SÉANCE DU 17 AVRIL
pas à se procurer, d’une manière ou d’une autre, l’écrit qu’on a vu cité; dans le premier, on se contentera le plus souvent d’en connaître l’existence.
Ici une question se présente : doit-on conserver à chaque tirage à part la pagination du recueil qui l’a publié, ou bien peut-on sans inconvénient lui donner une pagination à lui propre, dans un intérêt purement typographique '.’ Il arrive souvent qu’un mémoire, dans le recueil qui l’a publié, commence vers le bas d’une page; pour ne pas laisser une première page presque blanche, on remanie la mise en pages, et par suite on altère entièrement la pagination originale. Dans tous les cas, on numérote presque toujours les pages d’un tirage à part, sans tenir compte des chiffres qu’elles portent dans le volume qui renferme le mémoire. Je n’hésite pas à dire que ces changements entraînent des inconvénients sérieux sans compensation appréciable. Supposons, en effet, qu’on veuille citer un passage, une phrase ou même une seule expression d’un travail dont on ne possède que le tirage à part ; le remaniement des pages dans celui-ci ou le changement de leurs numéros rendra cette citation impossible, tout ou moins vague et sans précision. Le lecteur qui n’aura pas d’autre guide que cette citation forcément incomplète devra, pour la vérifier, lire le mémoire entier afin d’y découvrir le passage, la phrase, l’expression qui l’intéressent et dont il peut avoir besoin de constater la reproduction fidèle. Ce sera pour lui souvent une perte de temps qui aurait dù lui être épargnée. Je ne saurais donc, pour ma part, assez louer les rares éditeurs de recueils scientifiques qui conservent scrupuleusement dans les travaux tirés à part la pagination originale sans la moindre altération et a\ec ses numéros vrais. J’ajouterai qu’il est un moyen fort simple de concilier l’effet typographique avec l’intérêt bien autrement sérieux de la science. Ce moyen a été employé plusieurs fois, notamment dans la réimpression des œuvres de Hubert Brown qui
vient d’être faite en Angleterre, par la Société de Ray, sous la direction d< M. Bennett : il consiste, tout en donnant aux écrits tirés à part ou réimprimés une pagination nouvelle, à intercaler, entre parenthèses, dans le texte remanié, le chiffre que porte chaque page dans l’original, à l’endroit, précis où commence cette page, fût-ce même au milieu d’un mot.
Dans l’état actuel des choses, l’immense majorité des tirages à part ou ne portent aucune des indications dont j’ai fait ressortir l’utilité majeure, ou n’en présentent qu’une partie. Qu’il me soit permis d’invoquer à cet égard mon expérience personnelle. Depuis quelques années, la rédaction de deux livres relatifs à la botanique m’a conduit, non-seulement à lire ou consulter, mais encore à citer un nombre considérable de travaux sur les diverses branches de la science. Possédant une collection assez étendue de tirages a part que je «lois a la gracieuse obligeance de divers auteurs, ou que je me suis procurés parla voie de la librairie et dans des ventes publiques, j’ai pu reconnaître, presque chaque jour, combien il serait avantageux d’v lire tou jours les peu nombreuses indications que je viens de réclamer. Sur les uns, je n’ai trouvé que le titre du