SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
recueil qui les a publiés, sans autre désignation, de telle sorte que, pour en donner la citation exacte, et pour épargner ainsi aux lecteurs les recherches auxquelles j’étais moi-même condamné, j’ai dû fouiller dans les grandes bibliothèques de Paris, sans même arriver toujours à un résultat satisfaisant; sur d’autres, je n’ai pas même trouvé le titre du recueil, de sorte que quand il s’agissait de publications soit étrangères, soit peu répandues, soit consacrées à la fois h divers ordres de connaissances humaines, même de recueils publiés par nos Sociétés départementales, il m’a souvent été impossible de remonter aux sources, et par conséquent de citer moi-même convenablement le mémoire que j’avais entre les mains. Si cette difficulté ne peut pas toujours être surmontée dans Paris, que doit-elle devenir presque constamment hors des grands centres scientifiques?
Je prie donc mes collègues de la Société botanique de France d’user de leur influence, dans la ville qu’ils habitent, pour amener les Sociétés savantes et les directeurs de recueils scientifiques à consigner en tète de tous les mémoires tirés à part les diverses données dont cette note a pour objet de faire sentir la nécessité. La science est aujourd’hui assez vaste pour que les études qu’elle exige ne doivent pas être compliquées sans motif de recherches dans les bibliothèques, pour lesquelles on se voit condamné à perdre un temps précieux, sans pouvoir même en espérer toujours de bons résultats.
M. Duval-Jouve fait à la Société la communication suivante :
ÉTUDE SUR LES VAISSEAUX DES FOUf.ÈRES, par 11. DUVAL-JOLVE.
(Strasbourg, 1 er
ars 1868.)
Je ne me fie pas beaucoup plus aux dessins micrographiques qu’à certains portraits historiques, car je n’ai jamais pu voir un vaisseau scalariforme, bien que partout il y en ait de décrits et de figurés.
C’est en ces termes amers que s’exprimait, en ma présence, il y a quelques mois, un botaniste de mes amis. Pourquoi ne le dirais-je pas? J’en eus pour lui comme une espèce de honte, et, en réponse, je lui présentai quelques préparations où les vaisseaux des Aspidium Filix mas et spinulosum, Alhifrium FiLi.r ferriina, Struthiopteris r/ermanica, Pteris aquilina , etc., s’étalaient dans toute leur splendeur. Je m’attendais à un cri de surprise et à un élan de reconnaissance, quand, au contraire, le lent et minutieux examen de chaque préparation se termina par ces mots :
Je vous le disais bien; je n’ai jamais vu de vaisseaux scalariformes et je n’en vois pas ici plus qu’ailleurs.
J’allais me récrier, humilié et agacé par cet entêtement, lorsque, me calmant d’un signe de main et prenant dans sa bibliothèque quelques volumes ; —Voici, dit cet ami sceptique, quatre ouvrages modernes, récents même, publiés en