SÉANCE DU 30 JANVIER
couvert par Gluge en '1838. Lieberkühn ('1), en 1854, a étudié ce parasite et a montré ses rapports avec les Psorospermies découvertes par J. Müller en 1841. Dans ses Leçons sur les Sporozoaires, M. le professeur Balbiani ne fait que rappeler les observations de ces auteurs.
On sait que cet organisme produit à la surface du corps chez l’Épinoche et l’Épinochette de petites tumeurs d’un blanc de lait, de volume très variable. J’ai décrit ailleurs (2) leur constitution et montré comment, après s’être développées sous la peau, elle finissent, en augmentant de volume, par rompre celle-ci et tombent alors au fond de l’eau.
J’ai pu constater depuis que leur évolution n’est pas toujours aussi simple. J’ai observé les phénomènes suivants sur une Épinoche que je conserve en captivité depuis près d’un an. Il existait d’abord une tumeur à peu près régulièrement sphérique et atteignant presque le volume d’un pois. Je vis bientôt apparaître à sa surface de petites vésicules secondaires, d’abord à peine distinctes, qui grossirent progressivement. Puis, à un moment donné, le kyste, au lieu de se détacher et de tomber en entier, creva au niveau de sa partie la plus saillante, et une grande partie de son contenu s’échappa, laissant à la place de la tumeur une excavation irrégulière limitée par un bourrelet formé par la partie non vidée de la petite sphère. Les petites vésicules secondaires se développèrent alors rapidement et bientôt on observait à la place de la tumeur primitive une petite masse framboisée irrégulière.
Ces kystes sont enveloppés d’une membrane d’aspect fibrillaire, sans noyaux : j’ai déjà exposé mes observations au sujet de cette membrane et du mode de formation des spores.
Je rappellerai ici que ces dernières, régulièrement ovoïdes, ne mesurent pas plus de 3 à 5 [/. de longueur sur 2 à 3 de largeur. Examinées à l’état frais, on leur distingue une partie sombre, située à la petite extrémité, et une partie claire, remplissant le gros bout de l’ovoïde. J’ai signalé dans leur contenu la présence de petits grains colorables que j’étais tout disposé à regarder comme des noyaux.
J’avais, jusqu’ici, considéré cet organisme comme ne présentant avec les Myxosporidies que des affinités éloignées, en raison de l’absence dans ses spores de capsule polaire à filament spiral, élément caractéristique des spores des véritables Myxosporidies. Ayant observé des spores très semblables chez des parasites des muscles du Callionymus lyra et du Cottus scorpio , j’avais été amené à considérer ces organismes comme devant être réunis avec la Glugea microspora pour constituer un petit groupe
Nosema (N. anomala , Mon.). Je n’avais pas cru devoir me ranger à cette opinion ; la présence dans la spore d’une capsule à filament justifie pleinement ma manière de voir.
(1) Lieberkühn. Ueber die Psorospermien. Midler’s Archiv , 1854.
(2) Thélohan. Contribution à l’étude des Myxosporidies, Annales de Micrographie, 1890.