PREMIÈRE SECTION OBSTÉTRIQUE
CiiAPiTEE I. — Grossesse.
I. De l'absorption des médicaments par le placenta et de leur élimination par l'urine des nouveau-nés. ( Journal de thérapeutique de Gübler, 1877-1878.) Mémoire cité honorablement au concours Monthyon de l’Académie des sciences, 1879.
Si l’on administre un médicament quelconque à une femme en travail et.qu’on examine i’urine du nouveau-né après la naissance, le fœtus restant soumis à l’action du médicament pendant un temps que l’on peut mesurer d’une façon exacte, il est possible d’étudier les conditions de son passage à travers le placenta. Les difficultés de cette expérimentation ont forcé d’annuler un grand nombre des observations. Celles qui ont pu être utilisées ont été de 19 pour l’iodure de potassium, de 12 pour le chloroforme, de 18 pour l’acide salicylique, de 15 pour le salicylate de soude, de 22 pour le prussiate jaune de potasse, de 20 pour le bromure de potassium, de 9 pour le chlorate de potasse, de 16 pour l’azotate de potasse, de 28 pour le sulfate de
quinine, ii pour la santonine, de quelques observations seulement pour la rhubarbe, l’essence de térébenthine, l’asparagine, l’arsenic le mercure, l’iodure de fer.
Les conclusions de ces recherches répondent à trois chapitres concernant : t'l’absorption des médicaments par le placenta; 2" l’élimination de ces médicaments par l’urine des nouveau-nés ; 3“ l’influence des médicaments administrés à la parturiente sur la santé des nou-
■1" Absorption des médicaments par le placenta. — Les médicaments passent du sang maternel dans le sang fœtal ; le placenta ne leur oppose pas une barrière insurmontable.
L’iodure de potassium, le chloroforme, l’acide salicylique, le salicylate de soude, le prussiate jaune de potasse, le bromure de potassium, le chlorate de potasse, l’essence de térébenthine, le nitrate de potasse, le sulfate de quinine, la santonine administrés à la mère ont été retrouvés dans l’urine des nouveau-nés.
La substance fétide de l’asperge, l’acide chrysophanique de la rhubarbe, le fer de l’iodure de fer, peut-être le mercure n’ont pu y être constatés. Cependant il n’est pas démontré que le placenta constitue un filtre imperméable à ces substances. Les résultats négatifs tiennent aux doses forcément faibles des substances administrées à la mère, ou même aux doses très faibles absorbées par la mère elle-même.
Chaque médicament est soumis à une loi du passage à travers le placenta, variable pour chacun d’entre eux, toujours la même pour, le même médicament.
Quelques-uns d’entre eux, tels que l’iodure de potassium, l’acide salicylique, le salicylate de soude sont constamment retrouvés dans l’urine des nouveau-nés lorsque leur ingestion par la mère a précédé de quarante minutes l’accouchement. D’autres, tels que le prussiate jaune de potasse et le bromure de potassium ont dû être administrés trois heures, deux heures et demie, tels que le sulfate de quinine et le nitrate de potasse plus d’une heure avant l’accouchement, pour que la réaction ait pu être constatée.
La différence dans la sensibilité des réactifs employés n’est-elle pas une cause d’erreur dans l’appréciation exacte de la rapidité variable du passage des médicaments à travers le placenta? Certainement non. Pour en donner un exemple frappant, le prussiate jaune de potasse, qui demande trois heures pour traverser le placenta, possède un réactif qui en décèle dans l’urine 1/100000", tandis qne le salicylate de soude, qui ne demande que quarante minutes pour traverser le placenta, possède un réactif dont la sensibilité ne dépasse pas 1/25 000".
Quelle est la quantité du médicament donné à la mère qui passe à travers le placenta? La solution de cette question peut être obtenue en recherchant la présence d’une substance dans l’urine à l’aide de réactifs de sensibilité différente. Pour le nitrate de potasse, on possède dans le procédé de Schœnbein un réactif d’une sensibilité extrême, tandis que dans ses solutions à 1/1000" dans l’urine, il est à peine reconnu à l’aide du protosulfate de fer. L’expérience conduite sur ces données, permet de démontrer que lorsqu’on fait prendre 4 grammes de nitrate de potasse à une parturiente, on le constate dans l’urine du nouveau-né par le procédé de Schœnbein, tandis qu’il faut en administrer des doses plus élevées pour le reconnaître à l’aide du protosulfate de fer, c’est-à-dire qu’il n’en a passé à travers le placenta que 5 à 6 centigrammes. On peut en conclure qu’un centième seulement de la substance administrée à la mère traverse le placenta. Se trouve-t-on en droit de généraliser ce résultat? C’est là un point difficile à élucider. Il est infiniment probable que la quantité proportionnelle du médicament qui quitte le sang maternel pour pénétrer dans l’organisme fœtal est variable pour chaque substance. Mais, à coup sûr, elle est toujours faible.
Le placenta puise-t-il dans le sang maternel les substances qui y existent à la façon d’une glande en les modifiant au passage, ou bien se laisse-t-il simplement traverser en suivant les lois de l’endosmose? Les expériences précédentes n’apportent aucune donnée qui permette de trancher cette importante question de physiologie.
2° ÉlimimUm des médicaments par l’urine des nouveau-nés. — La réaction des médicaments qui se trouvent dans l’urine des nouveau-nés rendue immédiatement après sa naissance, est toujours (saut pour le chlorate de potasse) plus faible que dans la seconde urine recueillie. De plus, quel que soit le temps pendant lequel on a administré un médicament à une parturiente, quelle que soit la dose de ce médicament prescrit, jamais on a pu constater sa présence dans le liquide amniotique. Du rapprochement de ces deux faits expérimentaux, il résulte que la miction du fœtus dans la cavité amniotique n’existe pas, ou si elle se produit, le rein n’élimine pas les médicaments qui se trouvent charriés par le sang fœtal.
D’autre part, lorsqu’on administre en une seule fols ou pendant peu de temps à une femme plusieurs jours avant son accouchement un médicament, dont le passage à travers le placenta n’est pas douteux, on ne retrouve plus trace de ce médicament dans l’urine du nouveau-né; il faut donc de toute nécessité en déduire que le placenta est non seulement l’organe d’absorption des médicaments, mais qu’il en est
Quelle est donc la valeur fonctionnelle du rein chez le fœtus? Les expériences et les raisonnements suivants permettent de répondre à cette question.
L’élimination des médicaments en expérience se fait chez la mère en vingt-quatre, trente-six, quarante-huit heures au plus, sauf pour la santonine dont rélimmaiion est plus lente. Les médicaments qui se trouvent dans l’organisme du fœtus après la naissance demandent deux, trois, quatre et même cinq jours pour être complètement éliminés, sauf la santonine dont l’élimination est rapide. Aucune cause d’erreur dans cette comparaison ne peut tenir de l’allaitement, et le nouveau-né ne prend pas au sein de la mère de nouvelles provisions de médicaments qui demandent plus de temps pour être rejetées, car j’ai étudié l’élimination des médicaments par le lait de la mère, et jamais je n'ai trouvé dans le lait la moindre trace des médicaments prescrits avant l’accouchement.
Il est facile d’ailleurs de démontrer que le nouveau-né élimine plus lentement les médicaments qui lui sont administrés peu de temps après
II. De l’influence réciproque de la grossesse et des maladies Thèse présentée au concours d’agrégation, 1880.
L’augmentation de la quantité de sang, la gêne de la circulation par le fait de l’adjonction du système vasculaire utéro-placentaire, la diminution du champ respiratoire, les modifications chimiques présentées par le sang sont autant de causes qui peuvent aggraver une maladie de cœur existant avant la grossesse ou se produisant pendant
compte surtout de l’indication fournie par
circonspection, en tenant l’état du myocarde.
J’ai surtout étudié les indications de l’accouchement prématuré provoqué, de l’accouchement forcé et de l’opération césarienne.
111. Laparotomie dans un cas de grossesse extra-utérine. (Bulletin de ia Société obstétricale et gynécologique de Paris, 1891, p. 61.)
11 s’agissait d’une femme atteinte d’une grosseur extra-utérine datant de dix mois; l’enfant était mort depuis deux mois. Dans cette opération, j’ai enlevé la plus grande partie du sac. Le placenta se trouvait inséré sur la partie qui a été enlevée. Je n’ai pu extraire tout ie sac à cause des adhérences de l’intestin à ia partie postérieure. J’ai suturé ies bords du sac à la paroi abdominale. La guérison a été obtenue sans réaction fébriie en moins de trois semaines.