SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
de son frère (Ois. de or lu et veg. pl. p. 04), Monii (op. c. p. 12), Michcli (Nov. pl. yen. p. 45, n° 9), et enfin Scheuchzer (Agrost. p. 380). Ce nom fut reproduit par Roltboell, en 1773, dans ses Descr. et ic. p. 31; il est donc ainsi antérieur de neuf ans à celui de Linné fils, datant de 1781 , et il doit jouir du droit de priorité que lui ont déjà reconnu Vabl, Enum. II, p. 350, n° 112, et Kunth, Enum. pl. II, p. 19 , tandis que beaucoup d’auteurs contemporains conservent encore le nom de Linné fils. On pourrait même, sans encourir le reproche d’un scepticisme outré, se demander si le Cyperus décrit par Linné fils dans son Supplément, p. 102, est bien la plante que Monti avait figurée ; car Linné attribue à sa plante ; 1° un chaume rond, teres , et celle de Monti a le chaume triquêlre avec angles aigus et faces un peu rentrantes ; 2° « folia longissima, umbella supra decomposita, involucrum hexaphyllum », ce qui ne convient point à la plante de Monti. Linné ajoute que sa plante croît dans l’Inde et peut-être aussi en Italie, et personne depuis n’a signalé le Cyperus de Monti comme croissant dans l’Inde. Le doute est donc permis, et pour dire toute la vérité, je ne fais, en l’exprimant ici, que reproduire celui qu’ont émisRœmcr et Schultes ( Syst. veg. II, p. 207).
Un mot encore sur la même plante. De Candolle lui avait attribué une v racine fibreuse » {Fl. fr. I, p. 197), ce que Gaudin qualifie un peu vivement d’erreur complète, attendu que ce Cyperus a une souche rampante et stolonifère {Agrost. helv. II, p. 55). Mais cet auteur n’avait pas suffisamment remarqué que De Candolle, au passage cité, ne prend pas, comme lui, le mot racine dans le sens de souche, mais oppose l’expression « racine fibreuse » à celle de « fibres de la racine renflées en tubercules ». Quoi qu’il en soit, l’observation de Gaudin est juste, et il décrit assez bien la souche du C. serotinus en la disant « stolonifère, grêle et revêtue d’une enveloppe tubuleuse
» dont la partie fibreuse n’occupe pas le tiers.; organisation si singulière
» qu’on ne voit pas la pareille dans toute la série des Gramens (1). » Bertoloni en dit à peu près autant {Fl. ital. I, p. 273). Pour me rendre compte de cette organisation, j’eus recours à l’obligeance de M. Duval-Jouve, et bientôt des coupes microscopiques nous permirent de reconnaître que la composition de ces stolons ne diffère en rien de celle que notre confrère a signalée dans son mémoire sur les Agropyrum de l'Hérault, p. 331, et présente deux zones : l’une, centrale, formée de faisceaux fibro-vasculaires épars dans du parenchyme ; et l’autre, externe ou corticale, consistant en plusieurs couches d’un tissu cellulaire très-lâche et se détruisant vile, recouvertes par des cellules épidermiques dures, résistantes et très-persistantes. Ce sont elles qui consti-
(!) » P.adi\ viticulosa..., viticuli (sic) graciles, articulati, fibrosi, lunien tubulosa, cujus » capacitatis fibra ne quidem tertiani partem complet, tecti.... Fabrica viticulorum omnino » singularis est ut in Iota Graniinearum gente nulla occurral planta quæ taies liabeat
» radices. » ( Agrost. helv. II, p. 53 et 54.) — Est-ce que les dictionnaires ne donnent pas viticula, au lieu de viliculus ?