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Bordeaux (Gironde)
Bordeaux (Lot-et-Garonne)
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Pour les 43 forêts de la vallée de l'Adour, traitées en futaie, le rendement total des coupes principales et d'amélioration a été de 11,276 mètres cubes en 1892; la contenance totale étant de 2,635 hectares, la production par hectare s'est élevée à /im.c. 279. La forêt de Cagnotte, dont tout le matériel a été vendu après autorisation de défrichement, entre dans les totaux précédents pour 20 hectares et 3,796 mètres cubes; déduction faite de ces nombres, il reste 2,61 5 hectares et 7,^81 mètres cubes, correspondant à une production de 2 m. c. 861 par hectare.
Ces forêts, actuellement traitées par la méthode du réenseraencement naturel et des éclaircies, étaient jardinées il y a peu de temps encore. L'extrait suivant du procès- verbal d'aménagement de la forêt de Poyanne par M. de Schwartz, conservateur des eaux et forêts à Bordeaux en 1 87/i , donne des renseignements précis à cet égard :
Les Lois de chêne, dits de l'Adour, sont situés sur les rives de cetle rivière et de deux de ses affluents, le Luy et le Loutz.
Ils appartiennent u /19 communes et renferment 3, 680 hectares, dont ia possibilité actuelle, fixée soit par Tusage soit par divers décrels, ne s'élève qu'à 3,856 mètres cubes et à 37 hectares pour les six forêts dont la possibilité est re'glée par contenance.
Ces forêts sont uniformément jardinées et exploitées par pied d'arbre à une révolution fictive de 100 ans.
Elles sont situées en plaine ou, exceptionnellement, sur quelques ondulations de terrain peu élevées.
Le chêne pédoncule en constitue l'essence exclusive, à laquelle l'orme vient parfois se mélanger.
Le sol se compose invariablement d'un terrain d'alluvion argilo-siliceux, très profond, et fréquemment enrichi par les limons qu'y déposent les inondations de l'Adour.
11 est d'une fécondité merveilleuse, attestée par la vigueur de la végétation qui se manifeste par un accroissement tellement rapide que les perchis de 20 ans y mesurent de o m. 5o à o m. 60 et les arbres de 1 00 ans de 2 mètres à 2 m. 75 de circonférence. La qualité tout à fait exceptionnelle de leurs produits doit faire .considérer ces forêts comme une véritable richesse nationale.
Les peuplements, au lieu d'être composés de bois de tous âges enchevêtrés les uns dans les autres, ainsi que les représente une certaine conception théorique de la forêt jardinée, sont formés généralement par de vieux chênes, âgés de 80 à i5o ans, très espacés, très gros, courts de tige, excessivement branchus et offrant les courbes précieuses, toujours plus rares, recherchées pour les constructions navales.
Les intervalles que ces arbres laissent entre eux sont envahis ptir une végétation parasite composée d'épines noires et blanches, de ronces et de vigne sauvage auxquelles se substituent les ajoncs dans les parties exceptionnellement arides, formant des lacis inextricables.
D'autre part, on ne voit, malgré d'abondantes glandées, aucun semis s'élever à découvert au-dessous des réserves. Celle circonstance s'explique aisément par suite du parcours inexorable auquel les cantons sont livrés.
Aussi, la ruine et la disparition de ces forêts seraient-elles depuis longtemps un fait consommé sans la présence des fourrés de morts bois dont nous venons de signaler l'existence. Les graines qui tombent au milieu de ces broussailles armées d'épines sont protégées par elles, ainsi que les brins qui en proviennent, contre la voracité du bétail.
Les jeunes plants, grâce à l'activité de leur végétation, parviennent ensuite à se dégager de l'étreinte des ronces qui les ont sauvés et arrivent enfin à les
dominer. Ce n'est parfois qu'après avoir contracté une forme tourmentée, imprimée pour toujours à la direction de leurs tiges, quand surtout elles sont saisies, au début de leur ascension, par les liens d'une liane qui retient leur essor vertical pendant un temps suflSsant pour les infléchir en signaux de marine du plus grand prix.
On réalise tous les ans la possibilité au moyen de coupes d'extraction qui parcourent de grandes étendues, n'enlèvent généralement que des arbres tout à fait sur le retour et souvent même complètement dépérissants.
Parfois, lorsqu'un canton entier est arrivé à un état évident d'appauvrissement, tant par suite de la réduction successive du nombre de ses arbres, qu'à raison de leur vétusté, on s'applique à sa régénération, à laquelle ne consent jamais sans protestation la commune propriétaire parce que ce parti entratne forcément, pendant un certain temps, la suppression du pâturage.
Le canton à régénérer est alors mis en défends en le séparant du surplus de la forêt par un fossé muni d'une clôture en terre provenant de son ouverture et formant une défense connue dans le pays sous le nom de baradeau. Deux ou trois années suffisent pour en amener le repeuplement complet, et une fois que le sol est garni de jeunes semis qui viennent s'ajouter à ceux précédemment perdus au milieu des buissons de morts bois, on enlève les vieux arbres qui leur ont donné naissance.
Il suflSt d'exposer un tel système de traitement, dans lequel la méthode d'ensemencement naturel ne vient qu'accidentellement et très tardivement réparer les désastres du jardinage et d*un parcours sans règle, pour faire comprendre combien il est défectueux.
D'abord, par suite du petit nombre d'arbres — en moyenne une centaine par hectare — tous les ans plus restreint, qui occupent la surface de la foret, et du retard apporté à la régénération , la production se trouve réduite au quart tout au plus du rendement normal à en attendre. Comme nous l'avons en effet indiqué précédemment, ces bois, qui devraient avoir un accroissement minimum de 6 mètres cubes à l'hectare ne suffisent qu'avec peine à une possibilité de 1 m. c. â6&.
De plus, les arbres ne sont abattus qu'une fois parvenus à un état de maturité des plus avancés, fréquemment même lorsqu'ils sont déjà atteints de dépérissement et que, par suite, ils ont perdu la plus notable partie de leur valeur pécuniaire et de leur utilité industrielle.
Accessoirement, cet état de choses, si préjudiciable pour les communes propriétaires, a encore l'inconvénient de créer des difficultés nombreuses entre les municipalités et l'Administration.
Le repeuplement d'un canton en implique la mise en dërencis, contt quelle les communes protesteut. De plus, il est difficile de résister au mandes de coupes extraordinaires et de conserver un mntëriel Buflisant assurer le service des coupes ordinaires.
Le tableau suivant indique la valeur vénale moyenne de chaque uni marchandise.