SÉANCE DU 10 NOVEMBRE
blancs, dont la valeur comme fruit comestible est très-faible. Les feuilles
accusent elles-mêmes cette disjonction, car, à l’automne, celles des sarments
qui portent des grappes blanches se panachent de jaune, comme celles des
Chasselas ordinaires à raisins blancs, tandis que les rameaux qui donnent des
raisins noirs, plus ou moins panachés, colorent leurs feuilles en rouge à la même époque.
Si les Vignes à raisins bicolores sont le produit d’une fécondation croisée, on doit s’attendre à ce que les procédés de culture qui ont été indiqués comme pouvant leur donner naissance, ne produisent pas le résultat qui leur a été attribué. En effet, si l’on fait le relevé de ceux dont l’indication est consignée dans les auteurs anciens, et jusqu’à Olivier de Serres, on reconnaît sans peine qu’aucun d’eux ne pourrait donner autre chose que des Vignes semblables à celles dont ils auraient cependant pour objet de fondre les caractères. Ce qu’apprennent, à cet égard, les données de la physiologie et de la culture a été confirmé par l’expérience; car A. Thouin, ayant voulu mettre en pratique ces procédés, en a obtenu des effets entièrement différents de ceux qui leur ont été attribués. En outre, certains de ces procédés ne donneraient évidemment aucun résultat, parce qu’ils auraient pour effet nécessaire de désorganiser ou détruire les bourgeons qui seuls auraient pu développer des pousses. Au total, il ne reste, ce me semble, que la fécondation croisée à laquelle on puisse recourir pour obtenir les singulières Vignes dont je viens d’entretenir la Société.
M. Kirschleger dit :
Ou’il pourrait citer plusieurs exemples à l’appui de l’opinion que vient d’exprimer M. Duchartre; qu’il n’est pas rare de voir, notamment dans les Vignes des Vosges, des raisins mi-partis de noir et de vert ; qu’enfin le Cytisus Adami, dont a également parlé M. Duchartre, retourne effectivement, soit au C. Laburmm , soit au C. purpureus, fait qui, du reste, a été signalé à Lyon, en 1837, par M. Hénon, et par lui-même en 1839.
M. Brongniart ajoute qu’il avait observé le Cytisus Adami , en 1826, au Muséum, et soupçonné dès lors l’hybridité de cet arbuste; que depuis cette époque les mêmes faits s’étant représentés à lui en plusieurs endroits, particulièrement à Gisors et dans le parc d Harcourt, il avait en effet pu constater la fréquence du retour (avec disjonction) du Cytisus Adami aux C. Labumum et purpureus.
M. de Schœnefeld donne lecture des extraits suivants de lettres qu’il a reçues de M me veuve Roussel :