A8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
Ces divers points, on le remarque, ont été durant l’un des deux sièges occupés par nos troupes.
Sur la rive droite, nous avons fait de très-utiles recherches au parc de Neuillv et noté quelques plantes adventices au bois de Boulogne et au Ranelagh. Mais l’intérêt cessait dès que l’on sortait du rayon d’investissement pour explorer les points occupés seulement par l’armée allemande. La station de Villiers-le-Bel avait été pendant le siège un centre considérable : parc d’artillerie, magasin d’intendance, etc. Nous y avons trouve un échantillon unique de Vicia villosa Roth, plante du nord et du centre de l’Europe, qui paraît remplacée dans le sud par le Vicia varia Host. Aucune autre découverte n’a été signalée. Il faut seulement noter pour mémoire, au bord des chemins et dans les rues de Sarcelles, Deuil, Montmagny, etc., une abondance inusitée de Pisum sativum, P. arvense, Ervum Lens, dont on peut attribuer la présence à l’alimentation de l’armée assiégeante.
Les localités que nous avons citées plus haut présentaient d’ailleurs un assez vaste champ à nos recherches ; sauf quelques plantes rarissimes, trouvées ici ou là, elles nous ont présenté une végétation assez identique. Biles avaient également une certaine identité d’aspect. Nous nous sommes habitués bientôt à trouver les campements sur lesquels les corolles brillantes des Melilotus attiraient les yeux, et, dans les campements, leur superlatif, la piste. C’est un espace plus ou moins long, également large, dénudé, et qui représente sur le terrain un rang de chevaux attachés au piquet. Là se sont réunies toutes les conditions d’acclimatation. Le cheval a labouré la terre avec ses sabots et écarté toute végétation concurrente ; il l’a ensemencée en éparpillant son fourrage; enfin il l’a abondamment fumée, et créé ainsi pour les plantes nouvelles venues un sol factice, chaud, meuble et fécond. C’est là et non ailleurs que furent trouvés les Bartsia, Eufragia, Lavatera, Convolvulus, etc.
Nous avons ainsi établi la liste suivante, qui par le nombre et la variété, nous paraît digne de quelque intérêt.
Afin de ne pas surcharger notre travail, nous avons groupé aussi géographiquement que possible les localités explorées, que nous désignons par des chiffres, dans l’ordre suivant :