‹ Note sur l'histoire des prépositions françaises en, enz, dedans, dansChapitre 1 sur 4 · PAR UN DISCIPLE FIER D’ÊTRE SON AMI · texte numérisé non relu

PAR UN DISCIPLE FIER D’ÊTRE SON AMI

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La préposition latine in s’est continuée en français sous la forme en ; mais, dans la suite des temps, le domaine primitif de in s’est graduellement restreint au profit d’autres prépositions d’origine latine ou romane. L’étude qui suit met en lumière certains points de cette évolution de sens et d’emplois !.

i. Sur in et intns et les adverbes et prépositions dérivés de in tus f voyez la" dissertation de Raithel, Die altfran\œsischen Prœpositiontn , I : od, par , en, en\, den{, deden p, parmi. Gœttingen, 187 5, in-8°. Raithel donne, pour les prépositions qui nous occupent des listes abondantes d’exemples qui établissent, en partie, l’ancien usage de la langue. Quant à la succession historique des sens et des emplois, il n’y a rien compris.

Voir encore des exemples nombreux dans le dictionnaire de Godefroy, aux articles en, en%, dedans et

En latin, in exprimait un double rapport de situation à V intérieur et à V extérieur des objets. J’examine d’abord ce dernier sens.

i° Situation à V extérieur : sedere in equo [sur un cheval) ; in eo flumine pons erat, Gæsar, B. g. 2, 5 ; in digitis [sur la pointe des pieds) Val. Flacc., IV, 207; Deus mortuus est in cruce . — Le vieux français continue la tradition : Li quens Gerins siet en cheval sorel , Et sis com pain\ Geriers en Passe Cerf, Roi. 1379-80. En saintes flors il les facet gésir, id., 1 856. Deus morut en la croix , Joinville, 292. Des souliers en ses pieds, Marguer. Nouv.,XI; etc.

Cette signification tendit de bonne heure à disparaître ; elle présentait des différences trop sensibles avec la signification générale de en pour que la langue la conservât; et celle-ci confia à super supra = sore sor seur sur l’expression des rapports qu'elle enlevait ainsi à in. Comme toutefois il est rare qu’une fonction

générale disparaisse sans laisser quelques traces d’elle-même dans l’évolution ultérieure de la langue, on ne sera pas surpris de retrouver encore aujourd’hui des emplois de en qui nous reportent à l’usage du moyen-âge et, par delà le moyen-âge, au latin : portrait en pied , Jésus est mort en croix , casque en tête . Il serait facile de suivre à travers les siècles, dans le cours de la langue, la permanence de ces emplois spéciaux; ainsi, par exemple, pour en pied : En piez se drecet, Roi., 195. Lanval qui multfu enseigniez Cuntre eles s'est leve % en piez, Marie de France, Lanval , 67-68. Se leva en piez Coenes de Bethune , Villeh., 144, Wailly (dans Godefroy). Incontinent ressaillist en piez, et Troylus retourna sur luy, Istoire de Troye la grant (dans Godefroy).

2° Situation à l'intérieur. C’est la signification la plus habituelle de en. In , en latin, marquait avant tout, soit une situation à l’intérieur d’un objet, dans les limites d’un espace, soit un mouvement vers cette situation; dans le premier cas, la langue faisait suivre in de l’ablatif, dans le second de l’accusatif. La disparition de l’ablatif devant l’accusatif en roman fit disparaître cette distinction syntactique et (mittere)

in campum, et ( sedere ) in campo donnèrent également en champ .

La situation ou le mouvement dans l’espace conduisent immédiatement à la situation ou au mouvement dans le temps, et ces deux rapports à une série très étendue de rapports abstraits et figurés qu’amène une analogie naturelle. Cette triple division embrasse la variété des emplois latins, et l’usage de la langue mère se conserve dans le vieux français avec une fidélité en somme remarquable, si l’on excepte quelques menues divergences où l’usage nouveau retranche ou ajoute quelques traits à l’usage primitif.

a) Espace : esse in cœlo , stare in timbra , tenere in manu; alii in corde , alii in cerebro dixerunt animi esse sedem et locum, Ci c., Tusc., I, 9, 19 ; — in urbem venir e, in Orientem versus , etc. — (Dieu) clii maent sus en ciel , Eulalie. Set an\ to % pleins ad estet en Espaigne , Roi., 2. — So% une olive est descendu { en V ombre, Roi., 2571 ; Li reis Marsilie. . . ale\ en est en un ver gier so { V ombre, id., 1 1. Entret en sa veie , id., 365, etc.

Emploi spécial : in devant des noms propres de villes et de lieux : In Epheso, Plaute, Mil. Glor., 3, 1, 182; in Caieta, Cic. Att., 8, 36;

et (avec mouvement) in Aelidem, Plaute, Capt., 2, 3, 19; veni de Susis in Alexandriam, Quintil., I, 5, 38 (qui condamne cet emploi comme un barbarisme et, par conséquent, comme un usage vulgaire). De là, la construction courante en vieux français ( en Rome , Alexis, 60 b. ; en Alsis, id., 32 c, etc.), qui s’est maintenue jusqu’en plein xviie siècle. Molière dit encore en Alger ; Racine, en Argos ; Corneille, en Bellecour ; aujourd’hui encore on ne dit pas autrement à Lyon, en Bellecour, et nous disons en Sorbonne 1 .

b) Temps : In hoc tempore , Ter., Andr., 4, 5, 24; in ea œtate , Liv. I, 5y ; in prœsenti, etc. De là le français : co est en may, Roi. 2628 ; en la semaine , Alexis, 59 a; en ce jour, en un instant , en un clin d'œil. De là également quelques emplois voisins : en songe , en un tenant , en un randon; en chantant (in cantando ), etc.

In marque aussi la direction dans le temps : dormiet in lucem , Hor. Ep., I, 18, 34; inducias in triginta annos , Liv., 9, 3 7, 12. — En français : d’ist di in avant , Serments; d’hoi cest jor en un meis , Roi., 2751; et de là, par des suc-

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