‹ Note sur les dunes de GascogneChapitre 1 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Formation des dunes. — Sur les côtes de Gascogne, les cours d*eau sont déviés vers le sud. Ce phénomène est la conséquence de l'existence sur ces côtes d'un courant se dirigeant vers le sud-est, avec une vitesse d'environ U milles par 2/1 heures (''.

Sous l'influence de la composante parallèle au rivage de ce couraiit littoral, les sables sont entraînés du nord au sud en glissant le long de la côte.

Les matériaux sableux transportés ont une double origine : ils sont arrachés par la mer à ses rivages et aux fonds sous-marius, ou proviennent de la Garonne. Les sables déposés sont formés de grains de quartz renfermant en mélange des lamelles de mica , très abondantes sur certains points, des grains de jaspe noir, du fer oxydulé et des débris de coquilles ^^\

La matière arénacée obstrue les embouchures des rivières ou courants, en constituant des barres puissantes, et les rejette vers le sud. Une seule exception à cette règ^e générale peut être mentionnée. A Rayonne, vers l'an i5oo, les sables ont fermé l'embouchure de l'Adour. Cette rivière n'a pu se diriger vers le sud à

^*^ Bulletin de la Société de géographie, p. 1 Ss : «rLa proportion de calcflire pro- 3& septembre 1893. venant des dëbris de coquilles ne s*ëlève

^^ A. deLapparent. Traité de géologie, qu'à o,3 p. ioo.«

BAUX BT rORÉTS. — M. J. BBBT. t

cause de la résistance des terrains qui bordent sa rive gauche ; de plus , l'obstruction du lit s'étant produite assez loin dans l'intérieur, elle a obéi à la tendance naturelle qui entraîne vers la droite les cours d'eau des Pyrénées ^^\ Elle s'est frayé , par suite , un passage au nord, dans la plaine sableuse de Capbreton, pour aller atteindre l'Océan à Vieux-Boucau , à 3o kilomètres environ de son point de départ.

Sur la demande de Henri III , l'architecte Louis de Foix a rétabli l'ancienne embouchure, après de longs travaux commencés en 1 579(^1 L'emplacement du lit temporaire de l'Adour est encore apparent sur le terrain.

Le mécanisme de la formation des dunes est le suivant: Les matériaux transportés par les flots se déposent sur la plage , qui forme , entre la laisse des hautes et des basses mers , un plan légèrement incliné. Rapidement desséchés, ils sont soulevés par le vent, surtout dans la zone qu'atteignent seules les marées qui se produisent dans le voisinage des syzygies; entraînés dans l'atmosphère ou roulant sur le soi, ils retombent ou s'arrêtent à une certaine distance, et s'accumulent en formant des rides et des monticules peu élevés. A 700 mètres en moyenne de la laisse des basses mers, une dune commence à se former et elle atteint une hauteur de â o à 3 o mètres ; c'est la première chaîne de dunes. Les apports ultérieurs de sable l'accroissent peu ; ces matériaux , poussés par le vent, remontent la pente occidentale, franchissent la crête et descendent sur le flanc oriental. Ils s'étalent et sont repris en partie par les vents pour former une deuxième chaîne et ainsi de suite. La pente du versant occidental des dunes est comprise entre 4 p. 100 et 25 p. 100 et celle du versant oriental entre 7 p. 100 et 75 p. 100.

^^^ Collignon. Mécanique appliquée, d'eau, qui gënéraiement appuient vers la

t. II, p. 697 : tr La tendance latérale des droite dans rhëmisphère boréal.»

corps en mouvement à la surface de la ^'^ Lyell. Principes de géologie, t. 1,

terre se mauifeste dans les grands cours p. 738.

DESCRIPTION. î

Les matériaux les plus gros restent près du rivage tandis que les plus ténus sont transportés au loin. De plus, la direction générale du vent n'est pas horizontale, elle est inclinée au-dessus de l'horizon à partir du rivage par suite de sa rencontre avec les amoncellements successifs de sahle. Il faut aussi tenir compte de ce fait que l'altitude du plateau continental primitif croît de l'ouest à l'est; elle de i5 à 20 mètres à l'est des dernières chaînes de dunes. Les dunes augmentent donc en hauteur de l'ouest à l'est, leur inclinaison générale restant comprise entre la p. 100 et 19 p. 100.

A un certain moment le sable s'accumule sur le versant occidental et la crête s'écroule , de sorte que l'intervalle entre deux chaînes consécutives se comble lentement.

Il y a lieu aussi de remarquer que, par suite de l'amoncellement des sables , les lignes de crête et les lignes de thalweg tendent à se remplacer peu à peu , ce que l'on exprime parfois en disant que les dunes roulent comme des vagues sur elles-mêmes. Toutefois , ces déplacements sont assez lents et la forme générale dii relief est assez stable ^^\

Un mouvement de cette nature s'est produit à Soulac. En lyA/i, les sables couvraient l'église et empêchaient d'y pénétrer. Un procès-verbal de visite du 2 vendémiaire an x ( 9 û septembre 1801) constate que le monument était dégagé :

De Gordouan nous sommes desceadus à Fembouchure de la Gironde, sur la rive gauche de ce fleave; notre premier soin a été de parcourir la cdie et d'y faire choix du lieu le plus convenable pour rétablissement de nos premiers ouvrages. Nous y avons vu, avec peine, que le fort était menacé parla mer; qu'une assez grande partie de la pointe de Grave allait être incessamment envahie sans espoir de pouvoir Tempécher; que la côte n'était qu'un désert affreux et dénué de toute espèce de production , et que les progrès rapides des dunes dans les terres étaient effrayants. L'église de Soulac en est une preuve incon-

^*' Voir, pour la formation des dunes, le Traité de gMogie de A. de Lapparenl, p. i&S-iiQ.

testabie. Le clocher qui, il n'y a pas vingt ans , était enseveli sous une épaisseur de plus de vingt mètres de sable, en est aujourd'hui entièrement débarrassé et sert de balise^ la montagne a passé (^).

Si on considère une dune d'une longueur limitée, dans son mouvement en avant les extrémités s'avanceront plus rapidement que le centre, parce qu'elles sont moins élevées et que le sable ayant une moindre hauteur à franchir chemine plus rapidement. En réalité , la forme en croissant résultant de cette inégalité de marche s'observe assez rarement. Les dunes forment des chaînes sensiblement parallèles au rivage ou plutôt perpendiculaires à la direction moyenne des vents, ou bien elles présentent, surtout à l'est, des formes très diverses et se composent de monticules distribués sans aucun ordre apparent. Le maximum de hauteur est atteint, en général, par les chaînes qui précèdent ces dunes en ordre confus.

Brémontier, dans son premier mémoire, décrit ainsi qu'il suit les dunes de Gascogne :

Ces dunes sont plus ou moins élevées et plus ou moins avancées dans les terres suivant les circonstances qui ont concouru à leur formation et qui en ont retardé ou accéléré la marche, telles que la violence et la direction des vents ; la pente plus ou moins rapide du lit de la mer, du rivage et du terrain qu elles ont envahi, et les différents obstacles qu'elles rencontrent

La longueuc de l'espace qu'elles occupent n est quelquefois que d'un mille, et quelquefois de quatre, cinq et plus.

Leur hauteur, réduite quelquefois à 13 pieds, est le plus souvent de 60 à i5o pieds et même davantage.

Elles ne couvrent pas toujours cette vaste étendue : tantôt isolées ou contiguës, tantôt les unes sur les autres, elles sont encore divisées par chaînes,

^^^ Procès-verbal de la visite de l'em- Marine; Brémontier, ingénieur en chef;

bouchure de la Gironde, relativement à Labadie, Bergeron, Gatros et Guyet-La-

la fixation et à la fertilisation des dunes prade , membres de la Commission des

du a vendémiaire au x (ai septembre dunes; Peychan, inspecteur; Barennes,

1801), signé par MM. Dubois, préfet; secrétaire du préfet. Bergevin, commissaire principal de la

entre lesquelles se trouvent des vallons (^) peu larges, d'une longueur souvent de plusieurs milles sans interruption.

Les dunes restent assez rarement dans le même ëtat : leur sommet s'ëlève ou s'abaisse, elles se réunissent ou se séparent; de nouveaux vallons se forment et d'autres se remplissent et tous ces changements ou ce désordre sont l'effet des vents dont elles semblent le jouet.

Les vallons qui se forment entre les dunes changent de place comme les montagnes

Cette immense surface, comparable à celle d'une mer en fureur dont les flots élevés seraient subitement fixés dans le fort d'une tempête, n'offre aux yeux qu'une blancheur qui les blesse, une perspective monotone, un terrain montueux et nu, enfin un effrayant désert.

Tandis que les sables envahissent le territoire, la mer, qui, même dans les temps calmes, brise en écumant le long des côtes sur toute la ligne maritime, vient, quand les vents la soulèvent, entamer la grève que les dunes ont quittée et en arracher les sables qu'elles avaient abandonnés dans leur fuite. Ces sables mêlés à ceux des fonds, à ceux des bancs immenses qui bordent le golfe et à ceux qui résultent des graviers, sans cesse broyés par les flots, fournissent à l'Océan les matériaux destinés à étendre ou à élever encore les dunes du rivage.

Vitesse des dunes. — Forme. — Altitude. — Superficie. — Volume des sables. — La vitesse de propagation vers l'est des dunes de la Teste a été évaluée par Brémontier à âo mètres par an, mais il s'agit d'une situation particulière: la pointe du Bernet était attaquée par les courants locaux et les produits de l'érosion étaient entraînés au nord-est, accumulés sur la plage et poussés par les vents d'ouest.

La marche de la dune qui a envahi l'église de Soulac a été assez lente, ainsi qu'on l'a vu précédemment. En 1775, l'église de Mimizan était sur le point d'être recouverte par les sables, mais cette situation menaçante s'est maintenue jusqu'en 1 8o3 , première année de l'exécution des travaux de fixation dans la région. D'après un

(*^ Ces vallons se nomment dans le pays (défilé). Clairac ( Va et coutumes de la mer^ lettes, leytes, lèdes et parfois ailettes. On édition de 1661 , p. 19&) emploie Texleor donne quelquefois le nom d'escouire pression lède pour : rivage de la mer.

procès-verbal de bornage de 1788 de la seigneurie de Castelnau, l'ancienne église de Lège était située dans le voisinage de la dune dé Pas-Cazatuv^ c'est-à-dire à 2,000 mètres environ au nord de l'église actuelle. Quant à l'ancienne église du Forge, elle se trouvait sur l'emplacement de la dune de Gleize-Vieille y à 4, 000 mètres au nord de la précédente, soit à 6,000 mètres au nord de l'église actuelle de Lège. Les dunes de Pas-Gazaux et de Gleize-Vieille sont situées sur la limite occidentale du massif de la Gironde.

On he peut donc assigner aucune valeur précise à la vitesse de propagation des rides sableuses et par suite on ne peut utiliser cette valeur pour essayer de fixer le commencement de l'époque de la formation des dunes. Au contraire , on peut se baser sur les documents historiques pour déterminer cette vitesse en certains points. - Ainsi, en 1277, la forêt usagère de Biscarrosse s'étendait jusqu'à l'Océan d'après des lettres-patentes datées de Bordeaux, mois de juillet.

D'un autre côté, d'après Strabon et Ausone, les sables, à leur époque , n'envahissaient pas encore le pays.

Strabon {lib. IV) ^ en parlant de l'Aquitaine, s'exprime ainsi W:

Aquitaniœ solum quod est ad litus Oceani , majore sui parte arenosum Est et tenue, milio alens reliquanim Frugum minus ferax.

Une épître d'Ausone à Théon, habitant du Médoc, renferme le passage suivant ^^h

Quid geris , extremis positus teiiuris in oris , Cultor arenarum vates? Gui iitus arandum* Oceani finein juxta , soiemque cadentem

, ^^V Rapport du 6 décembre 1817 de ^*^ A. de Lapparent. Traité de géologie,

M. Le Boullenger, iagénieur en chef du p. 1 56. dëparteitient des Laudes,

Montaigne, en i58o, donne des renseignements assez précis dans ses Essais f livre I, chap. xix :

Il me semble qu'il y ait des mouvements naturels les uns aux autres, iBëvreux dans ces grands eorps comme aux nôtres.

Quand je considère Timpression que ma rivière de Dordogne fait de mon temps sur la rive droite de sa descente, et qu'en vingt ans elle a tout gagné et dérobé le fondement à plusieurs bâtiments, je vois bien que c'est une agitation extraordinaire. Car si elle fUt toujours allée de ce train ou dût aller à l'avenir, la figure du monde serait renversée; mais il leur prend des changements. Tantôt elles s'épandent et tantôt elles se contiennent. Je ne parle pas de soudaines inondations, de quoi nous manions les causes.

En Mëdoc, le long de la mer, mon frère, sieur d'Arzac, voit une sienne terre ensevelie sous les sables que la mer vomit devant elle. Le faite d'aucuns bâtiments parait encore; ses rentes et domaines se sont échangés en pacages bien maigres. Les habitants disent que, depuis quelque temps, la mer pousse si fort vers eux qu'ils ont perdu quatre lieues de terre. Ces sables sont ses fourriers, d'arènes mouvantes qui marchent une demi-lieue devant elle et gagnent pays.

Ces difféi'ents documents permettent d'assigner une durée probable de 5 siècles à la période de formation des dunes actuelles , du XIV® au iviu® siècle inclusivement (^) ; la largeur moyenne de ces dunes étant de 5 kilomètres, la vitesse moyenne de propagation serait ainsi de lo mètres par an. Il y a lieu, toutefois, de remarquer que cette vitesse a varié dans d'assez larges limites , selon les époques et les endroits considérés. Ainsi on a déjà dit que selon Brémontier, vers la fin du siècle dernier, les dunes de la Teste s'avançaient vers l'est de d o mètres par an. Il résulte aussi de procès-verbaux de bornage de la seigneurie de Gastelnau que la marche des dunes de Lège.a été de â5 mètres par an environ, de la fin du xvu® siècle à la fin du xyuf.

Le rapport du 6 décembre 1817, déjà cité , de M. Le Boullen-

^*^ Les principaux travaux de Gxation des dunes ont été exécutés au commehcement du XIX* siède.

ger, ingénieur en chef à Mont-de-Marsan renferme, en ce qui concerne la forme des dunes, les renseignements qui suivent :

Les dunes plates {Chiouk^ent, siffle-vent) sont celles dont Tinclinaison est vers les terres et qui s'avancent par un talus longuement prolongé depuis leur sommet jusqu'au niveau de l'ancien sol. Ces sortes de dunes marchent avec une extrême rapidité, parce que le sable qui a reçu la première impulsion depuis le sommet de la dune est aidé par son propre poids dans sa course. Elles se trouvent toujours dans certains courants violents que prennent les vents ; de là leur nom.

Ces sortes de dunes couvrent les héritages d une première couche de sable imperceptible, mais qui augmente toujours en épaisseur. Souvent la percussion répétée de ces sables suffit pour faire périr tout ce qui v^ète, même les arbres les plus puissants; elles encombrent les lits des canaux de dégorgement, changent leur direction et, lorsque ceux-ci ne peuvent les contourner, occasionnent des submersions dans le pays.

La dune plate a un autre talus qui s'étend de son sommet vers la lette où elle a pris naissance; ce talus est toujours dirigé vers la mer et c'est sur lui que les vents exercent leur action. Pressant continuellement sur ce plan de forme circulaire, ils en détachent les molécules, les portent au sommet de la dune avec des efforts assez lents et successifs, mais une fois parvenues à cette hauteur celles-ci volent avec rapidité sur le plan très incliné où elles reposent.

Les dunes hautes ont également un plan incliné qui s'étend du côté de la mer, à partir de la lette ou vallée qui leur sert de base jusque vers le sommet ; mais ces sortes de dunes sont coupées presque à pic à pai*tir à peu près de leur sommet. Le talus qui les termine est celui que prend cette espèce de sable versé avec une extrême précaution. Il tombe sur la lette par tranches parallèles à cette inclinaison et pas un grain ne tombe au delà, de sorte que les talus de cette nature fournissent un abri et de la fraîcheur aux plantes; les lettes ainsi situées sont en général plus riches en végétation au pied des dunes que partout ailleurs. Il semble que le vent pousse le sable depuis le pied de la dune jusqu'à son sommet, que, l'inclinaison de la dune ayant donné au vent une direction d'ascension, il n'a plus la force de soutenir le sable qu'il abandonne à peu de distance du sommet, et que, quand la masse de ces sables est assez considérable , ils brisent leur légère adhésion et tombent comme un métal fluide le long du talus très incliné formé par les sables précédents. Il suit de ce travail que l'avancement de ces dunes est fort lent, mais aussi tout est étouffé à leur approche; en effet, elles couvrent tout, brusquement

d'une tranche de sable de i5 k Ixo mètres de hauteur. Lorsque ces dunes se versent dans un ëtang, il se produit souvent de très fortes détonations, parfois comme un coup de canon.

Enfin 9 on distingue les dunes éparpillées. Lorsqu'une dune est parvenue, après plusieurs retours successifs, dans Tintërieur des terres, il arrive souvent qu'un accident la divise : alors, elle s'éparpille par le vent et disparaît en formant des hancs à différentes hauteurs sur les plaines adjacentes. Bientôt la végétation couvre ces bancs peu épais et la dune est pour toujours fixée.

La direction des dunes est de l'ouest à Test, comme la résultante des vents dominants. La dune est par suite toujours arrondie du côté où les vents la frappent , et le côté opposé seul approche de la forme verticale autant que la nature du sable peut le permettre. Cependant cette forme conique qu'elle prend sous l'aspect du vent n'est pas la plus commune; elle n'a lieu que pour les dunes isolées. Souvent les dunes affectent une forme bariongue , mais elles ont toujours leur flanc du côté du vent en plan très incliné.

Le vent, retroussant toujours le sable du pied de la dune pour le porter à son sommet, pousse ce sable en avant vers les terres. Il comble les lettes ou vallées herbeuses qui existaient, mais il découvre en même temps des espaces ensevelis depuis des siècles.

Cependant certaines lettes, Petit-Durand et Grand-Durand, par exemple, sont découvertes depuis des siècles bien qu'entourées de dunes envahissantes en tous sens. On ne peut douter de l'antiquité de ces lettes aux pins, chênes et lièges qu'on y trouve; les eaux y séjournent et nuisent à la végétation.

Un mémoire du 26 messidor an vm (i5 juillet 1800), de M. Fleury , membre du Conseil d'arrondissement de la Teste , renferme des considérations analogues à celles qui précèdent.

L'altitude des sommets de la chaîne la plus élevée ne dépasse guère 60 mètres; pourtant on observe dans les dunes de Biscarrosse une hauteur de 89 mètres.

D'après les levés effectués dei8i8ài82â,la contenance des dunes est la suivante :

Département de la Gironde 53,933 hecl.

Département des Landes ^99^89

Total 109,899

Brémontier l'avait évaluée à 110,000 hectares (*J dans ses premiers mémoires, et à 118,887 hectares dans son mémoire du 3 pluviôse an xn (10 février i8o3).

L'évaluation de M. de ViUers, dans son mémoire de 1779, ®^* de 1,1 i/!i,65o journaux, mesure de Bordeaux, soit 355,685 hectares, le journal de Bordeaux ayant une valeur de 8/10 toises carrées ; cette contenance comprend évidemment la région des dunes et celle des étangs.

D'après Brémontier, la longueur des dunes entre la Garonne et l'Adour est de aSi kilomètres; la largeur moyenne, de 5 kilomètres, et la hauteur moyenne, de 1 7 mètres (^). Il pense que la formation des dunes sur les côtes de Gascogne remontait à 6,3 1 5 ans, au commencement du siècle actuel , et il évalue à 1 5 ou 1 8 mètres cuhes par mètre courant le volume des sables rejetés annuellement par rOcéan (^). Ce même volume est estimé à â5 mètres cubes par M. Ritter, ingénieur des ponts et chaussées à Mont-de-Marsan, dans son rapport du â 7 septembre 1863.

On peut admettre que la quantité de sable déposée a été de 1 5 à 1 8 mètres cubes ou de s 5 mètres cubes sur les points considérés * par Brémontier et par M. Ritter et à l'époque de leurs observations, mais il paraît plausible de supposer qu'il y a eu une période d'apports beaucoup plus importants.

11 y a lieu d'ailleurs de remarquer que les dépôts antérieurs, à ceux de l'ère actuelle, dépôts dont il sera question dans le paragraphe suivant, n'ont pas seulement fermé les anciennes échancrures du rivage et comblé en partie le centre du golfe de Gascogne; ils ont aussi constitué des montagnes de sable qui ont été surmontées pour la plupart par les dunes de formation récente.

^') Institut national des sciences et arts. 1806. Rapport de MM. Gillet-X<aamont,

Séance du 1 6 floréal an vni ( 6 mai 1800). Tessier et Ghassirou. Rapport de Coulomb, Parmentier et Prony. ^'^ Institut national des sciences et arts.

(*) Société d'agriculture du département Séance du 1 6 floréd an vm (6 mai 1 800).

de la Seine. Séances des & et 19 février tlapportde Coulomb, Parmentier et Prony*

Il semble que Ton aura tenu compte dans une mesure suffisante de ces diverses circonstances en réduisant à 8 mètres l'épaisseur moyenne des apports récents, étendus sur une largeur moyenne de 5 kilomètres et sur une longueur de â3/i kilomètres. Dès lors, «n admettant une durée de cinq siècles pour la formation des dunes actuelles, le volume moyen déposé annuellement par les eaux serait de 8o mètres cubes par mètre courant.

On peut donc admettre que le phénomène de formation des dunes récentes a présenté une période d'intensité beaucoup plus active qu'actuellement, qui peut avoir coïncidé avec une période de grandes érosions de la Garonne et de ses affluents.

Deux formations distinctes de dunes. — Origine des sables. — Les sables sur lesquels des travaux de fixation ont été exécutés pendant la première moitié du siècle actuel, sont des dunes récentes. Une formation plus ancienne avait eu lieu antérieurement; elle constitue encore de nos jours les montagnes de Lacanau, de la Testé, de Biscarrosse , de Contis, etc.

Ces anciennes dunes, dont la création coïncide probablement avec celle des étangs, étaient occupées par des forêts de pins, de chênes et de chênes-liège.

On a vu précédemment que la forêt de Biscarrosse s'étendait jusqu'à l'Océan vers la fin du xii* siècle.

M. Le BouUenger, dans son rapport déjà cité du 6 décembre 1817, donne la description suivante de la forêt de Contis :

Cet antique bois de i5o hectares, composé de iiëges, de pins et de chênes qui ne tombent jamais que par reffort des tempêtes et dont on ne daigne pas employer les débris, doit son nom à une vieille chapelle que je crois dédiée à Saint-Jacques. Les miracles du saint sont peints en différentes scènes, sur un tableau en bois que j'ai pris la peine de nettoyer. La date, assez récente, est de 1667, mais il a pour pendant une autre peinture très fruste dont les inscriptions sont en gothique du xui*" au xiy"^ siècle; il est dédié à Sainte-Catherine.

La ville et le territoire de Soulac ont été donnés à labbaye de Sainte-Croix de Bordeaux par Guillaume-le-Bon , comte de Bordeaux, duc d'Aquitaine. L'acte de donation, qui remonte au milieu du x^ siècle, est ainsi conçu : cr Villa quae vocatur Solac cum oratorio Sanctae Dei genitrix Mariae, cum aquis dulcis de mare salissâ usque ad mare dulce, cum montanis, cum pinetâ, cum piscatione, cum cunctis pratis, saluissivâ capiente, cum servis et anciilis, cunctae haec de Deo et huic altari in honorem Sanctae Grucis aedificatOT).

On peut citer encore le passage suivant d'un rapport du 1 9 germinal an X, de M. Guyet-Laprade, conservateur des forêts à Bordeaux.

Parcourant ensuite les parties des dunes qui séparent la ^ande et la petite forêt de la Teste, nous avons observé que ce vide présente une longueur de plus de h milles sur une largeur de 13,000 mètres au moins qui autrefois ne faisait qu'une seule et même forêt. Parcourant les dunes, nous avons aperçu la cime de plusieurs arbres pins qui auparavant avaient plus de 5o pieds de hauteur; ils paraissent et disparaissent au gré des vents, mais on peut en approcher sans crainte lorsque le vent est calme. Il devient pressant de recouvrir toute cette partie qui, ^n réunissant les deux forêts, abritera le bourg de la Teste (^).

La forêt de la Teste a été grevée de droits d'usage au profit des habitants du captalat de Buch par actes de 1/168 et de 1 535; ce massif, d'une contenance de 3,8 5 /i hectares, appartenait en i863 à 1^7 propriétaires distincts, ce Elle n'est autre chose qu'une chaîne de dunes et ne diffère de celles plus près de la mer que par sa production. Elle est recouverte de superbes arbres, pins, chênes et autres essences; l'essence dominante est le chêne, et, malgré une mauvaise gestion qui tend à le faire disparaître , il semble que la

^^^ On reconnaît quelquefois sur le bord très anciennement — car on ne peut dési-

de la mer des souches de pin , des débris gner le temps — plantées de bois de pin

de fourneaux , qui donnent des preuves et exploitées (Brémontier). non équivoques que ces terres ont été

d;escription. 13

nature se plaît à faire tous ses efforts pour suppléer aux plus grandes dévastations f^' d.

Cette double formation de dunes se rattache à la question de l'origine des sables.

D'après Brémontier, les matériaux des dunes de Gascogne proviendraient des érosions de la mer sur ses côtes depuis l'île d'Ouessant jusqu'au cap Ortegal, mais la comparaison des sables au nord et au sud de l'embouchure de la Gironde ne permet pas d'adopter cette opinion.

Les dunes de la Coubre sont, en effet, formées d'éléments très fins, de teinte grise, assez riches en débris de coquilles et en oxydule de fer et renfermant du mica très divisé. Au sud de l'embouchure de la Gironde, au contraire, les éléments sont plus gros, blancs ou jaunâtres, avec quelques grains noirs et parfois rouges ou verts ; les lamelles de mica sont de la dimension des grains les plus gros , les débris de coquilles et l'oxyde de fer sont moins abondants.

On peut admettre que les produits des érosions marines et fluviales depuis l'île d'Ouessant jusqu'à la pointe de la Coubre ont formé les dunes qui font en partie l'i)bjet du quatrième mémoire de Brémontier, en date du s o pluviôse an xn.

En ce qui concerne les côtes de Gascogne, il s'est produit certainement quelques érosions, de la pointe de Grave à la pointe de Batsable ou de la Négade notamment, mais la majeure partie des dépôts paraît provenir du bassin de la Garonne. Ce fleuve , qui arrive à l'Océan après un trajet relativement assez court (65 kilomètres), entraine de nombreux éléments sableux qui sont repris par la composante parallèle au rivage du courant du sud-est et déposés peu à peu sur le littoral. L'abondance de ces dépôts décroît en avançant vers le sud; la puissance des dunes de la partie

^^^ û3 prairial an v (i i janvier 1 797). Procès-verbal de visite des dunes de la Teste, |)ar M. GuyetrLaprade , maître particulier des forêts.

méridionale du département des Landes diminue rapidement à partir du courant de Gontis.

Les transports de la Leyre ont dû contribuer à la formation des dunes au sud du bassin d'Arcachon; on peut expliquer ainsi la grande puissance des dépôts de Biscarrosse.

Tous les éléments qui constituent les sables de cette région: quartz, mica, lydienne et oxyde de fer, se trouvent dans les terrains qui forment les terrasses et les vallées de la Garonne et de ses affluents, «r Les cailloux et les graviei^ de ces terrasses et vallées proviennent d'ailleurs de roches des Pyrénées; ils ont été arrachés à ces montagnes par des courants énergiques et transportés dans les plaines i) ^^K

La formation des dunes du Languedoc est due à une cause analogue :

Entre Tembouchure de l*Hërault et celle du Rhône, une série de marais salants bordent la c6te. Ces lacs d'eau saumfttre sont sépares de la mer par nn mince cordon littoral formé de dunes dont la hauteur ne dépasse pas 8 à j o mètres. Toute la côte est calcaire, mais le sable des dunes est siliceax. .

D'où peut provenir cette silice? où sont les rochers qui Tout produite? C'est dans les Alpes qu'il faut chercher leur origine. Lorsque les anciens glaciers sont descendus dans les vallées jusqu'aux bords du Rhône, entre Lyon et Vienne, mais moins bas dans les vallées méridionales, ils ont laissé sur place tous les débris, blocs, cailloux, sable, qu'ils transportaient sur leur dos ou charriaient dans leurs jBancs. Quand ces glaciers fondirent et reculèrent, tous ces débris accumulés furent entraînés vers la mer par les eaux résultant de cette fonte prodigieuse. Les roches friables, les calcaires tendres, les grès furent réduits en poudre par le frottement avant d'arriver au débouché des vallées; mais les roches dures et, en particulier, les roches siliceuses, les quartzites parvinrent sous forme de cailloux arrondis dans la plaine du Rhône; ils y formèrent de grandes nappes dont la Crau est la plus étendue et la plus célèbre. Ces cailloux ne s'arrêtèrent pas au bord de la mer, ils dépassèrent le rivage. Depuis cette époque, des milliers d'années se sont écoulées; ces cailloux, balancés par le flot, s'usèrent réciproquement et prirent la

^^^ Leymerie. Description géologique et paléontologique des Pyrénées, p. 869. Voir aussi p. 863, 867 et 999.

forme de galets aplatis; mais le sable résultant de cette usure, emporté par les vents, a forme les dunes que nous voyons. Les cailloux générateurs des dunes n'ont pas disparu de la plage. Sur toute la côte de Montpellier on les voit mêlés aux coquilles; aussi le sable des dunes est-il formé de 76 p. 100 environ de silice et de 9 5 p. 100 de calcaire provenant en grande partie des coquilles que le flot broie contre le rivage. Ainsi tout se lie à la surface du globe, et les dunes des rivages languedociens doivent leur origine aux débris accumulés d'abord dans les vallées par les anciens glaciers des Alpes provençales (^).

En adnaettant que les sables proviennent en grande partie de la Garonne (^^ on comprend qu'il y ait eu une formation ancienne de dunes. Cette formation , qui a coïncidé avec une époque de fusion des glaciers pyrénéens, a pu être suivie d'une période de précipitations atmosphériques assez intenses pour fixer les sables mobiles et pour permettre à la végétation de s'en emparer. Ces anciennes dunes sont en effet boisées en pin maritime , chêne pédoncule et chêne-liège : les chênes-liège de la forêt de Gontis sont remarquables par leurs fortes dimensions qui indiquent un âge très avancé.

La formation nouvelle coïnciderait avec une période récente d'érosions provenant peut-être du développement de la culture et du défrichement du bassin de la Garonne. Peut-être aussi pourrait-on faire intervenir, dans une certaine mesure, un déplacement des lignes de rivage. Mais rien n'indique qu'on puisse l'attribuer au déboisement du littoral. Si un tel déboisement avait été eflectué , pourquoi, en effet, aurait-on respecté les montagnes de Lacanau, la Teste, Biscarrosse, Mimizan, Gontis qui se trouvaient les plus rapprochées des centres de population ? D'ailleurs de nos jours , l'état boisé de la dune du Sablonney , au sud d'Arcachon , n'empêche pas son ensablement.

^'^ Ch. Martins. Du Spiuberg au Sa- vaux de restauration dans les Pyrénées kara, p. 370-371. doivent amener une diminution dans les

^^^ Si cette hypothèse est exacte, les tra- apports de sable.

Étangs. — Érosions. — Landes , dunes , lettes ; distinc^ tion entre ces diverses modalités du sol. — Végétation naturelle des dunes. — Production ancienne de la région des dunes. — Glimat. — Les anciennes échancrures des côtes du golfe de Gascogne ont été séparées de l'Océan par des cordons littoraux constitués par de puissante apports de sable. C'est à cette cause qu'est due la formation des étangs compris entre la Garonne et TAdour. Un seul de ces étangs, celui d'Arcachon, communique directement avec la mer; les autres déversent leurs eaux dans l'Océan par le bassin d'Arcachon et par les boucauts ou courants de Mimizan, de Gontis, d'Huchet, de Yieux-Boucau et de Capbreton. On reconnaît encore sur le terrain les emplacements des anciens courants de Cazau et d'Hourtin, cr Comblés en partie soit par le sable même des dunes, soit par l'apport des cours d'eau de l'intérieur, ces étangs ont perdu leur salure primitive , entraînée par voie d'infiltration sans jamais pouvoir se renouveler, et sont aujourd'hui à un niveau supérieur à celui de rOcéan ^'l t)

Ce phénomène se continue de nos jours à Arcachon. L'extrémité du cap Ferret est située actuellement à k kilomètres au sud de l'emplacement qui lui était attribué par M. de Kearney en 1768. Des dépôts de sable se forment toujours et, dans un avenir plus ou moins, rapproché, réduiront la largeur de l'entrée du bassin; la profondeur du chenal paraît, toutefois, devoir se maintenir par suite de l'écoulement des eaux provenant de la Leyre et des étangs voisins.

De plus, sur les côtes plates et basses, les apports de sable peuvent contribuer à l'accroissements des continents. crEn se dressant sur les rivages à une grande hauteur, les dunes isolent de l'Océan une partie de la plage qui devait, au moins dans les grandes marées, appartenir au domaine maritime (^^. t?

A. de Lapparenl. Traité de géologie, p. 169. — ^*^ Ibid,, p. i56.

Cette opinion des géologues se trouve exprimée dans divers mémoires déjà anciens :

Il y avait autrefois sur la côte, à 7 lieues environ du bassin, une petite rivière nommée Enchize, qui allait vers Tétang de Cazaux : la tradition est même que cet étang était un port, et tout indique qu'il en était de même de tous les autres étangs qui se trouvent situés le long des dunes, au nord et au sud du bassin d'Arcachon. Il est très vraisemblable que les sables ont bouché les entrées de ces havres, qui sont devenus, par la succession des temps, les étangs considérables que Ton y trouve aujourd'hui, et que ces sables les ont partie comblés et haussés tels qu'ils sont maintenant (^).

11 exista autrefois des bassins tels que celui d'Arcachon, quoique peut-être moins étendus. Quelques-uns avaient des issues assez considérables pour la petite navigation . On en cite un dans la partie du nord, qu'on désigne sous le nom de port d'Anchise. Dans la partie du sud, on en cite un autre vis-àvis l'étang de Cazaux, dans lequel on distingue en effet un chenal très profond qui aboutit au piedxles dunes qui la bordent.

Enfin, on en cite un troisième à Mimizan, dont l'ancienne commune, que l'on sait avoir été très considérable, est presque totalement ensevelie aujourd'hui.

Ces issues s'étant fermées successivement par le progrès des sables, il resta une grande quantité d'eau sans écoulement. Les eaux courantes ayant continué à s'y verser, il en est résulté ces lacs ou étangs qui n'ont aujourd'hui que de Aiibles débouchés dans la mer, savoir : par le bassin d'Arcachon , ceux qui sont dans la partie du nord; par les boucauts ou courants de Mimizan, de Lon, de Contis, ceux qui sont dans la partie du sud.

Ces étangs, dans toute leur étendue, sont bordés d'un côté par les dunes qui, avançant toujours, forcent les eaux à reculer de sorte qu'elles envahissent le paysî^^

Il est présumable que la mer occupait anciennement {emplacement actuel des dunes, qu'elle s'est continuellement reculée au centre du golfe. La comparaison d'une carte de Blaw, de i638, avec nos cartes actuelles donne Tidée de l'accroissement que le rivage a successivement éprouvé. Ce fait est en désaccord avec les idées de Brépiontier sur les dunes et avec les observations

^^^ Mémoire de 1779 de M. de Villers. — ^'^ Mémoire du 96 messidor an vin (i5 juillet 1800), de M. Fleury, de la Teste.

■AUX n Fosirs. — m. j. bkbt. a

faites à Saint-Jean-de-Luz , à la pointe de Grave, à la Teste même; mais ce ne sont là que des affouillements locaux sans importance qui ne peuvent faire repousser Tatterrissement général du centre. On accordera facilement que, si la pointe de Grave se détruit, elle n'éprouve cette destruction que jusqu'à une certaine distance au sud, et que, là, il y a plutôt apport quaffouillement (^).

L'Ocëan travaille sans cesse à combler le golfe de Gascogne aux dépens des côtes et des promontoirs plus avancés (^).

Le niveau supérieur des étangs est d'autant plus élevé au-dessus du niveau moyen de la mer que ces étangs sont plus éloignés du rivage. Ainsi la surface des eaux est à 18 mètres d'altitude pour les étangs de Gazau(^) et de Biscarrosse, de 12 mètres pour Lacanau et Hourtin, de 6 mètres pour Aureilhan, de U mètres pour Lit et Léon, et de 2 mètres pour Soustons.

La hauteur des rivages au-dessus du niveau de l'Océan était d'autant plus considérable que les échancrures étaient plus profondes et qu'elles pénétraient ainsi dans les parties élevées de la lande. 11 faut aussi tenir compte de ce fait que, pour le jeu des marées, une dillérence de hauteur de 4 à 5 mètres était nécessaire, entre le rivage et le niveau des basses mers.

Bien que ces étangs aient été comblés en partie par les sables, ils présentent encore actuellement des fonds situés au-dessous du niveau de la mer. cr Ces sables prennent un talus proportionnel à la puissance delà vague et, par conséquent, à l'étendue de la nappe d'eau. Ainsi, dans les étangs de Saint-Julien <*) et de Mimizan le talus est de i à 5 pour 1, dans celui de Biscarrosse il est de 7 à 8 ,

^'^ Rappoil du 17 août i84o, de la ^^^ D'après im nivellement effectiK^ en

Commission des dunes, créée par déci- 1821, fétang de Cazau était, à cette

sions de i838 des Ministres des finances époque, é\e\é de 17 m. 9a au dessus du

et des travaux publics. bassin d'Arcachon.

^'^ Rapport sur les mémoires de Brëmon- ^*^ L'étang de Saint-Julien est anjom*-

tiei-, lu , les 5 et 1 9 février 1 806, h la Société d'hui desséché et cultivé, d'ogricidlure du dépai'tement de la Seine.

et dans celui de Gazau il est dans certains endroits de i o pour i , et quelquefois plus prononcé (^^t?.

Plusieurs des courants reliant ces nappes d'eau à l'Océan ont été obstrués complètement par les sables. En établissant un puits foré en 1892 près de la maison forestière de la Salie, dans la forêt domaniale de la Teste, à l'ouest de l'étang de Gazau et à 760 mètres de la mer, on a rencontré, à une profondeur de i5 mètres, une couche de limon formant le sol primitif recouvert actuellement par la dune; ce limon, qui renferpie des parcelles de mica, paraît constituer le fonds de l'ancien boucau de Gazau.

Une carte, de Glande Masse, datant du commencement du xvni® siècle, porte cette annotation au-dessoUs de la pointe de Babila, dans l'étang d'Hourtin : tr ancien boucau où s'écoulaient les eaux de ces étangs^.

(cEn face du passage de Navarrosse, qui permet d'entrer dans Tétang de Gazaux en venant de celui de Biscarrosse, le long de la mer, il sort de dessous les dunes une forte rivière d'eau douce : l'endroit se nomme le Grand Bivouesse (le grand vivier) ^^^.^

A Vendays, le marais de la Perge se déverse de même dans l'Océan par un courant sous les sables.

Par suite de l'ensablement complet ou partiel des courants, plusieurs ports ont disparu.

L'ancienne carte dont il vient d'être question porte, à l'emplacement du Port au Sable actuel, l'annotation suivante : (? Ancien port; la tradition assure que dans cet endroit il y avait une ville appelée Lauvagne n.

On a mentionné précédemment le port de l'étang de Gazau.

Gelui de Mimizan se trouvait à l'ouest du bourg, sur le courant, à 3,000 mètres environ de l'Océan. Le port de Soulac , accessible aux petites barques de pêche, était situé à i,5oo mètres à l'est du

^'^ Rapport du 6 décembre 1817, de M. Le Boulleuger, ingéoieur ea chef du département des Landes. — ^*^ Ibid,

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