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Note sur quelques Alpheidae des Maldives et Laquedives

Une expédition anglaise, faite pendant les années 1899 et 1900, a visité les archipels madréporiques des Maldives etLaquedives au point de vue de leur histoire naturelle ; les résultats de cette expédition sont en cours de publication.

Parmi les Crustacés recueillis, les Alpheidæ iiPont été adressés pour Pétude. Ils constituent une collection des plus importantes par le nombre des spécimens, et la quantité de formes nouvelles qui s’y trouve indique avec quel soin, et quelle connaissance de leur faune, les Coraux ont été explorés par les zoologistes de l’expédition, MM. J. Stanley Gardiner et L. A. Borradaile. Je ne parlerai dans cette note que des genres Automate, Athanas, Arete et Alplieopsis, en attendant la publication intégrale de mon travail.

Genre Automate de Man A. Gardineri, h. Coutière

Automate GardineriR, Coutière, Bull, du Muséum, n»6, 1902.

Longtemps réduit à la seule A, doHchognatha de Man, le genre Automate compte aujourd’hui 5 espèces dont la distribution embrasse la zone intertropicale entière, au nord de l’équaleur.

La nouvelle espèce, due à MM. J. St. Gardiner et L. A. Borradaile, est très voisine de VA. doHchognatha de Man.

Le fond de l’échancrure du bord frontal présente une convexité antérieure très marquée, et les côtés de ce lobe médian ont une tendance à se continuer sur la carapace le long d’une légère dépression (fig. 1, 5).

L’article proximal du pédoncule autennulaire (portiou visible) n'a guère que la moitié de la longueur des ophlalmopodes. L’article médian, de longueur variable avec l’âge des spécimens, est égal au précédent chez les adultes, ou même légèrement plus long. L’article distal a, chez les adultes, le tiers environ de la longueur du médian.

Le scaphocérite dépasse légèrement la moitié de l’article antennulaire médian. Le pédoncule antennaire ne dépasse que très peu en longueur celui des antennules.

• Les maxillipèdes externes comme chez VA. dolichognatlia. Cette description du bord frontal et des appendices céphaliques s’applique aux deux sexes. Ou ne peut y relever, comme différence sexuelle, que la présence de 13 articles à la hampe du fouet anlennulaire externe chez le d^, au lieu de 12 chez la 9. Cette différence existe d’ailleurs chez VA. dolichotjnatfia.

Automate Gardineri H. G. (x 10). — 1, Spécimen (f (type); 2, Carpe de la 2'"® paire; 3, Patte de la paire (grande pince); 4, id. (Carpe, mero et ischiopodite, vus en dedans); 4'. id. (Carpe et meropodite, vus en dehors).

La forme des membres de la première paire différencie nettement les deux espèces.

Dans les exemplaires des Maldives, une seule grande pince, détachée, peut être attribuée à un c? (fig. 3, 4, 4'). La comparaison avec un exemplaire très adulte provenant de Mascate (i\L Maiudron, Collections du Muséum) ne permet aucun doute. La pince est rectangulaire, à bords parallèles, les doigts sont un peu plus longs que la paume, et celle-ci est un peu plus longue que haute.

Le carpe est fortement élargi en avant, et son bord distal est trilobé. Le meropodite, fortement renflé, est environ 2 fois aussi long que le carpe, et ses bords sont distincts de ceux de Tischiopodite, renflé à son extrémité distale (fig. 4, 4').

H. COÜTIÈRE

Chez la 9, la grande pince est de forme différente (fig. 6, 7). Les doigts n’ont plus que lès 2/5 de la longueur de la paume, et la moitié de sa hauteur. Le rapport de la longueur à la hauteur, pour, la pince entière, est toujours inférieur à 2, alors qu’il dépasse presque toujours ce chiffre chez VA . dolichognatha 9 , dont la grande pince est plus longue et moins renflée.

Le carpe est court, trilobé, très élargi distalemeut, avec une forte saillie triangulaire sur son bord inférieur (du côté de la pointe du doigt mobile (fig. 7). Cette saillie n’est pas présente sur

Automate Gardineri H. G. (x 10). —5, Spécimen 9 (typ^); 0, Patte de la paire (grande pince) ; 7, id. (Carpe, mero et ischiopodite, vus en dehors) (x 2o); 8, Automate dolichognatha de Man (Carpe, mero et ischiopodite, vus en dehors) (x 25).

la grande pince détachée du cf , décrit plus haut, mais elle existe sur l’exemplaire c? de Mascate, moins accentuée toutefois que chez les 9 des Maldives. On ne la trouve jamais chez l’^l. dolicliognatho.

Le méropodite (fig. 6, 7) est court et fortement renflé en son milieu ; le rapport de sa longueur et de sa largeur est de 1,38 à 1.5 au lieu de 1,6 à 2 chez l’.4. dolichognatha. De même que chez le l’ischiopodite est fortement renflé distalement, et ne continue pas les bords du méropodite (fig. 7) ainsi qu’il le fait chez l’^l. doUchognatha (fig. 8).

sua QUELQUES ALPHEIDÆ DES MALDIVES ET LAQUEDIVES

Sur la deuxième paire, dans les 2 sexes, les segments 3 et 5 du carpe sont égaux, le segment 4 un peu plus petit (fig. 2).

Distribution : Mascate(M. Maindron, 2 ex.), Djibouti (H.Coutière, 1 ex.) Coll, du Muséum), Kinsgmill Island (Coll, de Yale College, U. S. A., 1 ex.), Minikoi Atoll, Mabdu Vahri Atoll, Goidu Atoll, Hulule Male Atoll (MM. J. St. Gardiner et Borradaile, 10 ex.).

* Je n’ai pas rencontré VA, dolicliog7iatlia les spécimens des

Laqiiedives et Maldives.

Genre Athanas Leacli

Athanas Djiboutensis h. Coutière

A. Djiboutensis, H. C. Bull, du Muséum, n° 6, p. 233, 1897.

— — Ann. des Sc. nat. (6), p. 62, 177 ; fig. 4, 207,

A, sulcatipes Borradaile. P. Z. S. p. 1011, pl. 65, fig. 9, 1898.

M. L. A. Borradaile a bien voulu me soumettre les types de Va, sulcatipes,, provenant de Funafuti Atoll (Arch. Fiji). J’ai pu me convaincre de la parfaite identité de cette espèce avec VA , Djiboutensis, dont la distribution géographique se trouve ainsi très étendue.

C’est une des formes les plus typiques du genre Athanas, Le rostre peut atteindre presque Fextrémité du pédoncule autennulaire ; ses bords sont parallèles sur 1/3 de leur longueur, puis convergent en pointe aiguë, légèrement relevée. Les épines supra-cornéennes sont bien détachéès du rostre, fortes et triangulaires. Des deux épines extra et infra-cornéennes, l’inférieure est la plus grande, sans atteindre toutefois le bord de la cornée.

Le stylocérite n’atteint pas d’ordinaire l’extrémité de l’article antennulaire médian.

Les pattes de la première paire montrent un dimorphisme sexuel très accusé, et de plus, dans l’un et l’autre sexe, une asymétrie surtout marquée chez les 9.

Chez le cf, les deux membres ont, à un degré un peu inégal, le méropodite très volumineux, à bords foliacés et engainants. Le carpe de la grande pince est très court, de forme hémisphérique, le propodite est ovoïde, un peu plus renflé distalement, la partie se plaçant dans la gaine du méropodite est un peu aplatie de part et d’autre d’une crête longitudinale très peu marquée. Les doigts, béants, sont armés de tubercules rugueux, le doigt mobile étant courbé en demi-cercle.

H. COUTIÈRB

Sur le membre opposé, plus petit, la partie médiane du carpe, dirigée en avant quand la pince est repliée, affecte la forme d'une saillie conique très caractéristique. Le propodite est beaucoup moins renflé, et les doigts presque inermes.

Chez la 9, les pinces sont beaucoup plus dissemblables. La plus grande ressemble assez à la plus petite du 6^ ; le méropodite est toutefois plus long, moins engainant, le propodite presque cylindrique ; le carpe n’a pas de prolongement conique.

Le membre opposé est très grêle, sa longueur totale n’atteiut pas celle du méropodite du précédent. Le méro et le propodite (doigts compris) sont sensiblement égaux, le carpe un peu plus court. Tous ces articles sont grêles, cylindriques, les doigts inermes joignent exactement.

Distribution : Djibouti (H. Coutière).

— Funafuti, Ellice Island (J. St. Gardiner).

Naifaro Reaf, Hulule Male Atoll, Minikoi Island, récifs et lagon (1 ex. provenant de celte dernière station a été capturé dans les trous d’une pièce de bois perforée par les Tarets, J. St. Gardiner et L. A. Borradaile).

Athanas Minikoensis n. sp.

Cette espèce est extrêmement voisine de l’.4 . dimorphus Ortmann. Elle en est toutefois facile à distinguer, et je n’hésite pas à la considérer comme nouvelle, bien qu’elle soit représentée par un unique spécimen 9, mutilé (fig. 9-10).

Parla forme du rostre, l’absence totale d’épine supra-cornéenne, par l’épine extra-cornéenne un peu plus grande que l’épine inférieure, la nouvelle espèce est entièrement semblable à VA. dimorphus tel que l’a décrit Ortmann et tel que je l’ai retrouvé à Djibouti. La différence porte uniquement sur les membres de la première paire, dont un seul est préseut sur le type.

Chez VA. dimoî^phus 9 (fig. 12), ces membres sont égaux et très grêles. Le méropodite, légèrement engainant, et le carpe, plus court, sont l’un et l’autre allongés et cylindriques; ils out, surtout le carpe, un peu moins de 2 fois la longueur du propodite (doigts compris). Ce dernier article est lui meme cylindrique dans toute sa longueur ; les doigls, inermes et joints, ont la moitié de la longueur de la paume.

Chez VA . Minikoensis (fig. 11), le membre entier est beaucoup plus robuste. Le méropodite, nettement engainant daus sa partie distale, est deux fois aussi long que le carpe, celui-ci étant à peu près égal

à l’ischiopodite, et de forme conique. La paume est légèrement ovoïde, seulement un peu plus courte que le méropodite ; la pince, doigts compris, est plus longue que ce dernier article. Les doigts sont inermes et joints. La forme du membre opposé reste jusqu’à présent inconnue, de même que les caractères du cf.

Minikoi Atoll, «Boulder» zone (L. A. Borradaile).

Je n'ai pas trouvé VA. dimorphus Ortmann parmi les espèces des Maldives et Laquedives. On doit vraisemblablement Vy rencontrer, l’espèce étant connue dans la mer Rouge, depuis Relier et Paulson, à Perim (D^ Jousseaume), Suez, Djibouti (H. Coutière), Dar-ès-

Athanas Minikoensis n. sp. (x25). — 9, Spécimen 9 (type); 10, id (vu latéralement); 11, Patte de ta 1" paire; 12, Athanas dimorphus Ortmann (9), patte de la 1^' paire (x 10).

Salaam (Ortmann), eu Nouvelle-Calédonie (V. Bougier), aux îles Fiji (J. St. Gardiner). (Cette dernière station, d’après un spécimen 9 mutilé qu’a bien voulu me communiquer M. Borradaile, et dont la détermination reste incertaine).

Athanas Naifaroensis n. sp.

Cette espèce n’est jusqu’à présent représentée que par des spécimens Ç. Elle rappelle P.4. Djihouiensls par quelques caractères

H. GOUTIÊRE

du bord frontal, mais elle est alliée beaucoup plus étroitement, par la forme des membres, à l’espèce Atlantique et Méditerranéenne A, nitescens Leach.

Le rostre (fig. 14) a ses bords parallèles sur le tiers proximal de sa longueur. Il s’étend jusqu’à Textrémité de l’arlicle antennulaire médian, parfois jusqu’au milieu de l’article distal. Les épines supra-cornéennes sont plus marquées encore que chez VA. Djiboutensis (et à fortiori que chez IM. nitescens où elles sont très faibles), elles ont les 2/3 du diamètre antéro-postérieur de la cornée. L’épine extra*cornéenne, très développée, dépasse longuement le bord de la cornée, alors que l’infra-cornéenne est très petite et

Athanas Naifaroensis n. sp. (x 25). — 14, Spécimen 9 (type); 15, id. (vu latéralement); 16, Patte de la 1^* paire.

assez difficilement visible, son extrémité transparente se confondant avec le bord inférieur sombre de la cornée (fig. 14 et 15).

Le stylocérite s’étend jusqu’à l’extrémité de l’article antennulaire médian.

Les membres de la première paire (chez la 9) sont presque égaux et semblables (fig. 16). Ils permettent de ranger la nouvelle espèce dans le groupe (( » du genre Athanas^ genre dans lequel

les pinces restant étendues en avant du carpe, leur poids est compensé par le raccourcissement du méropodite. (Dans un second groupe (( dimorphus », au contraire, la pince se repliant dans le méropodite, celui-ci est amené à prendre un développement exagéré. Il en résulte que dans l’une et l’autre disposition, le centre de gravité de l’animal chargé de ses pinces reste sensiblement au même point.)

Chez VA. Naifaroensis, le méropodite est court, convexe en dessus.

concave en dessous sans être engainant ; le carpe , conique , embrasse Textrémité proximale du propodite, il a la moitié de la longueur du méropodite.

Le propodite (doigts non compris) est un peu plus long que le méropodite sur la plus grande des pinces, un peu plus court sur le membre opposé, de forme légèrement ovoïde. Les doigts, égaux en longueur au carpe, sont clos et inermes (tîg. 16).

Bien que la forme des pinces présente d’assez grandes variations chez les $ dM. nitescens, il est toujours possible de distinguer les deux espèces par ces appendices. Le carpe est toujours, chez VA, nitescens 2, plus long et plus étroit, il égale fréquemment en longueur le méropodite.

Naifaro Reef (1 2), Hulule Male Atoll (6 2) (J. St. Gardiner).

Athanas areteformis n. sp.

Je considère cette nouvelle forme comme étant de valeur spécifique, bien qu’elle soit très voisine de la précédente et qu’elle en dérive manifestement. Elle en diffère (au moins chez les 2, seules connues entièrement), par un unique caractère, la disparition totale de l’épine infra-cornéenne ou angle externe de l’orbite.

Athanas areteformis n. sp. (x 25). — 17, Spécimen (type); 17', iti. (Détails des saillies cornéennes x 50); 18, Patte de la 1" p^irc.

Mais ce caractère, qui semble devoir définir une simple variété de l’espèce Naifaroensis si Ton considère ces formes isolément, prend une importance singulière lorsqu’on en rapproche les espèces

H. COÜTIÈRE

du genre Arele^ surtout V Arete Borradailei n. sp., que je décris plus loin. L'absence de Tépine infra-cornéeune définit ici le genre, au même titre que les autres caractères distinctifs d'Arete, et en se fortifiant par eux. Rien ne saurait mieux montrer la réalité de la filiation de ces deux groupes de formes, Athanas et Arete^ que cette augmentation subite de valeur que Ton est forcé d’attribuer à un caractère commun lorsqu’on passe d’un groupe à Tautre.

Chez Y Athanas areteformis (üg. 17, 17',) les épines supra et extracornéennes, cette dernière surtout, paraissent être encore plus développées que dans l’espèce précédente.

L’espace occupé par l’épine înfra-cornéenne n’est plus indiqué que par un bord à légère convexité antérieure, sensiblement parallèle à la circonférence de la cornée. Tous les autres caractères des appendices céphaliques sont rigoureusement ceux de l’espèce précédente.

Une seule des pattes de la première paire est présente sur un spécimen Ç. Elle ne diffère aucunement de son homologue chez ÏA, ISaijaroensïs,

Quant aux pattes de la première paire chez le elles sont représentées par une pince détachée, accompagnant l’unique exemplaire que j’ai étudié, et que l’on peut lui attribuer avec d’autant plus de vraisemblance que cet appendice rappelle de très près son homologue chez VA, nitescens. Le méropodite est court, de forme triquètre, le carpe hémisphérique, embrassant l’extrémité de la paume, le propodite cylindrique et robuste. Le doigt mobile, courbé en demi-cercle, ne porte pas de tubercules, peut-être s’agit-il de la plus petite des deux pinces du spécimen (fjg. 18).

Naifaro Reef (1 d^), Hulule Male Atoll (1 $) (J. St. Gardiner).

Arete Borradailei n. sp.

Le genre Arete comprenait jusqu’à présent l’unique espèce A. dorsalis Stiinpson, recueillie près de Hong-Kong. En raison même de la concision de la diagnose de Stimpson, c’est à cette espèce que les auteurs, en particulier de Man, et moi-même, avaient rapporte les spécimens trouvés ailleurs que sur la côte Chinoise. En réalité, il faut distinguer deux expèces dans les spécimens définis A, dorsalis^ et il est assez délicat de dire à laquelle se rapporte la description du type.

Réduit à ces deux formes, très voisines l’une de l’autre, le genre Arete se laissait dériver d' Athanas avec facilité et paraissait même être, à partir d* Athanas nitescens Leach, la forme la plus voisine

que Ton pût distinguer génériquement. MM. St. Gardiuer et Borradaile viennent d’ajouter au genre Arete une espèce très remarquable, qui vient se placer exactement à la suite des formes nouvelles d’d^/iana.s décrites ci-dessus, mais qui, d’autre part, ressemble assez aux espèces connues d'Arete pour que son attribution à ce genre ne fasse aucun doute. C’est, en un mot, un « témoin» des plus irrécusables du processus qui a peu à peu séparé du genre Atlianas des formes plus évoluées.

Le rostre, les opbtalmopodes, le bord frontal d' Arete Borradailei (fig. 19, 20) rappellent étroitement les détails homologues chez VAthanas aretefonnis (fig. 17) ; mais le rostre s’est rétréci à la base, raccourci jusqu’à l’extrémité de l’article antennulaire médian, et notablement épaissi. Les épines supra-cornéennes ont pris un développement considérable, elles recouvrent de plus en plus les cornées et permettent de comprendre comment, chezVArete dorsalis, Textrème pointe de ces épines est seule visible, l’échancrure qui les sépare du rostre s’étant comblée. Je rappelle que la protection de plus en plus grande des ophtalmopodes est un des points les plus saillants de la morphologie comparée des Alpheidæ.

Une seule épine, à base très large, est présente latéralement. En ne considérant que l’/ire/c dorsalis, pensé, dans un travail

antérieur, que cette saillie du bord frontal était l’épine infracornéenne, ou angle externe de l’orbite, d’autant plus qu’une très légère convexité, située au-dessus, pouvait s’interpréter comme le vestige de l’épine extra-cornéenne, englobée dans le « rideau » recouvrant peu à peu les ophtalmopodes.

La comparaison d'Athanas Nailaroensis (fig. 15) aretefonnis et d' Arete Borradailei (fig. 20) prouve que, contre toute vraisemblance, c’est au contraire l’infra-cornéenne qui a graduellement disparu ; à l’épine extra-cornéenne revient bien chez Arete^ comme tous les Alpheidæ, le principal rôle dans la constitution des voûtes orbitaires, et l’existence de cette formation, considérée comme hautement caractéristique des Alpheidæ, est plus générale encore que je ne l’avais pensé.

Les antennules sont bien celles du genre Arete, L’article distal du pédoncule a subi un allongement marqué, le bord de chacun des deux autres articles est crénelé, le stylocérite n’atteint pas l’extrémité de l’article médian. La hampe du fouet externe antennulaire conserve, comme chez A 4 articles, mais ils sont

très accrus en dimension, alors que les 2 fouets terminaux sont très courts (fig. 19).

Bull. Soc. Philom. de Paris, 9® série, N® 2, 1902-1903.

n. COUTIÈRE

Le scaphocérite est largement arrondi par son bord interne, plus long que le pédoncule autennulaire. Le basicérite est épais et trapu, avec une large épine obtuse latérale.

Les maxillipèdes externes sont aussi ceux ^'Areie, par leur article médian très élargi et aplati (fig. 20).

Les pattes de la première paire (fig. 20, 21), sont très semblables à celles d’d //lanas Nai[aroensis $, Arete Bormdailei n’étant égale-

Arete Borradailei n. sp. (x 25 ). — 19 , Spécimen 9 (type); 20 , id. (vu latéralement, petite pince de la 1 ^* paire) ; 21 , Grande pince de la 1 ” paire; 22 , Patte de la paire; 22 ', Détails du dactylopodite (x 50 ) ; 23 , Patte de la 2 "‘« paire ; 24 , Uropodes et telson.

ment représenté que par une 9- Le méropodite est toutefois plus volumineux et plus court, étant seulement 1 fois 1/2 plus large que long ; le doigt mobile, externe chez Atlianas, est ici à peu près complètement inférieur, comme dans le genre Betæus, et s’ouvre de haut en bas.

La deuxième paire, comme chez Arete, n’a que 4 articles au

SUIi QUELQUES ALPHEIDÆ DES MALDIVES ET LAQUEDIVES

carpe, les deux médians égaux, les deux exlrôiiies plus longs, surtout Tarticle proximal (fig. 23).

Les pattes suivantes (fig. 22) sont robustes, le propodite cylindrique est presque inerme (4-5 faibles spinules). Le dactyle est simple (fig. 22’) mais porte eu son milieu une trace dedenticulation, marquée par un groupe de soies, indice du dactyle bifide (ÏArete do r salis.

Le telson de Tunique spécimen est mutilé, mais les uropodes allongés, avec leur sympodüe armé d’une large pointe mousse, sont bien ceux d'Arete (fig. 24).

Les membres thoraciques ne portent aucun épipodite, comme dans le genre Synalpheus, alors qu’il y a chez AreteS épipodites en crochets (sur les appendices i, k, /)‘et 4 chez Athanas (suri, fe, /, ni).

Il existe d-autres exemples d’anomalies comparables chez les Alplieidæ ; Betæus æquimanus Dana, Alpheopsis trispinosus Stimpson n’ont que 3 épipodites en crochet, alors qu’on en compte 5 dans les - autres espèces de ces deux genres. Ce sont là des rudiments de formations branchiales d’un caractère très primitif, dont la disparition s'achève saus règles bien visibles^ et l’exemple d'Arete Borradailei montre qu'il serait imprudent de fonder sur leur nombre les rapports de parenté de deux groupes de formes, parmi les Eucyphotes. .

Par la forme générale du rostre et du bord frontal, le petit nombre d’articles au fouet antennulaire externe, la forme générale des pattes de la premièi e paire, le dactyle simple des peréiopodes 3, 4, 5, VArete Borradailei appartient encore au genre /U/mnas, surtout si Ton considère que chez les Athanas Naifaroensis et arcteformiSy pour passer à la nouvelle espèce, la disparition de Tépiue infra-cornéeune est aussi graduelle que possible. Mais les caractères du genre Arete s’y montreut bien plus nombreux : épaississement du rostre, protection plus grande des ophtalmopodes, disparilion de tout vestige de l’épine infra-cornéenne, élongation de l’article autennulaire distal, réduction des branches terminales du fouet antennulaire externe, doigt mobile des pinces de la première paire s’ouvrant du haut en bas, deuxième paire avec 4 articles au carpe, trace de denticulation des dactyles 3, 4, 5, uropodes allongés.

D’autre part, VArete Borradailei ne se place pas, dans le genre- Arete^ comme un échelon intermédiaire entre d//?arm.s; et les formes les plus évoluées du genre, telles qu'Arete dorsalis, et Arete Indiens décrite ci-après. La différenciation, à partir d’ Athanas, s’est effectuée dans deux directions bien reconnaissables, probablement

H. COUTIERE

môme à partir de formes distinctes. Pour les Areie dorsalis et fndieus, cette direction est jalonnée de façon moins précise, et, si Ton en juge par Paccroissemenl rapide du nombre des espèces chez Atlioms, il est permis de penser que ce genre, de même qu* Arete, fournira encore des formes instructives pour l’étude de cette filiation.

L’unique exeinplaire d'Arete Borradaüei (9 portant des œufs) provient de Hulule Male Atoll.

11 devient nécessaire de séparer sous ce nom une partie des spécimens désignés jusqu’alors sous le nom de^. f/orsaZù Stimpson. D’après les spécimens que j’ai pu étudier, il y a en effet une différence sensible entre ceux provenant de l’Océan Indien (Djibouti,

Areie dorsalis var. Pacifiais Areie dorsalis Stimpson. ~ 33, Spécimen cT très adulte, provenant de Samoa (x 15) ; 34, id., Patte de la 3”' paire.

Maldives) et ceux provenant du Pacifique, auxquels la diagnose de Stimpson me paraît mieux s’appliquer.

Chez un spécimen de Samoa (Coll, du Muséum), un très adulte (fig. 33), le rostre atteint seulement Pextrémité de l’article anlennu-

Arete dorsalis var. Indicus n.

laire médian, il est très épais, et très large à la base (seulement 1 fois 1/2 plus long que large), Tunique épine latérale (extra-cornéenne) est peu développée, elle atteint seulement le milieu du diamètre antéro-postérieur de la cornée. La hampe du fouet anten* nulairea 17 articles, elle est de faible diamètre. L’épine latérale du scaphocérite est obtuse et courte, Técaille très large Le carpocérite très volumineux dépasse de beaucoup, en avant, le pédoncule antennulaire.

Sur les maxillipèdes externes, Tarticle proximal de Tendopodite est très large, Tarticle distal un peu moins de deux fois aussi long quel’article médian.

Les pattes de la première paire sont absentes. Sur celles delà deuxième paire, le premier segment du carpe (proximal) est un peu plus long que la somme des trois autres, le troisième est le plus court, le quatrième égal à la somme des deux précédents, la pince terminale est aussi longue que les segments 3 et 4 réunis.

Les membres suivants sont cylindriques et lisses. Le méropodite des pattes 3 et 4 (fig. 34) porte inférieurement, à son extrémité

Arete dorsalis var. Paciftcus = Arete dorsalis Stimpsoa (x 25}. ~

31, Spécimen o' (?) provenant de Nouvelle Calédonie ; 32, Uropodes.

distale, une très faible saillie épineuse, difficile à voir, et qui m’avait échappé jusqu’alors, comme à Stimpson et à de Man. Le propodite porte une douzaine de fines spinules, le dactylopodite est nettement bifide, la griffe surnuméraire étant ventrale.

La patte de la cinquième paire a son méropodite inerme, le propodite porte seulement 7-8 spinules, et une rangée de soies courtes et fortes le long de l’articulation du dactylopodite.

La rame externe de Turopode a son bord extérieur droit.

Ces caractères sont déjà très modifiés chez deux autres exem-

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