‹ Note sur les importations et les exportations de produits horticoles de 1884Chapitre 3 sur 7 · OBJETS D'ALIMENTATION · texte numérisé non relu

OBJETS D'ALIMENTATION

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ons.

783 750 Millions.

Heureusement pour nous que, quand on consulte les chiffres de notre commerce en objets fabriqués, notre exportation est bien supérieure à Fimportation ; mais il n'en est pas moins vrai que, pour Talimentation proprement dite, et si Ton en excepte les produits que nous ne pouvons pas tirer de notre sol, comme le Coton et le Café, il est triste de penser qu'il faut acheter à ses voisins du bétail, des céréales, des vins et cent autres choses que nous pourrions produire nous-mêmes grâce au climat dont nous jouissons; et cela, nous le ferons, quand notre Agriculture, payant moins d'impôts^ plus éclairée et mieux outillée^ sera ce qu'elle doit être. Or, dans l'état actuel des choses, c'est nous qui, à surface égale, produisons, en moyenne, le moins de blé, soit 15 à 16 hectolitres par hectare. En somme, pour notre alimentation, nous sommes tributaires de l'étranger pour 7 à 800 millions annuellement.

On se fait, chez nous, une étrange illusion en ce qui concerne l'avenir de notre Agriculture. Quand on a discuté pendant trois semaines pour mettre un droit sur Timportation du blé, quand on a décrété une Exposition universelle qui, tout en prouvant notre goût, pourra permettre à nos voisins de copier nos dessins et nos procédés industriels, on croit qu'on tient le progrès. Hélas ! le mal vient de causes tellement complexes que la

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présente génération n'en verra pas la fin. Il fiant avoir parcouru ces immensités dé territoires vierges, de sols fertiles, au Canada, aux États-Unis, en Australie, pour se rendre compte de la concurrence qui nous attend, quand le climat favorise Témigrant au lieu de Tabattre, comme il le fait dans certaines colonies, et quand des modes de transport perfectionnés suppriment ce qui pouvaît nous protéger ! Véloignement. Si nous prenons la production du blé aux États-Unis seulement, nous voyons, d'après le Rapport du département de l'Agriculture pour 1886, qu^l y a eu un million d'hectares mis en plus en culture, et une augmentation de 36 millions d'hectolitres dans la production. Ajoutons, pour compléter ce qui a rapport aux États-Unis, que, d'après le Report of the internai and externat Commerce of thé U. S, en 1887, publié par le « Treasury Department », on a exporté en 1886, en :

Pommes soumises à la dessiccation. . . doU. 548. 43i

Pommes fraîches . . doU. 4.810.616

Pommes conservées par le procédé

Appert ou autres doU. 649.368

Soit, dolL 3.308.318

en Pommes seulement, ou pour plus de 17 millions de francs. On ne saurait donc trop le répéter, la grande culture est éminemment propre aux pays neufs, comme le Canada, les États-Unis, la République Argentine, Tlnde, l'Australie, pays à grandes surfaces, avec des sols vierges, des impôts minimes, des facilités de toutes sortes pour les transports et pour l'emploi des machines. A ces pays, la production extensive (1), à nous

(1) Pour donner une idée de la seule production du mouton dans quelques pays, je citerai la Nouvelle-Zélande qui, avec une population de 550,000 âmes seulement, compte 14 à 15 millions de moutons. L'Australie en possède plus de 60 millions. Une chose est à remarquer dans ce dernier pays, comme en Californie : tous deux ont pris d*abord un essor immense par la découverte de leurs mines d*or qui^ en

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la production intensive, légumière, florale et fruitière. C'est pourquoi, en France, l'Horticulture, qui est surtout Tart de tirer un grand produit d'un petit espace, est appelée tous les jours à prendre plus d'importance. Elle a pris enfin sa place dans les Concours régionaux : ses Écoles et ses Sociétés se multiplient; les encouragements lui viennent de toutes parts; mais il reste encore beaucoup à faire. Prenons un seul exemple, celui de la Pomme de terre, qui a commencé par être un produit horticole. D'après la dernière « Statistique de la France » publiée en ^883, nous voyons que nous n'avions que 560,000 hectares plantés en 4845; en 1883, il y en avait IjSiT^OOO hectares, produisant 135 millions d'hectolitres, soit environ 400 hectolitres à l'hectare, au prix moyen de 5 fr. 35, ce qui élève cette production à 716 millions de francs.

L'Allemagne, soit dit en passant, en produit à elle seule 250 millions d'hectolitres.

Un tableau assez triste à contempler est celui de la production de nos vignobles. On sait que c'est là une des sources les. plus riches de revenus pour l'État comme pour les particuliers. D'après l'Administration des contributions indirectes, nous trouvons les chiffres suivants pour la production vinicole :

Hectolitres en 4840 27 millions.

Australie seulement, ont produit plus de 7 milliards; mais les deux pays reviennent à la véritable, à la plus solide, à la plus durable de toutes les richesses, à TAgriculture ; les mines ne passent plus qu'en seconde ligne. Partout, comme aux États-Unis, on a commencé les villes par une église, une école et une banque, ce qui correspond aux trois besoins de Thomme : l'idéal, l'instruction et les affaires, c'est^dire les trois besoins moraux, intellectuels et physiques de notre triple nature,

Cette môme année 1885, Tltalie nous montre un accroissement considérable dans son commerce de Raisins avec l'étranger. De 46,0(»0 quintaux en 1871, l'exportation s'était élevée à 288,000 quintaux en 1885, pour TAllemagne, la France, la Belgique, etc. En outre, elle a produit, en 1886, 35 millions d'hectolitres de vins et l'Espagne 24 millions. Chez nous, de 834,000 hectolitres en 1879, notre importation s'est élevée, en 1886, à près de 11 millions d'hectolitres, surtout d'Espagne, tandis que nos exportations sont tombées de 3 millions d'hecto-» litres, en 1879, à 2,700 en 1886.

Voici, du reste, le tableau de nos importations de vins.

PROVENANCE

Espagne (hectolitres). . .

Italie — Algérie et autres pays . .

Totaux (hectol.)..

Passons maintenant à l'examen des produits purement horticoles. Les chiffres pour l'importation sont ceux du commerce spécial , c'est-à-dire ceux des marchandises livrées à. la consommation et, pour l'exportation, ceux des marchandises françaises exportées.

Ce qui frappe dans le tableau de nos importations, c'est le chiffre des Raisins qui nous viennent de Grèce, de Turquie et d'Espagne, pour la fabrication de vins chez nous. Quant aux exportations, on voit que nos fruits de tout genre ne donnent lieu qu'à un commerce de peu d'importance, si l'on envisage les conditions climatériques où nous sommes placés.

Il s'est fait autour de nous une révolution complète dans toutes les industries. Anciennement, chaque pays avait ses productions spéciales : on fait maintenant de tout et partout. Il s'est fait de même une révolution complète dans la production

et le commerce horticoles. L'Italie et l'Espagne, .favorisées par leur climat et par des tarifs de transit injustement faits en leur

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