SÉANCE DU 11 OCTOBRE
pas moins repoussé une seconde fois et y forme encore actuellement (septembre 1907), des touffes opulentes. Son abondance sur les rives de la Loire à Nantes n’a nullement diminué. N’ayant pas de Ch. ambrosioides sur ces points abrités de mon jardin, je ne puis savoir absolument ce qu’il serait devenu pendant ce second et plus rude hivernage; mais il est plus que probable qu'il eût repoussé là, comme son congénère.
2° Caractères distinctifs des deux Chenopodium.
Ch. anthdminticum L.
Plan te vigoureuse.
Floraison tardive.
Plante plus ou moins hispide.
Feuilles assez grandes, vert-cendré, ovales-oblongues, à dents rapprochées et assez profondes, un peu charnues, à nervures de la face inférieure proéminentes ; petits rameaux des grappes presque nus, munis seulement de feuilles bractéiformes, parfois presque nulles.
Odeur de térébenthine, plutôt repoussante.
Ch. ambrosioides L.
Plante moins vigoureuse.
Floraison précoce.
Plante à aspect virescent, glabre, ou
à peu près.
Feuilles plus petites, lancéolées, sinuées, dentées à dents peu
profondes,écartées,plus minces,
à nervures de la face inférieure
non proéminentes, grappesordi-
nairernent nettement feuillees, parfois cependant à petits rameaux munis seulement de bractées plus ou moins réduites.
Odeur aromatique, plutôt agréable.
Une partie de ces caractères sont bien perceptibles dans les échantillons de l herhier de Linné reproduits ci-contre. De même, la figure de Dillenius va parfaitement à notre Ch. anlhelminticum et celle de Morison, au Ch. ambrosioides cultivé a
Rochefort-sur-Mer.
La forme et la dentelure des feuilles, leur épaisseur, leur villosité, permettent, le plus souvent, de classer les échantillons dans 1 un ou l’autre des deux tvpes. Le caractère linnéen du
Species plant arum : « racemis foliatis » et « racemis aphylhs * est, par contre, essentiellement trompeur, car, dans le Ch. anthel mmticnm, les fleurs ne sont presque jamais absolument dépourvues de bractées quoique celles-ci soient parfois presque rudimentaires. On peut en apercevoir quelques rudiments, semble-t-il» même sur l’échantillon de l’herbier de Linné.
3° Valeur taxonomique des caractères.
Elle est très faible, ainsi que je l’ai dit plus haut. Les différences
E. GADECEAU.
CHENOPODIÜM ANTHELMIMICDM ET AMBROSIOIDES L. 509
consistent, en effet, dans le plus ou moins de villosité de la plante, la forme et la dentelure des feuilles, le développement plus ou moins grand des feuilles florales.
4° Origine cultivée du Ch. ambrosioides.
Ce qui précède me conduit à hasarder l’hypothèse que le Chenopodium ambrosioides , cultivé depuis très longtemps, probablement comme plante annuelle, pour les usages pharmaceutiques ', a pu perdre, par suite de cette longue culture, quelquesuns de ses caractères primitifs, lesquels, au contraire, ont subsisté dans le Ch. anthelminticum.
Ainsi aurait pris naissance une race relativement appauvrie [Ch. ambrosioides) dont les caractères (virescence, glabréité,
accroissement des organes foliaires), sont précisément ceux qui s observent souvent en pareils cas.
Lne culture comparative plus prolongée permettrait peut-être de fortifier, par des faits plus précis, cette hypothèse.
Il m a semblé qu’il ne serait pas sans intérêt de relater ici les localités des deux Chenopodium que j’ai pu contrôler dans divers
herbiers.
A) Ch.enopodi.uni ambrosioides L.
a) Localités de mon herbier. — 1. Puyvo (Basses-Pyrénées), herb. Mouillefarine; 2. Jardin botanique de Bruxelles; 3. Jardin du Muséum de Paris (comm. J. Poisson); 4. Béziers, île du Pont-Rouge, leg. Braun (1854); 5. Béziers, leg. H. Coste et Fr. Sennen (1891); 6. Oléron (Charente-Inférieure), reçu vivant (ded. Beau).
b) Herbier Lloyd. — 1. Rome, 1846 (Herb. Kralik) [Lloyd a écrit sur l'étiquette « bon type »]; 2. R. endroits herbeux humides à Béziers, de juillet à novembre 1856: 3. In sabulosis salsuginosis pr. Marcin (1852), le 9- I> r Cuiras (herb. hisp. WillkommH. M.) ; 4. Jardin des Pharmaciens,
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1- \oir à ce sujet la note très curieuse de M. Reynier formant renvoi dans son Mémoire (p. 8 du Bulletin) par laquelle il fait ressortir 1 incertitude de l'origine première du Te de Espanii. D'après M. P. Jourdan [cfr. Hore murale de la ville d'Alger. Bull. Soc. alg. de Climatologie, 18 ; 2j,le j"/n. bama existe en Afrique depuis la plus haute antiquité, son intro
action remonterait à l’existence de l’Atlantide î !...
, . r aussi de Candolle ( Géog. bot., p. 736) où il est dit que Bauhin
Pma*, l>e éd i 6 23, p . 138) parle du Ch. ambrosioides qu’il nomme « Botrp
a <nbrosioidcs mexicana »; comme d’une plante qui venait dêtre obtenue dans un jardin, en 1619, de graines du Mexique.