SÉANCE DU 22 MARS
cette plante, il en est une fort curieuse, parce qu’elle résulte évidemment de la soudure de deux fleurs parfaitement et complètement organisées, qui ont contracté adhérence l’une avec l’autre par la face externe d’une foliole du périanthe de chacune d’elles. Cette fleur est la troisième avant-dernière. La hampe n’est nullement fasciée, ni vers le point où s’attache celle fleur monstrueuse ni ailleurs; seulement elle s’incline vers son extrémité en un angle droit au sommet duquel se trouve l’insertion de la fleur dont il s’agit. Le pédicule de celle-ci est visiblement formé par la soudure de deux pédicelles collatéraux; aussi montre-t-il un sillon médian profond, tant en avant qu’en arrière. A la base de chacun des pédicelles soudés se trouve une bractée normale; mais ces deux bractées, au lieu d’être placées exactement au-dessous des deux pédicelles auxquels elles correspondent, ont été rejetées sensiblement de coté, de telle sorte qu’elles sont assez largement écartées l’une de l’autre. Chacune des deux fleurs cohérentes est complète et présente dès lors un péiiauthe de deux verlicilles trimères, six étamines et un pistil également normal; leur soudure s’est opérée longitudinalement sur une bande large d’environ 0 n, ,003, qui occupe le milieu de la face externe de deux folioles symétriques et par conséquent latérales, appartenant chacune à l’une des deux fleurs: ces folioles font partie du verlicille externe. Une conséquence nécessaire de cette soudure c’est que la foliole complexe, qui résulte de la soudure de deux, est rectiligne, tandis que toutes les autres sont rejetées et recourbées en dehors, comme d’habitude dans la Jacinthe.
2° A côté de la hampe terminée par l’inflorescence à laquelle appartient la fleur qui vient d’être décrite, on voit sortir du milieu de la touffe de feuilles une petite hampe grêle et longue seulement d’environ 0 n ‘,l qui porte une seule fleur terminale. L’existence de deux hampes florales, sortant du centre de la même rosette d’une Jacinthe, a été observée par AI. Thilo Irmisch, qui la signale avec son exactitude ordinaire, dans les termes suivants (1) : « Il ne faut pas confondre avec ce cas (celui où, sur le même bulbe, deux bourgeons distincts ont donné, la même année, deux hampes) celui dans lequel du centre d’une rosette de feuilles naissent deux hampes adjacentes. Dans cette circonstance, on reconnaîtra généralement que la deuxième hampe, dont le développement est plus tardif, se trouve, en même temps que le jeune bourgeon principal (destiné à fleurir l’année suivante), dans l’aisselle de la feuille supérieure et au-devant de celle-ci. » A cette description parfaitement exacte, j’ajouterai que, sur ma plante, la petite hampe supplémentaire se trouve au côté gauche du bourgeon principal destiné à donner la hampe de 1 année prochaine; en outre, cette petite hampe avait, si je puis le dire, marqué son empreinte dans la substance de la hampe principale qui, par suite, se montre creusée sur toute sa longueur d’une gouttière arrondie et profonde,
(t) Zur Morphologie (1er monokolylischen Knollen * und Zwiebelgewœchse, p- 79-