SÉANCE DU 11 JUIN
Guignard et Sauvageau ont cultivé cette espèce sur différents milieux; elle donne naissance sur plusieurs de ces milieux à une production plus ou moins abondante de cristaux verts; les aiguilles sont assemblées, en paquets, en màcles, en sphéro-cristaux. L’alcool absolu bouillant dissout assez bien la matière verte; les alcalis renforcent la couleur; les acides forts décolorent; avec l’acide chlorhydrique, la couleur verte passe au bleu, avant de se détruire; avec l’acide azotique, au rouge orangé
On voit par ce rapide exposé que les Bactéries vertes sont encore bien mal connues : nous apportons ici une nouvelle contribution à leur étude.
Nous avons rencontré récemment deux espèces de Bactéries vertes; l’une se présentait sous la forme de filaments très longs alors que la seconde était constituée par des bâtonnets très petits. Ces deux Bacilles se développaient au milieu de diverses colonies de Sulfuraires, dans une eau provenant de la source sulfureuse de Passv.
L’espèce filamenteuse pourrait être rapprochée de celle qui a été décrite par Van Tieghem sous le nom de Bacillus virens ; ce
savant la considérait comme très commune, et cependant personne ne l’a étudiée ni signalée, à notre connaissance, depuis sa découverte en 1880. Suivant la description qui en a été donnée, les filaments sont très étroits, d’un vert pur, tirant sur le jaune, ordinairement immobiles, mais parfois doués de mouvements, formés d’articles assez longs et ressemblant beaucoup pour la dimension et la structure à un Bacille, par exemple le Bacillus anthracis. Nous ferons ici une remarque : dans le Bacillus
anthracis, le diamètre varie de 1 u à 13 u; les filaments de notre
Bacille vert ont sensiblement tous le même diamètre qui est de 1 p.. La couleur est bien celle du Bacillus virens ; la teinte verte est celle de la chlorophylle, avec parfois une nuance plus jaune. Le pigment imprègne le protoplasma, car lorsque des articles du même filament sont éloignés l’un de l’autre, la membrane, dans l’espace qui les sépare, se montre incolore. Il faut noter également que certains filaments possèdent en dehors de la membrane une gaine gélatineuse.
1. Guignard et Sauvageau, Sur un nouveau Microbe chromogène (Soc. de Biol., 22 décembre 1894).
P.-A. DANGEAKD.
NOTE SUU DEUX
BACTÉltl ÂGÉES VERTES.
Ces filaments sont droits, très longs, parfois enroulés les uns sur les autres en formant des faisceaux; les articles qui les constituent ont une longueur de G à 8 u; ils sont plus ou moins espacés; leur structure est homogène, plus rarement granuleuse. Dans le premier cas et si les articles se touchent, le filament semble continu. A mon grand regret, je n’ai pu jusqu’ici isoler cette espèce qui paraît dans certains cas se décolorer et qui se confond alors avec d’autres Bactériacées filamenteuses.
La seconde espèce a pu être étudiée dans sa structure et dans son développement ; il nous est impossible de la rattacher soit au Bacillus chlorinus, soit au Bacillus viridis; le premier a des dimensions plus grandes, si l’assimilation faite par Macé est exacte; le second a des bâtonnets immobiles, alors quecelui que nous étudions ici est extrêmement mobile; ses dimensions sont de 1 g à 1,5 u en longueur sur 0,5 à 0,8 g en largeur et sont
voisines de celles du Bacillus chlororaphis décrit par Guignard et Saüvageau.
Nous allons maintenant signaler les principaux caractères de cette espèce que nous croyons nouvelle et pour laquelle nous proposons le nom de Bacillus virescens sp. nov.
L’espèce est constituée par des bâtonnets libres ou associés de diverses manières; ainsi que nous venons de le voir, ils sont très petits; au lieu d’être renflés à leur extrémité comme dans le Bacillus chlororaphis, ils ont plutôt un contour elliptique. Si les dimensions de chaque élément ne varient guère, il en est tout autrement de la façon dont ils sont associés. Nous pouvons distinguer les états suivants :
1° Les bâtonnets sont libres dans le liquide; malgré leur petitesse, on constate cependant que le pigment vert imprègne toute la cellule; ces bâtonnets sont excessivement mobiles et sont sensibles à la lumière comme ceux du Bacillus chlorinus dEx-
GELMANN.
2° Les cellules, en restant réunies bout à bout en chapelet, constituent des filaments de longueur variable qui sont libres ou enchevêtrés les uns dans les autres; comme les bâtonnets sont assez courts, l’aspect rappelle celui des Streptocoques. Ces filament sont parfois mobiles.
3° Une autre forme que je considère comme caractéristique et