‹ Note Sur Le Genre MyxotrichumChapitre 1 sur 3 · SÉANCE DU 13 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 13 NOVEMBRE

pas avoir attaché une grande importance à cette observation. On pouvait supposer, en effet, que la vésicule qui entourait les spores était comparable au mucilage qui se produit autour des têtes sporifères des Acrostalagmus; on sait que dans ce cas les spores sont exogènes et dans une gelée qui se dissout dès que le Champignon est plongé dans l’eau.

Afin d’établir qu’il s’agissait ici d’un cas tout différent, il fallait voir comment naissaient les asques et les spores. J’ai pu m’assurer, sur des glomérules jeunes, avec l’ohjectif à immersion de Zeiss, que les asques sont les parties terminales renflées de filaments extrêmement fins ; j’ai pu observer des massues ainsi formées qui mesuraient 5 p de hauteur, 4 p de diamètre en haut, 2 p de diamètre vers la base; les filaments qui les portaient avaient 1 à 2 p de largeur. Sur des échantillons plus avancés, j’ai vu naître huit spores dans ces parties élargies, claviformes.

On ne peut en aucune façon comparer les cellules ovoïdes, presque sphériques, produisant huit spores, à des sporanges, et rapprocher, comme M. Saccardo (1) en a eu d’abord la pensée, les Myxotrichum des Mucorinées. Les vésicules sporifères sont, en effet, des asques et non des sporanges, si l’on admet que la constance dans le nombre et la forme des spores permet de distinguer les premiers organes des seconds. Le thalle est de plus cloisonné, et rien ne paraît justifier le rapprochement imaginé parM. Saccardo.

Les spores de M. chartarum sont ovoïdes et mesurent 4 p de long sur 2 p de large; les asques ont 7 à 8 p de diamètre. Les spores ont une coloration jaune qui se manifeste avec intensité dans le glomérule central qui s’observe dans chaque individu qui est jaune roussâtre. Le diamètre de cette région interne dense varie de 60 à

Le réseau de filaments noirs qui s’observe autour de la masse précédente constitue comme une sphère concentrique à la sphère dense médiane. Les branches du réseau noirâtre se divisent dichotomiquement ou trichotomiquement ; l’épaisseur de ces branches diminue vers la périphérie et les derniers rameaux sont pointus. Toutes ces extrémités se trouvent à peu près sur une sphère mesurant 500 à 700 p de diamètre.

Les crosses qui se dressent à l’extérieur de cette sphère sont légèrement renflées à leur extrémité; elles s’insèrent sur le réseau, mesurent environ 130 mètres de long; leur épaisseur est 7p,2 au sommet et 2p,6 en bas.

La plante que je viens de vous décrire me paraît très voisine du

(1) Loc. cil.

CO STANTIN. — SUR LE GENRE MYXOTRICHUM. 347

Gymnoascus uncinatus de M. Eidam. Plusieurs caractères cependant les différencient : 1° le substratum qui les porte dans la nature : le Myxotrichum chartarum se rencontre dans les caves sur du papier, de la toile d’emballage, tandis que le Gymnoascus est fimicole; 2° dans cette dernière plante, le glomérule central n’est pas aussi net; 3® les filaments du réseau couvrant se ramifient à angle droit et ne se terminent pas en pointe; 4° les crosses ne sont pas renflées à l’extrémité; 5° la couleur des crosses et du réseau est différente.

J’ai observé deux variétés de ce Gymnoascus uncinatus, que j’ai pu étudier et cultiver récemment. L’une a été rencontrée sur du fumier de panthère; elle me paraît différer des individus décrits par M. Eidam par quelques caractères secondaires : 1° les glomérules sont d’abord verdâtres; 2° le mycélium peut, au voisinage de cette fructification, présenter cette teinte. J’ai réussi, résultat auquel n'était pas parvenu le distingué mycologue allemand, a obtenir en culture des fructifications ascosporées. J’ai obtenu également en culture sur pomme de terre la forme conidienne ; elle est colorée en jaune et en vert. Je désignerai cette variété sous le nom de viridis.

J’ai observé enfin sur le fumier de sanglier une autre forme qui me parait plus voisine de celle d’Eidam, qui est fauvàtre, et qui peut être désignée sons le nom de fuscus. Les glomérules de ces deux formes sont d’ailleurs notablement plus gros que ceux du Myxotrichum chartarum.

Les résultats que je viens d’exposer s’appliquent à une deuxième espèce dont il me reste à parler maintenant, le M. œruginosum Montagne.

II. Myxotrichum eeruginonum Montagne. — Cette espèce a été décrite par Montagne en 1830 (1); des échantillons authentiques de l’herbier de ce mycologue conservé au Muséum m’ont permis de voir que cette espèce était voisine du Myxotrichum chartarum, aussi bien par l’ensemble de ses caractères extérieurs que par ses spores et ses

asques.

Elle présente un glomérule central dont la teinte varie du jaune claii au roux brunâtre ; cette masse sphérique est en général plus volumineuse que dans l’espèce précédente, elle mesure de 180 à 223 p. de diamètre. Les ascopores, très semblables, sont jaunâtres et ont 4 p sur 2p; les asques mesurent 7 à 8 p de diamètre.

Le système de filaments noirs périphérique est par contre beaucoup moins développé, et sur ce réseau, se dressent non plus des crosses,

(1) Cryptogames nouvelles de France (Annales des sc. nal., 2* série, t. VI, p. 33).

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