H. GOUTIÈRE
plaires provenant l’un de rAmérique centrale (sans indication de versant) l’autre de la Nouvelle-Calédonie.
Ce dernier, très mutilé, répond à la description précédente par les caractères du bord frontal, du telson et des uropodes. Mais le rostre est déjà plus étroitàla base, la hampe du fouet antennulaire n’a plus que 5 articles, le pédoncule antennaire est légèrement pins court que celui des antennules et pas plus volumineux, le segment proximal du carpe et la pince de la deuxième paire sont l’un et l’autre légèrement plus longs que la somme des 3 autres segments du carpe (fig. 31, 32).
Le spécimen provenant de l’Amérique Centrale s’éloigne davantage encore du premier. Le rostre est 2 fois 1/2 aussi long que large, l’épine extra-cornéenne dépasse notablement en avant le bord de la cornée. Les caractères du fouet antennulaire et de l’antenne sont les mêmes que dans l’exemplaire ci-dessus décrit. La pince terminale de la deuxième paire est un peu plus longue que le segment proximal du carpe, égal lui-^même à la somme des 3 autres. Sur les pattes 3 et 4, leméropodite est nettement épineux à son bord inférieur. Le bord externe des uropodes est droit, avec une très légère courbure vers le dehors (fig. 30).
De ce dernier spécimen, on ne peut que difficilement distinguer ceux provenant de Djibouti et des Maldives. Le rostre de ces derniers est en général plus long, s’étendant fréquemment jusqu’à l’extrémité du pédoncule antennulaire, de sorte que le rostre peut être 3 fois aussi long que large. L epine latérale du scaphocérile est aiguë et longue (fig. 25, 26).
Les pattes des troisième et quatrième paires out leur méropodite fortement épineux à leur extrémité inférieure distale. Enfin, la différence principale porte sur la rame externe de l’uropode, dont le bord est courbé en dehors de façon très visible (fig. 29), à l’endroit où cette rame porte une fausse articulation transversale, dont la naissance est marquée par une épine mobile.
A ne considérer que les termes extrêmes de cette série de formes, il conviendrait certainement de séparer, comme spécifiquement distincts, les spécimens présentant ce caractère de l’uropode, et l’exemplaire de Samoa, sur lequel on peut relever de nombreuses autres différences. Mais, d’autre part, ce dernier exemplaire est de taille double des autres spécimens les plus grands ; parmi les caractères propres qu’il possède, l’élargissement du rostre, l’atténuation de l’épine extra-cornéenue, le volume du carpocérite, la disparition presque totale de, l’épine des méroppdites 3 et 4,
peuveul être attribués à son état très adulte, ce sout des signes de sénilité tels que j’en ai relevé fréquemment chez d’autres Crustacés, les Palémons par exemple.
Le très petit nombre d’exemplaires connus ù'Arete s’opposant à une discussion plus serrée des caractères des formes que je viens d’énumérer, je me bornerai à distinguer parmi elles deux variétés : dorsalis var. Pacificus correspond à VArete dorsalis Stimpson, trouvée près de Hong-Kong, et comprend les exemplaires ci-dessus décrits de Samoa, de Nouvelle-Calédonie, de l’Amérique centrale.
Arete dorsalis var. Indiens n. (X 25). — 25, Spécimen (cotype); 26, id. (vu latéralement) ; 27, Patte de la 2“* paire ; 28, Patte de la 3“' paire ; 29. Telson et uropodes; 30, Spécimen çf provenant d’Amérique Centrale, détails des uropodes.
La seconde variété « Indicus » comprenant les exemplaires assez nombreux que j’ai recueillis à Djibouti, et un spécimen de Hulule Male Atoll (J. St. Gardiner et Borradaile) diffère de la première surtout par la forme du bord de l’uropode (rame externe), courbé en dehors à son extrémité au lieu d’ôtre rectiligne.
Je n’ai pas parlé, dans les descriptions précédentes, des pattes de la première paire. J’ai pu les examiner sur les deux spécimens de Nouvelle Calédonie et d’Amérique Centrale (var. Paci ficus) et sur ceux de la variété Indicus provenant de Djibouti, sans remarquer de différences sensibles entre les deux variétés.
U. GOUTIÈUE
Les pattes de la première paire sont légèrement asymétriques surtout chez le où Tuue des deux est plus forte et différemment armée. L’ischiopodite est très court, avec une forte épine sur ses deux bords, le méropodite court et épais, sa hauteur maxiina étant les 8/10 de sa longueur. Le carpe court, étroit à son articulation proximale, s’élargit rapidement pour embrasser le pourtour de la paume, par un contour trilobé. Sa face inférieure est très aplatie pour s’appliquer contre le méropodite. Les deux pinces présentent, près du carpe, et sur leur bord externe, une forte constriction, marque, — et conséquence — de l’insertion du muscle adducteur du doigt mobile. Sur la plus grande, la paume est i fois 1/2 aussi longue que les doigts, 1 fois 1/2 environ aussi longue que haute. Le doigt fixe porte eu son milieu un volumineux processus conique.
Sur la plus petite, le rapport entre la longueur de la paume et des doigts est seulement 1,2, il est égal à 1,4 entre la longueur et la hauteur de la paume.
Le doigt fixe porte seulement une arête tranchante, il n’y a pas d’intervalle entre les doigts.
Chez le $, les deux pinces sont semblables à la plus petite chez le c?.
La diagnose de Stimpson, parles proportions du rostre, des autennules et des antennes, des pattes de la première et de la deuxième paires, s’applique très convenablement au spécimen provenant de Nouvelle-Calédonie que j’ai décrit plus haut. L’exemplaire, provenant de la région de Hong-Kong, avait 12^^ environ de longueur et devait être une 9, à en juger par les doigts des pinces de la première paire, joints entre eux.
Quant à l’exemplaire provenant d’Amboine, et rapporté par de Man à VA, dorsalis, il diffère de tous ceux examinés ci-dessus par la pince delà première paire, environ 5 fois aussi longue que large. Le rostre, très court, atteint à peine le bord antérieur du premier article, d’après de Man. Il s’agit vraisemblablement là d’une espèce distincte de l’A. rforsa/fs.
La diagnose de Richters, relative à VAthaiias Mascarenicus, est beaucoup trop incomplète pour que l’on puisse en déduire à quelle espèce du genre Ai^ete elle se rapporte.
Distribution: Var. Pacificiis : Hong-Kong (?) (Stimpson), Nouvelle-Calédonie (M. de Beausaq), Samoa, Amérique Centrale (sans indic. de versant), Amboine (??) (de Man). — Var. Indiens : Djibouti (H. Coutière), Hulule Male Atoll (MM. Gardiner et Borradaile), Mascareignes (?) (Richters).
Genre Alpheopsis H. Coutière
Alpheopsis EQUALis H. Coiitière et var. truncatus, u.
V Alpheopsis ecfiialis est représenté dans la collection des Laquedives et Maldives par trois spécimens, présentant entre eux de légères différences.
L’un d’eux (lig. 35, 36) est tout-à-fait semblable aux représen-
Alp/ieopsis equalis 11. C. (x 25). — 35, Spécimen 9 5 36, id. (vu latéralement);
37, A. equalis var. Truncatus n. Spécimen çf (type) ; 38, id. (vu latéralement).
tants de l’espèce provenant de la mer Rouge et du Paciffque (Collections du Muséum) ; les deux autres en diffèrent par la forme du rostre et quelques autres points.
Au lieu d’affecter la forme d’une pointe triangulaire étroite, carénée inférieurement, le rostre est tronqué très près de sa base, et la carène inférieure est elle-même coupée obliquement de haut en bas(fig.37,38). Il serait singulier qu’il s’agît d’une malformation, les deux spécimens, un et une 9, présentant l’un et l’autre ce caractère.
Les pédoncules anlennulaires sont plus larges et plus courts, de même que Técaille anlennaire.
Les pinces de la première paire, qui sont présentes sur le spécimen 9, sont plus ovoïdes que chez VAlpheopsis equalis type, les doigts sont plus étroits et légèrement plus longs (fig. 38).
Il me paraît nécessaire de distinguer provisoirement ces spécimens sous le nom de la var. truncatus. L’extrême rareté d*Alplieopsis equalis ne peruiet pas actuellement de séparer ces deux formes defaçon plus complète.
Distribution : Alpheopsis equalis H. C. Nouvelle-Calédonie (M. de Bausaq), Perim Jousseaume), Djibouti (H. Coutière), North Male Atoll (MM. Gardiner et Borradaile), -4. equalis var. truncatus H. G. Goifufahendu Atoll (MM. Gardiner et Borradaile).