‹ Note sur quelques points de l'anatomie pathologique du cancer de l'estomacChapitre 4 sur 9 · DE L’ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DE L’ANATOMIE PATHOLOGIQUE

DU CANCER DE L’ESTOMAC

Par le D1 B. CUNÉO

Prosecteur à Faculté de Médecine de Paris.

Au cours de l’exécution d’un travail sur l’état du système lymphatique dans le cancer de l’estomac \ j’ai eu l’occasion d’étudier certains points encore mal déterminés de l’anatomie pathologique chirurgicale de cette affection. Ce sont ces points que je vais rappeler ici, en insistant plus particulièrement sur les indications pratiques qu’ils me paraissent comporter.

J’étudierai successivement : 1° le mode d’extension locale du carcinome gastrique; 2° l’état des ganglions lymphatiques dans le cancer de l’estomac au début.

L’extension sur place du cancer de l’estomac, et plus particulièrement du cancer du pylore, présente trois particularités d’une grande importance pratique : l’envahissement précoce et étendu de la sous-muqueuse; la tendance du cancer à se porter vers la petite courbure; l’intégrité habituelle du duodénum.

I. — L’ envahissement de la sous-rniiqneiise apparaît dès les premiers stades de l’évolution du cancer. Un instant protégée par la résistance, d’ailleurs très relative, que présente aux traînées épithéliales la muscularis mucosæ, la sous-muqueuse est infectée dès que cette frêle barrière est forcée. Or, parvenus dans cette couche sousmuqueuse, à texture si lâche et dont les lymphatiques sont si abondants, les boyaux cancéreux progressent avec une grande rapidité . Aussi est-il de règle de voir la sous-muqueuse envahie sur une étendue plus considérable que la muqueuse elle-même. Et, non seulement la masse principale des boyaux sous-muqueux dépasse la zone

1. B. Cunéo. De l'envahissement du système lymphatique dans le cancer de L'estomac et de ses conséquences chirurgicales. Th. Paris, 1900. .

REVUE DE CHIRURGIE

envahie de la muqueuse, mais on trouve même des traînées néoplasiques aberrantes qui ne sont autres que des lymphatiques infectés et qui sont à plus de deux centimètres du gros de l’infiltration sousmuqueuse (Y. fig. 1).

Cet envahissement de la sous-muqueuse se traduit parfois par une augmentation de consistance de la surface interne de l’estomac, par l’adhérence de la muqueuse au plan sous-jacent et, à la coupe, par un aspect blanc et comme squirrheux de la zone envahie. Mais

il est fréquent de voir toute modification macroscopique faire défaut, alors que l’examen histologique montre d’évidentes lésions et on peut même admettre en règle générale, que la limite apparente du néoplasme est donnée par les lésions de la muqueuse.

Il résulte de ces constatations qu’il est absolument insuffisant de sectionner l’estomac à un centimètre seulement de la limite apparente du néoplasme, comme le faisait d’abord Czerny ’. Ce chirurgien s’en est d’ailleurs lui-même rapidement convaincu, en constatant la présence d’éléments néoplasiques au niveau de la surface de section de ses pièces opératoires. V. Eiselsberg 1 2, Mifulicz3, indiquent sans préciser la nécessité de passer à plusieurs centimètres du néoplasme. Le chiffre de trois centimètres, proposé par Czerny et adopté par Carie et Fantino 4 et ainsi que par MM. Terrier et Hartmann 5 me paraît être un minimum qu’on aura souvent intérêt à dépasser.

II. — La progression des cancers du pylore vers la petite courbure

1. Czerny, cité in Gui nard. La cure chirurgicale du cancer de l'estomac. Th. Paris, 1897-1898, n° 184, p. 125.

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