‹ Note sur Deux Monstruosités de CrocusChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 8 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 8 NOVEMBRE

comme ayant donné lieu au changement des deux verticilles du périanthe en deux verticilles d’organes de la reproduction, situés même dans un ordre inverse de celui qu’établit habituellement la nature, et cèla sans que l’état naturel des étamines et des carpelles normaux ait été altéré. Toutefois on a vu que, parmi ces organes supplémentaires, dus à une transformation du périanthe, les uns sont incomplets, et se réduisent à un style terminé en stigmate, les autres au contraire sont complets, en ce sens qu’ils présentent un filet avec une anthère qui renferme du pollen.

Dans des différents cas, ce sont des verticilles distincts qui ont revêtu les caractères, l’un d’étamines, l’autre de styles stigmatifères ; mais il me semble plus curieux de voir le môme organe amené tératologiquement à réunir ces deux caractères : or, c’est ce qui a eu lieu dans une tleur sèche de Crocus grœcus (4) qu’a bien voulu me remettre M. P. Chappellier. Ici le périanthe et le gynécée ont conservé leur état naturel ; même l’une des trois étamines normales ne présente rien de particulier, si ce n’est que son connectif se termine, au niveau du sommet des loges, par un petit bouton ou mamelon coloré en rouge vif ; mais sur les deux autres, le connectif s’est prolongé, au delà des loges non modifiées, en un processus long de 4 ou 5 millimètres, charnu et assez épais, coloré en trèsbeau rouge vif, que termine un entonnoir à bord évasé et chargé de papilles, c’est-à-dire en un stigmate. Cette monstruosité offre ainsi deuxexemples d’étamines devenues stigmatifères sans que leur constitution propre ait été altérée. Les faits de ce genre paraissent être rares, tandis que la transformation plus ou moins complète d’étamines en pistils s’observe fréquemment et sur des plantes très-diverses, notamment sur les Sempervivum tectorum et montanum, des Pavots, le Cheiranthus Cheiri , des Saules, etc.; toutefois on en voit un exemple cité par Moquin-Tandon (loc. cit., p. 222), dans la phrase suivante : « D’après M. Spacli, le con- » nectif de l’anthère, dans le Thalictrum minus , s’allonge quelquefois et » revêt les caractères et l’aspect du stigmate. » Cette même observation est simplement mentionnée, sans indication de source, parM. M.-T. Masters (loc. cit., p. 307), (pii ajoute que Munro a vu « le passage des » sommets des anthères à l’état de styles imparfaits, chez quelques espèces

(1) Je rappellerai que M. P. Chappellier nomme Crocus grœcus Heidr. (Bull, de la Soc. bot., XX, 1873, p. 192), un Safran qui lui avait été d’abord envoyé de Grèce, et dont plus tard il a reçu des bulbes en très-grande quantité. Cette plante, que M. J.-O. Baker regarde comme rentrant dans le Crocus Cariwrightianus Herb. (voy. Bull, de la Soc. bot. de Fr., XXI, 1874, p. 128), offre cette particularité remarquable que son pollen féconde aisément le pistil du C. saliras, qui, sans cela et livré à lui-mème, reste constamment stérile. De là M. P. Chappellier pense que le C. sativus pourrait bien être uh hybride issu du C. grœcus et d’une autre espèce automnale, à stigmate tronqué et odorant, qu’il croit pouvoir être le C. Haussknechtii Boiss., espèce récoltée en 1865, dans laCataonie, par M. Haussknccht. M. Cosson pense, d’un autre côté, que le C. grœeu* peut être le type sauvage du C. sativus.

» de Bambous ». En somme, cette union d’organes appartenant aux deux sexes en une formation unique m’a semblé être assez intéressante poui

mériter d’être signalée.

M. Malinvaud présente à la Société des échantillons desséchés des espèces décrites dans la note suivante, dont il donne lecture :

ADDITIONS a LA FLORE DE MINORQUE, par M. RODRIGUEZ.

Paris, le 25 juillet 1878.

J’ai l’honneur d’adresser à la Société les descriptions de quelques espèces rares ou nouvelles de la flore de Minorque, que j’ai récoltées moi-même, et soigneusement étudiées pendant mon dernier séjour à Paris, en les comparant avec les plantes qui s’en rapprochaient le plus dans les herbiers du Muséum.

viola «toioaifera (sect. N&mimium) Rodr., sp. nom? — Rhizome court, épais, écailleux, produisant des tiges latérales, longues, couchées, herbacées, radicantes. Feuilles à limbe ovale ou snbarrondi, crénelé, obtus ou subaigu, profondément en cœur j stipules lancéolées, acuminées, faiblement ciliées. Sépales oblongs, subaigus. Pétales à peine émarginés, les deux latéraux très-faiblement barbus. Style aigu et courbé au sommet en forme de tête d’oiseau. Pédoneules fructifères étalés à terre. Capsule velue. — Plante pubescente, à fleurs violacées, odorantes, les vernales munies de corolle et stériles, les tardives apétales et fertiles.

Hab. — Lieux frais et ombragés du barranco de Algendar.—Fl. Février-

mars .

Espèce voisine du Viola hirta L., dont elle diffère par son rhizome stolonifère, par ses fleurs odorantes, ses pétales latéraux à peine barbus, etc.

«eaiaia linifoii* L. var. leveœarp* Rodr. ined. —• Calice à lèvres dressées non divariquées. Corolle à carène droite, obtuse, non réfléchie à la fin. Gousse lanugineuse à tomentum blanc. — Arbuste atteienant

Hab.

; hauteur.

Canum, rare. — Fl. Mars.

•aïs ait

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