‹ Note sur les cellules interstitielles dans le testicule ectopique de l'adulteChapitre 4 sur 10 · P. LECÈNE · texte numérisé non relu

P. LECÈNE

Interne des hôpitaux.

La cure radicale de deux hernies inguinales avec ectopie testiculaire nous a fourni l’occasion de pratiquer l’examen histologique de deux testicules ectopiques chez des adultes.

Dans un premier cas, il s’agissait d’un homme de trente-sept ans, porteur d’une hernie inguinale gauche avec ectopie préinguinale. Ce malade avait déjà subi une première opération (cure radicale avec orchidopexie) qui n’avait d’ailleurs remédié ni à l’arrêt dans la descente du testicule, ni à la hernie elle-même. Notons l’absence absolue de tout phénomène inflammatoire ou douloureux au niveau du testicule ectopié. L’opération que nous fîmes consista dans la résection du sac. la réfection de la paroi à deux plans et la castration, conduite que nous allons justifier tout à l’heure.

Dans le deuxième cas, le malade, âgé de vingt-deux ans, était porteur d’une hernie inguinale gauche avec ectopie iliaque. Ici encore aucun antécédent d’orchite du côté du testicule ectopié. On pratique de même la résection du sac, la réfection de la paroi à deux plans et la castration.

L’examen histologique du testicule enlevé fut pratiqué dans les deux cas et donna les résultats suivants :

Testicule 1. — Les coupes portent sur la région des tubes séminipares qui sont coupés suivant des incidences variées. A un faible grossissement on constate que les tubes sont séparés les uns des autres par des espaces conjonctifs beaucoup plus étendus qu’à l’état normal. Dans certains de ces espaces on remarque des amas cellulaires évidemment formés par l’agglomération de nombreuses cellules interstitielles. Un examen à un plus fort grossissement permet de préciser les lésions des tubes séminipares, du tissu conjonctif et des cellules interstitielles. Les tubes sont beaucoup moins volumineux qu’à l’état normal. Leur gaine lamellaire est très épaissie et se colore vivement par le carmin. Quant à l'épithélium séminipare, il est

CUNÉO et LECÈNE. — histologie de l’ectopie testiculaire 45

formé de cellules de formes et de dimensions très variées, mais ne présentant que de rares formes de divisions kinétiques et aucune figure caractéristique d’un stade quelconque de spermatogénèse ; aucun spermatozoïde

libre dans la lumière de ces tubes.

Le tissu intertubulaire est formé de faisceaux conjonctifs et de quelques faisceaux de fibres élastiques, plongés dans une substance fondamentale homogène. Entre ces faisceaux se trouvent quelques cellules plates, offrant par places un aspect myxomateux. Les amas de cellules interstitielles présentent les caractères suivants. Leurs dimensions sont très variables; les uns ne comprenant que quelques cellules, les autres au contraire, beaucoup plus volumineux.

Le fait le plus saillant est leur systématisation périvasculaire ;cette ordination des cellules interstitielles autour des vaisseaux a d’ailleurs été déjà signalée par Renaut % qui rapproche cette disposition de celle que présentent les lobules adipeux en voie de formation ou encore les cellules des glandes à sécrétion interne. La forme des cellules interstitielles rappelle en tous points celle des éléments correspondants du testicule normal. Ce sont des cellules beaucoup plus volumineuses que les cellules migratrices éparses dans le tissu conjonctif. Elles sont irrégulièrement polygonales, à noyau sphérique, avec un ou plusieurs nucléoles très nets. Le corps protoplasmique contient des globules graisseux et de nombreuses granulations pigmentaires.

Testicule IL — Le testicule II présente des caractères absolument analogues : les tubes y sont également atrophiés, sans figures de spermatogénèse. Les amas de cellules interstitielles, encore que très abondants, présentent un développement un peu moins considérable que dans le précédent. La fixation au Flemming permet de constater avec la plus grande netteté, la présence de nombreux granules graisseux, aussi bien dans les cellules épithéliales des tubes que dans les cellules interstitielles.

En résumé, nous trouvons dans ces deux cas deux ordres de lésions : d’une part, les tubes séminipares sont atrophiés et ne présentent pas de figures de spermatogénèse; d’autre part, il y a une augmentation numérique remarquable des cellules interstitielles.

Nous n’insisterons pas sur les lésions de l’épithélium séminipare et des tubes. Il s’agit en effet là d’un fait bien connu aujourd’hui, aussi bien au point de vue histologique qu’au point de vue de ses conséquences pratiques. Les modifications des cellules interstitielles nous arrêteront, au contraire, plus longuement.

Cette abondance des cellules interstitielles dans le testicule ectopique de l’adulte ne semble guère avoir jusqu’ici attiré l’attention des auteurs. Nous trouvons cependant le fait noté par MM. Félizet

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