RÉSUMÉ
En résumé ,)es travaux de M. Amussat peuvent être divisés ainsi :
Anatomie et physiologie.
Anatomie pathologique.
Expérimentation sur les animaux vivans.
Chirurgie.
Par l’Anatomie de l’urètre mieux étudiée, sous le rapport chirurgical, M. Amussat a été conduit à démontrer, au mois d’avril 1822, la possibilité d'introduire dans ce canal des instrumens droits pour briser les calculs dans la vessie. Il est inutile, après tout ce qui a été dit dans cette note, de répéter que la lithotripsie ne date que de cette époque. L’auteur a publié ensuite un Mémoire sur l’urètre de l’homme et de la femme, dans lequel il a développé les idées qu’il avait émises deux années auparavant. Ce Mémoire a rempli une lacune, car les connaissances anatomiques sur l’urètre étaient très peu précises et manquaient d’exactitude.
L’appareil biliaire avait été décrit avec assez de soin pour ce qui concerne l’organe sécréteur seulement; mais la vésicule et les canaux biliaires réclamaient de nouvelles recherches, plus complètes et plus exactes que celles que nous possédions. En 1824, M. Amussat a communiqué à l’Académie le résultat de ses investigations; il a démontré l’existence d’une valvule en spirale dans le canal cystique chez l’homme, ainsi que la présence défibrés charnues dans la vésicule biliaire. Ces données anatomiques desquelles il a tiré des conclusions applicables à la physiologie ont été étendues aux différentes classes d’animaux, et elles font l’objet d’un Mémoire qu’il a lu dernièrement à l’Institut.
Le système nerveux, qui offre un champ si vaste à tous les anatomistes, a été étudié dans quelques-unes de ses parties par M. Amussat. Il a présenté à ce sujet à l’Académie diverses remarques intéressantes.
Les hernies, cette branche importante de la chirurgie, et dont la connaissance exige des études anatomiques si précises, a fixé d’une manière particulière l’attention deM. Amussat. Dans des coupes d’anatomie chirurgicale des régions inguinale et crurale qu'ila fait représenter dans des planches f il a fait comprendre la véritable situation de l’artère épigastrique dans les différentes espèces de hernies.
Eofin, après avoir étudié minutieusement l’anatomie chirurgicale de la région lombaire, M. Amussat a été conduit à démontrer qu’on avait eu tort de rejeter l’établissement d’un anus artificiel dans cette région.
Par 1 anatomie pathologique, M. Amussat a décrit et classé les rétrécissemens de l’urètre en cinq espèces; il en a précisé le siège, et par suite perfectionné les moyens de traitement. Il a constaté que les lésions principales existent surtout derrière le rétrécissement, et il a nommé anévrisme de l’urè-
ire la dilatation qui survient dans ce point du canal et qui est souvent suivie de déchirures, de fistules, etc.
Les tumeurs fibreuses de l’utérus, incomplètement décrites sous le rapport de l’anatomie pathologique, nécessitaient de nouvelles recherches faites surtout dans un but pratique. C’est ajSrès s’être livré à l’étude de ces productions morbides , que M. Amussat est arrivé à conclure que les tumeurs fibreuses développées dans le tissu de l’utérus et encore contenues dans les parois de cet organe pouvaient être enlevées avec des chances de succès. En effet, deux opérations heureuses qu’il a pratiquées pour des tumeurs de cette espèce sont venues corroborer ses idées et reculer sur ce point les bornes de la chirurgie, car tous les auteurs avaient conseillé de ne pas opérer, tant que les tumeurs étaient encore contenues dans les parois de l’utérus.
Les vivisections et l’expérimentation sur les animaux vivans , sources fécondes d’instruction, malheureusement trop négligées à notre époque dans l’enseignement de la chirurgie et de la physiologie, ont été uiilisées par M. Amussat. En se livrant avec ardeur à ce genre de recherches, il a fait plusieurs découvertes utiles et constaté différens phénomènes qui avaient passé inaperçus, ou dont l’appréciation n’avait pas été faite avec toute l’importance qu’ils méritent. Ainsi la torsion des artères dont l’efficacité, comme moyen hémostatique, n’est contestée que par ceux qui ne savent pas l’appliquer convenablement ; ses Recherches sur l’introduction de l’air dans les veineset sur les hémorrhagies traumatiques, le procédé qu’il a imaginé pour la suture des intestins sont le résultat de vivisections et d’expérimentations sur les animaux vivans.
Enfin, indépendamment des applications chirurgicales qui découlent de la plupart des travaux auxquels il s’est livré, sur l’anatomie humaine, l’anatomie comparée, la physiologie et l’anatomie pathologique, M. Amussat doit mentionner dans cette récapitulation de ses titres scientifiques, ses recherches sur les maladies des voies urinaires; son procédé particulier de taxis; la modification qu’il a fait subir au procédé deCallisen pour l’établissement d’un anus artificiel dans la région lombaire sans intéresser le péritoine; un nouveau procédé qu’il a employé avec succès pour établir un vagin artificiel, ainsi qu’un procédé également nouveau auquel il a eu recours pour établir un anus artificiel à la région anale d’un enfant nouveau né; ses idées sur le spasme de l’urètre; son procédé pour le traitement des fistules urélrales et recto-vaginales; le perfectionnement de la suture entortillée; ses travaux sur la rétroversion de l’utérus dans l’état de grossesse; les recherches sur l’opération du strabisme faites de concert avec M. Lucien Boyer ; ses travaux sur le traitement chirurgical du bégaiement; un procédé nouveau pour obtenir des cicatrices d’allongement; ses recherches sur le traitement chirurgical des hémorroïdes internes , etc., etc.