‹ Note Sur Trois Fleurs MonstrueusesChapitre 3 sur 3 · SÉANCE DU 26 JUILLET · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 26 JUILLET

même dans des boutons encore très jeunes. Il paraît certain qu’elle existe comme caractère général dans [celteforme de la Pomme-Je-terre et qu elle se multiplie sans modification par la plantation des tubercules.

Le calice de la fleur n’a subi aucune altération : ses cinq lobes lancéolés se rétrécissent en une longue pointe terminale. — Ce calice enlevé, on a sous les yeux un corps complexe fort remarquable : c’est une sorte de godet blanc et presque pétaloïde, haut seulement de k ou 5 millimètres, qui ne peut être autre chose que le tube de la corolle non prolongé en limbe; le bord de ce godet corollin porte cinq étamines sessiles, parfaitement conformées, semblables aux étamines normales de la fleur de la Pomme-de-terre, mais un peu plus renflées, qui alternent fort régulièrement avec les lobes du calice et qui occupent dès lors la place des divisions de la corolle. Entre ces étamines, et dans le même verticille, se trouvent cinq petits filets délicats et fort courts, qui semblent être les seuls restes du limbe de la corolle. Sur la face interne du godet corollin et près de son bord se trouvent cinq étamines alternes avec les premières, et dans lesquelles il est impossible de ne pas voir l’androcée normal du Solanum tuberosum. — Le pistil n’offre rien de particulier ni d’anomal.

Ainsi, dans cette monstruosité, se présente le fait extrêmement curieux d’une transformation des lobes de la corolle en étamines ; or, si le changement des étamines en pétales s’opère fréquemment, je ne sache pas qu’on ait encore signalé celui des pétales en étamines, et celle circonstance me semble donner un intérêt particulier à la monstruosité sur laquelle je viens d’appeler un instant l’attention de la Société.

M. Brongniart dit. qu’il a aussi observé la disjonction des sépales dans les Roses. Il ajoute qu’il est convaincu de la nature axile du tube qui, dans certaines familles, enveloppe l’ovaire infère, notamment dans les Rosacées et peut-être aussi dans les Myrtacées; mais qu’il ne faudrait pas, suivant lui, dans l’état actuel de la science, généraliser cette manière de voir.

M. Decaisne rappelle à ce sujet que certaines variétés de Cratœgus portent des feuilles sur le fruit.

M. Ad. Brongniart met sous les yeux de la Société les dessins de diverses monstruosités que présente l’androcée de quelques plantes, et fait la communication suivante :

Page 1