation intégrales s'équivaudraient exactement; l'offre et la demande se trouveraient en rapport exact avec les nécessités normales de la vie collective; le « bénéfice » prélevé sur les transactions par les producteurs ou les intermédiaires aurait disparu, n'ayant plus de raison d'être, et, par suite, les valeurs économiques et physioénergétiques de tous les objets de la consommation intégrale concorderaient parfaitement entre elles. Les coefficients de correction, dont nous parlions tantôt, s'élimineraient par cela même que les facteurs secondaires perturbant l'équivalence théorique de ces valeurs auraient été progressivement éliminés.

C'est cet état social parfait qui peut être considéré comme un idéal pour le progrès de l’humanité, quelle que soit d'ailleurs l'opinion que l'on ait sur la mesure dans laquelle on pourra s'en approcher.

Pour conclure, nous résumerons l’idée fondamentale que nous avons voulu renfermer dans ces pages en disant que les phénomènes physio- et psychoénergétiques, qui sont à la base de la vie et qui en sont la raison d'être, sont aussi à la base des groupements sociaux. Chaque groupe humain particulier, l'espèce humaine tout entière, doivent être considérés comme une réaction chimique organisée qui se continue et tend à se développer sans cesse, suivant sa loi inéluctable, malgré les obstacles de tous ordres et l’intervention de facteurs intellectuels toujours nouveaux.

Si l'on veut édifier une sociologie positive, on doit considérer avant tout l’énergie mise en jeu dans l’oxydation vitale; la physio-énergie et la psychoénergie doivent être évaluées par rapport aux diverses variables dont elles dépendent, et ces déterminations doivent être complétées par la mesure de la socio-énergie, qui représente les portions de ces énergies socialement utilisables et comprend, en outre, l’idéo-énergie : ces trois termes sommatoires énergétiques devant être intégrés aux différents moments de leur évolution dans l’espace et dans le temps.

L'énergétique domine la science moderne. Depuis que l’unification des différentes formes sous lesquelles l’énergie apparaît dans les phénomènes de l’univers a été opérée, on peut dire que l’énergétisme a en principe englobé dans son domaine toutes les sciences de la nature. Il n’est pas une action dans l'univers que l’on ne conçoive comme devant recevoir, un jour prochain, son

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cvalunlion énergétique, directe ou indirecte. Et les tentatives que nous faisons pour orienter la physiologie et la sociologie dans cette direction ne sont, en somme, que la conséquence logique des indications qui résultent de l’examen du mouvement scientifique moderne, pris dans ses grandes lignes d’ensemble.

Nous avons tenu à formuler ces conclusions au moment même où l’Institut de Sociologie se trouve réalisé sous la forme définitive que nous avions en vue. En montrant ainsi les liens étroits qui, dans notre manière de voir, unissent les phénomènes sociologiques aux phénomènes biologiques dont ils dérivent immédiatement et qui eux-mêmes prennent leurs racines dans l’énergie universelle, nous pensons avoir montré combien les recherches que nous avons indiquées comme devant être poursuivies en ordre principal par l’Institut de Sociologie se rattachent directement et intimement à celles qui sont en cours à l’Institut de Physiologie, édifié précédemment. Et, sans porter préjudice aux travaux scientifiques d’ordre général qui figurent à leurs programmes, l’œuvre commune à accomplir plus spécialement par ces deux instituts apparaît comme devant être de réaliser, sur le terrain de la science positive, une même idée : rattacher au domaine de l’énergétisme universel, c’est-à-dire réduire aux actions physico-chimiques fondamentales, à l’aide de quelques principes que nous croyons avoir précisés, l’ensemble des phénomènes biologiques et sociologiques.

Nous avons la ferme confiance qu’un avenir prochain démontrera qu’une telle recherche n’a rien de chimérique.

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