‹ Note Sur Le Cheilanthes Hispanica, trouvé en EspagneChapitre 1 sur 2 · SÉANCE DU 23 MARS · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 23 MARS

autre, la localité classique de Schousboe, en donnant cependant, d’après Milde, comme synonyme probable, le C. Tinei Todaro (PI. Messine, n° 1266).

Telle est, à grand traits, l’histoire du C. hispanica consignée dans les livres classiques qui traitent des Fougères ou de la flore d’Espagne.

Maintenant cette plante est-elle aussi rare qu’on le croit généralement? Les conditions dans lesquelles on la rencontre, c’est-à-dire en mélange avec sa congénère C. fragrans, peuvent en faire douter, à cause de la confusion qui peut naître de leur extrême ressemblance.

En effet, l’examen des nombreux spécimens de cette dernière espèce qui sont conservés dans l’herbier du Muséum m’a fait découvrir au milieu d’eux plusieurs individus méconnus du C. hispanica. C’est ainsi que la plante a été donnée jadis parWebb, en mélange avec le C. fragrans; ce botaniste l’avait récoltée « prope Braccaram augustam » en Portugal. C’est également celle espèce que Boissier a distribuée parmi les plantes de Pavon, comme provenant du Pérou ; celte provenance n’étant guère acceptable, il est plus probable que Pavon a trouvé la plante en Espagne ; il serait ainsi peut-être l’auteur de la découverte du C. hispanica.

D’autre part, le riche herbier de M. Cosson fournit deux autres localités pour le C. hispanica; M. J. Bail l’a récolté en Portugal « in regione montana Lusitaniæ orientalis prope Perdigao », octobre 1850 (sub : C. odora, var.!). L’autre localité est espagnole: sous ce même nom de C. odora, Bourgeau a distribué dans quelques herbiers, en partie l’espèce de Swarlz, en partie le C. hispanica, provenant des fentes de rochers de la sierra de Plasencia, Estramadure (Bourgeau, PI. d'Espagne, 1863, sans numéro). C’est donc dans la localité même où Bourgeau avait inconsciemment récolté la plante, que M. de Coincy l’a retrouvée vingtquatre ans après.

En résumé, le C. hispanica paraît être plutôt une plante portugaise qu’une plante espagnole; il parait aussi exister en Sicile, si le C. Tinei lui appartient bien, comme l’a pensé Milde. Sa grande similitude avec le C. fragrans Hook. (C. odora Sw.) l’a sans doute souvent fait méconnaître, et il est probable qu’il suffira d’appeler sur lui l’attention des botanistes pour faire découvrir de nouvelles localités de cette intéressante Fougère.

M. Rouy dit qu’aux localités citées par M. Franchet, pour le Cheilanthes hispanica Mett., d’après l’herbier du Muséum et celui de M. Cosson, il convient d’ajouter celle de la vallée du Sil (province de Léon), sur les rochers enlre Palacios de Sil et Toreno,

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