‹ Note Sur La Sécrétion Salée Du Tamarix Gallica Au Bord De La MerChapitre 2 sur 5 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

quoi les feuilles n’auraient plus rien présenté de pareil, jusqu’à ce qu’un changement de vent eût amené un nouveau dépôt de liquide. C’est ce qui n’a pas eu lieu ; par conséquent la cause productrice des gouttelettes salées n’est pas externe et lient à l’organisation de la plante elle-même, ainsi qu’au sol dans lequel s'étendent ses racines.

Il me semble donc établi, au total, que les feuilles du Tamarix gallica nous offrent un exemple d’une sécrétion de liquide salé, qui n’a lieu que les terres salées ou du moins contenant une proportion plus ou moins forte de chlorure de sodium.

Il ne sera peut-être pas hors de propos de rapporter ici une expérience que j’ai faite en vue de constater la présence de l’eau salée dans l’air qui a rasé la surface de la mer.

Le 31 août dernier, le vent de mer ayant soufflé, mais avec une médiocre intensité, pendant trois jours entiers, et soufflant encore légèrement dans la même direction (S.-K.), je me suis rendu de Béziers au bord de la mer, à l’embouchure de l’Qrb, muni d’un appareil que je croyais propre à déceler la présence dans l’air d’une très faible quantité de sel marin. Cet appareil consistait en une petite éprouvette graduée, dans laquelle je mettais une quantité déterminée d’une solution d’azotate d’argeut formée dans la proportion d’un gramme de sel pour 15 grammes d’eau distillée. Le bouchon qui fermait cette éprouvette était traversé par un tube de verre, au bout supérieur duquel était adapté un tube de caoutchouc, et dont l’extrémité inférieure, rétrécie à la lampe, plongeait dans le liquide. Avec un petit soufflet, dont la buse s’enchâssait dans le tube de caoutchouc, je faisais passer une quantité d’air aussi considérable que je le voulais et dont je pouvais connaître approximativement le volume. J’ai installé cet appareil à 2 mètres seulement de la ligne où arrivaient les vagues, et, en faisant passer environ 200 litres d’air à travers 5 centimètres cubes de solution d’azotate d’argent, je n’ai pas vu le moindre trouble se former dans ce liquide. Ce résultat négatif m’a paru d’autant plus étrange qu’il est évident que, pendant les violentes agitations de la mer, une grande quantité d’eau se résout en écume parfaitement visible, et que dès lors le transport par l’air des particules d’eau ainsi élevées devient une conséquence nécessaire de l’action du vent. Il me semble très vraisemblable que mon expérience a été faite dans des circonstances défavorables, par un vent trop faible, et je serais heureux d’apprendre qu’elle a été répétée dans de meilleures conditions, soit avec le même appareil, soit, ce qui serait facile aux observateurs qui habitent sur le bord de la mer, avec un appareil dans lequel un aspirateur serait substitué au soufflet. — Je ne tirerai dès lors aucune conclusion de ce fait isolé et purement négatif; mais j’ai cru devoir le signaler afin de provoquer des essais du môme genre qu’il serait bon de faire comparativement à des distances variées du bord de la mer. C’était r.e mie i 'avais intention de faire moi-même :

Page 1