‹ Note sur les dunes de GascogneChapitre 2 sur 41 · SI · texte numérisé non relu

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bourg, sur un chenal conduisant à la Garonne; il a été ensablé au commencement du xvin* siècle.

Quant à celui de Capbreton, qui peut recevoir actuellement des caboteurs, il ne paraît pas avoir été praticable autrefois pour des navires de fortes dimensions.

On a vu précédemment que, sur les côtes de Gascogne, les cours d'eau sont déviés vers le sud. Afin de s'opposer à ce déplacement, des travaux de redressement du lit ont été effectués sur la plupart des courants du département des Landes. Ce redressement s'effectue en établissant sur la rive gauche, au moyen de pilotis et de blocs de béton , une digue qui se prolonge dans l'Océan par une jetée terminée par un musoir.

Il résulte des considérations présentées dans le troisième paragraphe que les dunes de Gascogne appartiennent à deux formations distinctes. Un premier dépôt de matière arénacée a envahi le terrain entre les échancrures de l'ancienne côte. Les chaînes orientales subsistent encore; elles sont couvertes de forêls connues en général sous le nom de tr montagnes tj et appartenant à des particuliers. Ces forêts sont le plus souvent grevées de droits d'usage étendus. La formation récente, qui recouvre les premiers apports de sable, se compose des dunes fixées à partir de 1 787, époque des premiers travaux de Brémontier.

Ces deux formations comprennent des collines, ou dunes proprement dites, et des vallons, ou lettes; l'ensemble de ces collines et de ces vallons constitue des massifs de dunes.

Les lettes sont situées au-dessus des plans inclinés passant par le rivage de l'Océan et par la rive occidentale des étangs.

Les apports de sables et les érosions présentent actuellement peu d'importance.

Les érosions récentes se manifestent surtout sur deux points : à la pointe de Grave et sur la rive méridionale du bassin d'Arcachon.

L'île de Cordouan paraît avoir appartenu autrefois à la terre

ferme. Toutefois, en l'année 1092, elle en élait déjà séparée, et à cette époque les dunes de nouvelle formation ne s'étaient pas encore constituées puisque l'abbé qui l'occupait l'a abandonnée pour construire sur le continent l'abbaye de Saint-Nicolas de Grave, à peu de distance de TOcéan. ctStephanus, eremita et abbasde Cordouanâ insulâ huic coenabiae proerat anno mxgii. Hic cum Ermenaldo, ejusdem loci Priore, tumultuosas procellas vitare cupientes, ni loco de grava, juxta oceanura, ni insulâ juris coenobii Cluniacensis, volente Hugone abbate, construxere abbasiadam queni Sancto Nicolao dedicavere^'l^

La comparaison d'un levé eflectué en i855 avec la carte de Claude Masse, du commencement du xvni^ siècle, indique que les érosions ont eu lieu sur une largeur maxima de i,46o mètres, soit environ 10 mètres par an. Ces érosions, arrêtées maintenant par des travaux de défense exécutés par le Service des ponts et chaussées, ont été compensées en partie par des dépôts sur le rivage de la Garonne.

Les progrès de la mer n'ont pas été continus, car il s'est produit, toutefois dans une moindre mesure qu'au sud, des apports de sable qui ont formé les dunes basses de Soulac et du Verdon. Ces sables ont envahi au commencement du xvu® siècle l'église de Soulac, et ils ont obstrué à la même époque le port et le chenal de Soulac et aussi le chenal du Verdon.

Le fort Gantin , construit en lyBû à 2,000 mètres de la mer, était en 1806 enseveli sous les eaux^^).

Les érosions de la rive méridionale du bassin d'Ârcachon sont mises en évidence par la comparaison de la carte de l'étal^major de i85 1 avec la carte des premiers essais de Brémontier qui parait reproduire les levés de 1768 de M. de Kearney, et avec la carte de Masse précitée.

^^ Note du a 3 février 1 89.3 de M. Buf- ^*^ Rapport lu , les 5 et 1 9 février 1 806,

fanlt, inspecteur adjoint des eaux et forêts à la Société d'agriculture de la Seine. à Bordeaux.

Eli 1700, le bassin du filât est vaste et se trouve séparé de l'Océan par une large pointe de terre. L'intervalle compris entre cette pointe et le cap Ferret est occupé par de nombreux bancs de sable.

En 1768, l'étendue du bassin du Pilât est considérablement réduite, l'anse de Lesta, au nord de ce bassin, et les îlots qu'il renfermait ont disparu. Les bancs de sable qui se trouvaient au sud du cap Ferret forment une île, l'île de Matoc, sur laquelle ont été construites des baraques de pêcheurs.

En i85t, le bassin du Pilât a disparu, l'île de Matoc est réunie au cap Ferret, et des bancs de sable, découvrant à marée basse, sont situés entre la nouvelle extrémité de ce cap et la rive méridionale du bassin.

Depuis 1 85 1 , et surtout depuis une dizaine d'années, les affouîllements continuent sur cette côte. Le poste de douane, dit poste du Sud y a disparu, et la forêt domaniale de la Teste a perdu 69 hectares, dont 21 hectares de zone littorale et 28 hectares de terrain boisé ; les matériaux enlevés sont repris par le courant de la marée montante et déposés, à peu de distance, au Nord, où ils envahissent la dune boisée du Sablonney.

L'existence de ces érosions a été constatée au commencement du siècle actuel:

On sait que lentrëe du bassin est sujette à des changements qui en font les difficultés et il est à remarquer que ces variations proviennent encore de la mobilité et de la marche ordinaire des sables. En effet, les dunes bordant, au nord et au sud, une partie du circuit du bassin d'Arcachon, et ces premières s'y jetant toujours, il en résulte que les eaux sont poussées vers le rivage opposé qu elles minent journellement d'une manière sensible. De là viennent ces changements successifs qu'éprouve l'entrée du havre et qui la rendent plus ou moins difficile. . . .

On remarque que le banc de Matoc s'aplatit journellement et s'allonge dans le bassin, en se portant toujours vers la terre du sud. Celle-ci éprouvant, par l'avancement continuel du Matoc, les mêmes effets que le Matoc éprouve par l'avancement continuel des sables du nord, il en résulte que le rivage

de rentrée du sud se mine sensiblement, devient chaque jour moins direct et tend, par ses sinuosités, à rendre l'entrée impraticable^).

Nous avons remarque que, dans toute cette partie et sur la longueur d'environ 600 mètres, les semis sont fortement attaqués par les courants qui se jettent sur cette partie, poussés par la pointe du cap Ferret, de telle sorte que, dans Tespace de deux à trois ans, il a été perdu environ 60 mètres de largeur de terrain sur la longueur précitée, de manière que, sous tous les rapports, il est urgent qu'on s'occupe de fixer cette pointe qui roule continuellement les sables dans le bassin et y jette les courants avec force vers la pointe du Bernet(^).

Des érosions se produisent aussi vers le sud du golfe de Gascogne, entre Gapbreton et l'embouchure de l'Adour. Elles paraissent être la conséquence de la courbure du littoral, car crce n'est pas la résistance des matériaux, accumulés en certains points, qui détermine l'état progressif ou stationnaire de la mer, mais bien la configuration générale de la côtet^'iî. Dans cette région, comme à la pointe de Grave, les dunes sont basses et peu étendues.

On a vu précédemment qu'un massif de dunes, c'est-à-dire une masse de sable apportée par les vents, comprend toujours des collines, ou dunes proprement dites, et des vallons, ou lettes, qui sont des modalités de la dune. Une note, du 9 mars i86i, de M. de Pons, qui était alors inspecteur des eaux et forêts à Bordeaux, indique d'une manière très nette les différences qui existent entre les dunes, les lettes et les landes :

En partant de l'Océan pour se diriger vers l'Est, on traverse : 1** une zone de quelques centaines de mètres balayée par les sables qui sont rejetés par la mer et que le vent fait glisser jusqu'aux premières dunes ; s° un massif de dunes, d'une largeur de 3 à 7 kilomètres, coupé de plis, de gorges, de val-

^'^ Mémoire du 96 messidor an vui Teste, par M. Guyet-Laprade , conserva-

(i5 juillet 1800), de M. Flemy de la teur des forêts à Bordeaux. Teste. ^'^ Lyell, Principes de géologie, t. I,

^** 19 germinal an x (9 avril 1809). p. 670.

Procès-verbal de visite des dunes de la

Ions ëtroits élevés de qo à ko mètres au-dessus da niveau de TOcëan et appelés leltes intérieures; c'est ce massif qui formait ce que dans les titres anciens on appelait côte ou (erre neuve, et que Ton désigne actuellement sous le nom de chaîne des dunes; 3^ des dunes boisées d'ancienne formation, ou des étangs, ou une plaine constellée de mamelons, isolés ou groupés, d'une moindre élévation que les dunes de la grande chaîne; cette plaine, d'abord sablonneuse, se couvre de végétation à mesure 'qu'on avance vers TEst; ce sont d'abord quelques graminées, puis quelques bruyères, des ajoncs, des genêts, et insensiblement on se trouve dans la lande.

La lande est une nalure de propriété qui n'a pas besoin d'être définie. Qui dit lande, dit végétation de bruyères ou brandes, de fougères, d'ajoncs et de genêts, dans un périmètre d'une identité certaine, végétation à laquelle l'industrie peut, sans intermédiaire, substituer la culture des céréales ou des essences forestières.

Les dunes, au contraire, dans l'état où elles se trouvaient au commencement du siècle, ne présentaient aucune trace de végétation et ne pouvaient en produire sans des procédés spéciaux à peine expérimentés h cette époque. Aucune graine ne peut en effet germer sur un sol dont la surface est sans cesse agitée à la manière d'un tourbillon de poussière. Ces dunes ne constituaient pas une propriété dans son caractère essentiel d'identité. Leur caractère essentiel était au contraire la mobilité et l'impossibilité de constater et de reconnaître, d'une année à l'autre , leur forme , leur étendue et leurs limites.

Personne n'a jamais confondu les landes et les dunes.

Les lettes, qui séparent les chaînes de dunes ou les accidents de ces chaînes et qu'on appelle lettes intérieures, ne sont que des vallées, gorges ou plis entre plusieurs sommets. Si l'on se reporte aux époques où elles ont reçu la configuration que les travaux de fixation ont rendue définitive , on reconnaît que l'expression de letie intérieure doit éveiller plutôt une idée de temps qu'une idée de lieu. Dans cette mer de sable bouleversée par les tempêtes, une vallée, un pli s'était formé que les pâtres avaient remarqué, soit comme abri, soit, au bout d'un certain temps, comme pacage, et auquel ils avaient donné un nom.

Sous l'action des vents ce pli de terrain s'est creusé. Le sable a été enlevé et poussé sur les dunes voisines tant que l'adhérence provenant de l'humidité n'a pas été assez forte pour le retenir; mais à une certaine profondeur cette adhérence a été plus considérable et son effet de résistance s'est manifesté horizontalement comme sa cause elle-même : l'humidité résultant de la présence d'une nappe d'eau sous-jacente. Puis, pendant l'hiver, cette lette s'est

convertie en lagune, de façon que son fond plat a tendu sans cesse h se niveler.

Ainsi s*explique rhorizontaliti des fonds des lettes intérieures, qu'on a voulu prendre souvent pour des lambeaux des terrains primitifs épargnes par les apports de la mer. Les lettes étant ainsi formées, les pâtres ont mis parfois à profit celte disposition passagère de la surface des dunes, qui, au bout d*un certain temps se prêtait plus ou moins au pâturage des bestiaux. Mais la cause qui les avait formées subsistait toujours, elle les modifiait sans cesse en les faisant varier de position, d'altitude, de forme et d'étendue. Souvent, pendant une tempête, le pli qui existait disparaissait sous un monticule, tandis qu'un autre pli se formait à la place d'un sommet voisin, et la nouvelle lette héritait du nom de celle qui n'était plus.

Ainsi , Texislencc de ces lettes intérieures disséminées dans le massif' des dunes n'a d'autre garantie que le caprice qui régit le plus mobile et le plus irrégulier des phénomènes. Il en est, toutefois, qui, plus constantes dans leur position relative, tout en changeant sans cesse de situation, de forme et d'étendue, conservent une certaine identité, au moins pendant un long laps de temps. Ce sont celles qui séparent, assez régulièrement quelquefois, les diverses chaînes de dunes; ce sont alors des espaces horizontaux par les mêmes causes que les autres, quelquefois de cent hectares et plus, généralement allongés parallèlement à la côte, et se reliant sensiblement par leurs extrémités à d'autres espaces semblables, de manière à former une chatne de vallées entre les chaînes de collines. Ces lettes se terminent à Touest au pied du talus rapide de la chaîne qui s'avance, et à l'est, au pied du talus de la chaîne qui fuit, talus très légèrement incliné et dont le pied se perd sans dénivellation saisissable dans le fond de la lette. Dans cette situation , les lettes intérieures marchent comme les dunes, sans cesse perdant du terrain à l'ouest et s'accroissant à l'est. On conçoit qu'en cheminant ainsi ces lettes changent aussi déforme et d'étendue, même sous l'action régulière des vents. Mais, quand les tempêtes sont déchaînées, on les voit se réunir à celles qui les avoisinent, ou se partager en plusieurs vallons séparés par de nouvelles collines, et au bout d'un certain temps leur nombre, leur forme, leur étendue ont tellement changé qu'on ne les reconnaît que par le rang qu'elles occupent dans le cortège qui se déroule entre l'Océan et les pays habités.

Il existe souvent au pied des dunes les plus avancées, soit isolément, soit en groupes, soit en chaînes, des sables mobiles qui sont à peu près au niveau de la lande découpée par les dunes , et qui se raccordent avec elle par des pentes peu sensibles. Cependant, ces sables, attenante la dune et identiques

à ceux dont cette dernière est formée, sont mobiles et envahissants comme elle, et marchent même souvent avec plus de rapidité. C'est là une nature de terrain qui n*est plus la dune, qui n*est pas encore la lande, et qui cependant se rapproche de la dune par sa nature et ses dangers; si elle s'en éloigne par son profil et son altitude, si sa disposition et sa configuration la rend plus indépendante des dunes que les letles intérieures, son origine Ty rattache aussi rigoureusement que celles-ci.

Ce sont ces terrains qu'on nomme lettes extérieures, pour les distinguer des letles intérieures dont les caractères sont tout différents.

Les lettes ex(érièures ne sont donc pas celles que Brémontier définit comme des vallons étroits dans les paragraphes 6 et 36, p. 18, de son mémoire; ce sont des landes incomplètement envahies, qui n'ont pas cessé d'être susceptibles de propriété privée, mais qui perdent insensiblement la végétation de la lande à mesure qu'on se rapproche des dunes. Ce sont elles dont il est fait mention dans le rapport du Ministre des finances du 1 1 octobre 1 856, quand il établit que tria superficie des côtes comprend, dans les deux départements de la Gironde et des Landes, 39,85q hectares de terres qui se recouvrent naturellement de végétation, quand les dunes voisines ne leur envoient plus de sable, et dont l'ensemencement devient dès lors inutile.?)

Les lettes extérieures ne sont donc que des landes plus ou moins ensablées. Elles ont pu faire partie d'un fief, d'abord, comme landes, puis plus tard comme lettes, mais on n'admettra jamais qu'une dune soit un accident, une modalité de ces landes ou lettes. II y a lieu, d'ailleurs, de remarquer que le nom de dunes s'applique soit à l'ensemble du massif de sable qui prend tantôt la forme de colline et tantôt celle de vallon, soit spécialement aux collines à l'exclusion des lettes.

Certaines lettes extérieures ont une autre origine que celle qui vient d'être indiquée.

Les sables charriés par l'Océan au nord et au sud et rejetés par les vagues ont pour effet d'intercepter sans cesse l'embouchure des courants et de forcer leurs eaux à couler parallèlement à la mer en se dirigeant vers le sud. Cet état de choses ne cesse que lorsque, par des coupures faites de main d'homme, on ramène les eaux normalement à la côte, mais il recommence bientôt et continue jusqu'à ce qu'on entreprenne de nouveaux travaux.

Cette intermittence entre les deux directions des courants a per-

mis ou empêché tour à tour ravancement vers les terres de la première dune formée sur la côte. Aussi, on remarque, le long des courants, de véritables leltes extérieures, parfois interrompues , mais le plus souvent resserrées seulement par les dunes transversales.

Les dunes d'ancienne formation ,. ou montagnes, ont toujours été boisées. Le pin maritime, le chêne pédoncule et le chêne-liège sont les principales essences que Ton y rencontre.

Les dunes récentes ont été successivement mises en valeur par le boisement à partir des premiers travaux de Brémontier en 1 787. Llessence dominante est le pin maritime, mais les chênes pénètrent peu à peu sous le couvert des pins. Le chêne vert présente, dans les dunes de Lacanau, une croissance particulièrement remarquable; le chêne occidental se rencontre surtout au sud du courant de Gonti8;le chêne tauzin se trouve dans les lettes intérieures deLège.

La superficie des dunes est occupée actuellement par des plantes nombreuses: crucifères, caryophvUées, légumineuses , composées , joncées, cypéracées et graminées, et par des arbustes et arbrisseaux : ronces, saule pourpre, arbousier, grand ajonc, genêt, grande bruyère.

Les peuplements de pin maritime des dunes ont été assimilés parfois aux peuplements d'un versant montagneux, dont la crête correspondrait au littoral. Cette assimilation manque d'exactitude, car, sous une même latitude, le sol et le climat sont sensiblement uniformes ; un seul élément climatologique est variable : le vent, dont l'intensité croît suivant la direction de l'Ouest.

Le voisinage de l'Océan diminue la production ligneuse, mais accroît dans une forte proportion la production résineuse des pins.

Le mémoire de 1779 de M. de Villers renferme les passages suivants relatifs à la production ancienne de la région des dunes : (t 11 croît quelques mauvaises herbes dans les intervalles des dunes que Ton nomme leydes, qui servent à la pâture de quelques chevaux aussi sauvages que les paysans qui en sont les propriétaires, sans en tirer de bénéfice et sans même en conserver les souches, -n (T Ce serait sans doute une très faible objection de leur part que le

pacage actuel de ces montagnes de sable dans de petits vallons qu'on nomme lectes, qui séparent les différentes dunes, dans lesquels le séjour des eaux fait croître quelques mauvaises herbes que les chaleurs de Tété détruisent, car sur les dunes il n'en croît pas une seule, t)

M. Fieury de la Teste, dans son mémoire du 26 messidor an vni, (1 5 juillet 1800), indique que crdans les lettes il croît des herbages excellents et que les bestiaux qui s'y nourrissent y acquièrent un goût extrêmement délicat 1), mais cette observation paraît concerner les lettes extérieures formées par les prés salés partiellement envahis par les sables.

Une délibération de la Commission des Dunes, du 17 brumaire an xu (9 novembre i8o3), fait connaître les conditions dans lesquelles s'exerçait alors le pâturage dans les dunes de la Gironde :

Il a été iatroduit à la séance le citoyen Couturier, chef de Tatelier de Tétang dé Lacanau, lequel a dit que les semis de Tatelier dont il est chargé ont beaucoup à souffrir du parcours des gros bestiaux, chevaux et vaches, qui mènent une vie entièrement sauvage; que ces animaux appartiennent à diverses communes environnantes qui n'en connaissent pas même le nombre, qui de temps à autre en vendent à vil prix quelques pièces à des bouchers de campagne qui ne peuvent s'en saisir qu'en les tuant à coups de fusil; que ces mêmes animaux, n'étant surveillés par personne, viennent, en foule et à toute heure, sur les semis, que ce serait en vain que l'on tenterait de les mettre au parc puisqu'il serait impossible de les attraper, que d'ailleurs ils ne seraient réclamés par personne, que tant que ces animaux existeront il faut renoncer à faire des semis dans les environs, quels que soient le nombre et la vigilance des gardes.

Sur quoi la Commission,

Considérant.'. . .

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