‹ Note Sur Des Plantes Méridionales Observées Aux Environs De ParisChapitre 1 sur 5 · SÉANCE DU 10 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 10 NOVEMBRE

espérer revoir avec plaisir nos bois abattus et uos campagnes bouleversées par la guerre.

Quacumque ingreditur, florentia proteritarva Exuritque herbas.

Le printemps, qui sonne chaque année le réveil des botanistes, présentait cette fois des contrastes bien amers. C’était au moment où la nature guérissait ses plaies que nous élargissions les nôtres. Pendant qu’elle se revêtait de charme et d’harmonie, il fallait fuir sa maison et laisser l’herbier aux hasards de la guerre et de l’incendie.

Quand ces sombres jours furent passés, les préoccupations matérielles absorbèrent l’activité de chacun de nous et la botanique avait grande chance d’être renvoyée h des temps moins rudes. Mais le phénomène végétal dont nous avons à entretenir la Société était trop général et trop remarquable pour ne pas s’imposer à l’inattention même, et, quand le hasard eut fait cueillir à l’un de nous le Medicago Soleirolii dans les ruines du parc de Neuilly, à l’autre le Lathyrus Ochrus à la lisière du bois de Meudon, les observations se multiplièrent, un intérêt croissant s’y attacha, et nous nous donnâmes pour but d’établir la Florule des deux sièges de Paris (Florula obsidionalis ), c’est-àdire la liste des plantes introduites à Paris et dans ses environs immédiats par les armées assiégées et assiégeantes.

L’importation de végétaux à la suite d’armées en campagne n’a rien qui puisse surprendre la Société. Elle sait (Pull. Soc. but. VIII, p. 365), que le Corisperrnum Marsc/ialUi et le Bunias orientalis ont suivi les armées russes, le premier jusque dans le grand-duché de Bade, le second jusqu’au bois de Boulogne. RI. Aug. Gras a donné la liste des plantes amenées en Lombardie par nos troupes (t. VIII, p. 686); mais il ne semble pas que ce phénomène ait jamais été observé avec autant d’ampleur et de magnificence qu’il a pu l’être cette fois. Sous l’infiuence d’un printemps et d’un été très-chauds, cette végétation adventice a pris, notamment à la plaine des Bruyères-de-Sèvres et au rond-point des Bergères sous le mont Valérien, une luxuriance surprenante pour laquelle on ne pouvait avoir assez d’admiration. Les Anacyclus , Melilotus , Medicago Xnthemis, Bellis aanua, Trifolium isthmocarpum ,

Ormenis aurea , s’étendaient et foisonnaient comme dans leur pays d’origine.

G’est surtout sur la rive gauche de la Seine que nos recherches ont été heureuses. Aux deux localités que nous venons de citer, il faut ajouter le Champ-de-RJars, le chemin de ronde aux environs du grenier à fourrages, la zone militaire près de la porte d’Orléans, les forts d’Issy et de RIontrouge, le Moulin-Saquet, la redoute des Hautes-Bruyères et celle de Châtillon, Bièvre, Palaiseau, les bords de l’étang de Trivaux, le parc de Buzenval, le plateau de la Bergerie, et surtout le Petit-Bicêtre et le RIoulin-Fidèle.

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