SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
société mais non en touffes, paraissant n’admettre avec lui aucune autre plante et formant seul de petits gazons peu étendus. Aucune source ni filet d’eau ue se montraient aux environs, le terrain était même très peu humide $ station fort différente de celles qui lui sont assignées dahs les Alpes d’Autriche, où on l’indique dans les lieux arrosés par les eaux vives.
Ce Carex, voisin du C. panicea , en est cependant très distinct par ses feuilles vertes et non glauques, beaucoup plus brièvement ciliées, par son épi mâle réfléchi à angle droit avant l’anthèse, et par ses épis femelles plus brièvement pédonculés.
M. le comte Jaubert appelle l’attention de la Société sur les magnifiques sapins séculaires ( Abies pectinata ) qui entourent le lieu où elle se trouve réunie. Il fait remarquer surtout les singulières déformations de branches que présentent plusieurs de ces sapins, et qui sont vulgairement connues sous le nom de Balais du diable ou des sorcières.
M. le Président dit que cette déformation provient du parasitisme d'un Æcidium.
M. Germain de Saint-Pierre fait remarquer que les rameaux effdés et décolorés dont se composent les touffes dites Balais du diable , présentent une grande analogie de forme avec les tiges d 'Euphorbia Cyparissias rendues stériles par la présence d’un Æcidium. Dans les branches du Sapin comme chez l’Euphorbe, le
Champignon parasite recouvre la face inférieure de toutes les feuilles.
M. Germain de Saint-Pierre observe aussi qu’un renflement existe à la base de chacun des rameaux de Sapin ainsi transformés, par la présence de Y Æcidium, cri une touffe dont l’aspect rappelle celui des touffes de Gui.
Cette nodosité parait due, suivant M. Germain, à une sorte d’arrêt de la
sève descendante qui, sans doute modiiiée dans sa nature, ne peut
franchir la base de la branche malade et pénétrer dans la branche-mère
qui reste saine. An bout de quelques années, la touffe de rameaux malades
périt, se dessèche, et le bois sec, devenu fragile, cassé par le choc des brau-
ehes agitées par les vents, se détache au niveau du collet rétréci qui limite
la nodosité sphérique devenue volumineuse. Cette nodosité, en raison de sa
giosseui et de sa dureté, persiste dans les débris qui jonchent le sol de la
foièt, longtemps après la destruction des rameaux altérés dout elle constituait la base.