SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
à droite et à gauche de cette base, c’est-à-dire de telle sorte que le plan qui passerait par leurs deux lignes médianes serait parallèle à celui de la feuille mère. Elles sont attachées par une large base, mais très réduites en longueur, au point de ressembler, dans la plupart des cas, à un simple repli transversal des tissus superficiels du rameau. Bien que, au premier coup d’œil, elles semblent opposées, un examen plus attentif montre que l’une des deux est insérée un peu plus haut que l’autre. Quand le rameau axillaire est peu ou médiocrement vigoureux, il se produit, à l’aisselle de chaque préfeuille, une bulbille qui presque toujours persiste dans cet état. C’est là le cas le plus fréquent, surtout pour les pieds cultivés en pot ou dans le haut des tiges vigoureuses. Il peut arriver que le bourgeon né à l’aisselle de la feuille reste à l’état de bulbille, soit à peu près sessile, soit pédiculée ; on voit alors le plus souvent trois bulbilles dans la même aisselle, une médiane qui est réellement axillaire, et deux latérales qui sont nées de celle-ci et qui sont par conséquent des axes secondaires par rapport à elle. Dans un petit nombre de cas, je n’ai vu qu’une préfeuille qui était alors adossée à la tige. J’ai rencontré alors une ou deux fois une seule bulbille placée à l’aisselle de cette préfeuille, ou même une bulbille axillaire sans préfeuille visible.
Il n’est pas inutile de faire observer que les deux préfeuilles dont il vient d’être parlé étant situées très près de la base du rameau axillaire, ou, dans les cas où le développement a été énergique, ne se trouvant soulevée que de peu de millimètres au-dessus de cette base, immédiatement après les avoir produites, la pousse axillaire s’allonge en un long entrenœud, sans la moindre transition.
Lorsque le rameau axillaire a un développement énergique, ses deux bourgeons préfoliaires qui, sans cela, seraient restés sous la forme de bulbilles, se développent l’un et l’autre en rameaux, mais d’ordre subordonné et toujours beaucoup plus faibles que celui duquel ils sont issus. On voit alors dans une même aisselle un fort rameau médian ou de première génération, en général renflé fortement dans le bas, et deux rameaux latéraux ou de seconde génération, notablement plus faibles et qui sortent à 4 ou 5 millimètres plus haut que le plan d’émergence du premier. Dans ce cas, ces deux axes tertiaires offrant chacun deux préfeuilles basilaires à peu près opposées, chacun d’eux produit deux bulbilles à l’aisselle de celles-ci, mais situées pour chacun d’eux dans un plan perpendiculaire à celui dans lequel sont placés les trois rameaux eux-mêmes. C’est là une conséquence naturelle de ce fait que les deux bourgeons basilaires d’un rameau, chez le Bégonia dùcolor , se trouvent dans un plan parallèle à celui de la feuille ou préfeuille à l’aisselle de laquelle est né le rameau qui les porte.
Dans certains cas, on voit sur la partie inférieure d’un rameau de première génération, d’un côté un rameau de secondé génération bien
développé, et en face de lui une bulbille bien formée ou plus ou moins rudimentaire, quelquefois même un petit bourgeon foliacé et non tubérisé.
J’ajoute, en terminant, que l’énergie végétative qui, à la plupart des nœuds de la tige, donne naissance aux productions que je viens d’indiquer, se traduit visiblement, à partir du plan de ces nœuds, par un fort épaississement de l’axe qu’accompagne une coloration superficielle en rouge intense limitée à cette portion supérieure à un nœud.
Cette marche d’après laquelle s’opèrent la ramification et la production de bulbilles, chez le Bégonia discolor, diffère assez des indications données par les auteurs cités au commencement de cette note, pour que j’aie pensé qu’il ne serait pas inutile d’en donner une description.
M. Malinvaud, au nom de M. Eugène Fournier qui n’a pu venir à la séance, donne lecture de la traduction suivante d’une lettre de M. le docteur Hasskarl, de Clèves :
C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu dans le Bulletin (tome XXV, p. 163), qu’un individu de Carica Papaya portant des fleurs mâles était, après la section de sa partie supérieure, devenu femèlle. J'ai moimême autrefois, en 1844 ( Catal . hort. Bogoriensts , p. 188), dit que souvent les inflorescences mâles du Carica portent à leur extrémité une fleur androgyne de laquelle sortent des fruits d’une conformation spéciale. Dans mes Plantæ javanicæ rariores , j’ai décrit avec plus de soin ces fleurs hermaphrodites et ces fruits, et j’ai fait remarquer (p. 180) que Pison, il y a déjà deux cents ans, avait remarqué des fleurs fertiles sur des pieds mâles de cet arbre (Piso, IV, cap. 23, p. 159). Voyez aussi Rheede, Hortus malabaricus, I, p. 21-23, tab. 15, et Rumphius, Herb. amboinense, I, p. 149. A ce propos, je ferai encore Observer que cet arbre, qui est ordinairement décrit et figuré avec un tronc unique, sè rencontre aussi quelquefois ramifié, ce que j’ai indiqué p. 180 dans mes Plantæ javanicæ » rariores: «Truncus autem etsi saepe juventute simplex, attamen senilis » sæpissime ramos 3-5 aut plures erectos emittit (cf. etiam Rumph. Herb . » amb. I, p. 145, tab. 50 et 51, ubi p. 147). In Amboina quoque arbores « conspeximus quæ multo crassiorem relîquis gerebant truncum, quæ ex* » tendebantur in multos explicatos et incurvos ramos, instar Socci arboris. »
Mi Bonnier place sous les yeux de la Société divers échantillons d’extraits sucrés recueillis sur différents végétaux, et de sucres purs préparés par lui à l’aide de ces extraits sucrés ; il fait sur ce sujet la communication suivante ;