‹ Note Sur La Sécrétion Salée Du Tamarix Gallica Au Bord De La MerChapitre 1 sur 5 · SÉANCE DU 8 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 8 NOVEMBRE

de la cause tout externe d’un simple dépôt, et se relie à quelque particularité d’organisation de la plante elle-même.

C’est, en effet, ce que montre l’examen de celle-ci. Sa salure superficielle résulte de ce que chacune de ses petites feuilles imbriquées porte une goutte d’eau salée, arrondie et limpide, semblable à une petite perle, dans laquelle la proportion de sel marin est tellement considérable que, lorsque j’ai plongé un fragment de rameau dans une solution d’azotate d’argent, chaque gouttelette est devenue un globule blanc et opaque qui très souvent s’est détaché de la feuille. La feuille elle-même montre sous la loupe quelques points translucides qui constituent autant de petites glandes, auxquelles sans doute on doit attribuer la production de la goutte de liquide salé. Je suis donc convaincu qu’il n’y a là qu’une simple sécrétion, et cette opinion me semble emprunter plus de vraisemblance encore de cette circonstance que d’autres espèces de Tamarin ? présentent des sécrétions d’une autre nature, par exemple celui qui donne la manne sur le Sinaï.

J’ai cru devoir examiner des pieds de Tamarix gallica à des distances de plus en plus considérables des bords de la mer. Entre Béziers et la mer, non loin de la ville et, par conséquent, à une distance de \U ou 15 kilomètres de la plage, j’ai vu une forte digue en terre plantée de Tamarix comme agent de consolidation. Là les rameaux de l’arbuste avaient une saveur salée .eucore appréciable, mais très affaiblie comparativement à ce que j’avais reconnu non loin des bords de la Méditerranée. Enfin, au delà de la ville de Béziers, à une distance de 25 à 30 kilomètres de la mer, je n’ai plus trouvé de saveur salée, et la loupe ne m’a pas montré le moindre indice de la gouttelette salée qui était si remarquable sur les pieds de la même espèce qui se trouvaient près de la plage.

Il me semble doue établi par là que la sécrétion salée du Tamarix ne s’opère que dans le voisinage de la mer, là où la plante trouve en quantité plus ou moins considérable dans le sol le chlorure de sodium qui caractérise essentiellement le produit des glandes contenues dans ses feuilles. Il est fort probable que, comme chez la généralité des végétaux, ce sel est remplacé par des sels de potasse pour les pieds qui végètent dans l’intérieur des terres ; seulement ces sels ne se trouvent sans doute pas en assez grande abondance pour déterminer une sécrétion appréciable à l’extérieur.

Pour achever de montrer que la présence d’eau salée sur chaque feuille du Tamarix gallica est indépendante de l’eau de mer que le vent peut entraîner, je ferai encore observer que j’ai reconnu l’existence de ces gouttelettes non-seulement lorsque soufflait le vent de mer, mais encore après plusieurs journées fort chaudes pendant lesquelles le vent avait soufflé dans la direction opposée. Or, il est clair que si celle humidité avait été déposée par l’air venant de la mer, le soleil ardent du midi et le vent sec du nord soufflant pendant quelque temps, auraient suffi pour en déterminer l’évaporation, après

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