‹ Note Sur Un Cas D'Abolition Du GéotropismeChapitre 3 sur 3 · SÉANCE DU 11 MAI · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 11 MAI

semis quelconque, il doit se trouver un certain nombre de graines placées, par hasard, de telle sorte que l’extrémité radiculaire de leur embryon regarde le ciel. On ne s’explique guère non plus que, lorsque Duhamel, par exemple,a semé des glands l’extrémité radiculaire en haut, la radicule, au lieu de croître verticalement de bas en haut, se soit recourbée sur elle-même pour pouvoir s’allonger verticalement de haut en bas, et cela tout autant de fois qu’on a retourné le vase dans lequel se faisait la germination, de manière à reporter verticalement en haut l’extrémité du pivot en voie de se développer.

D’un autre côté, ajoute M. Duchartre, il semble peu facile d’appliquer cette théorie à un embryon arqué comme l’est celui du Haricot ; et cependant, dans le cas dont il vient d’être question, la figure montre que cet embryon arqué s’est si bien redressé que les cotylédons sont venus se placer sur la môme ligne droite verticale que le pivot et les deux premiers entre-nœuds de la jeune tige. H n’est pas hors de propos de faire observer que, dans le même cas, le petit pot où le Haricot était semé a été plusieurs fois changé de place, que sa terre d’abord meuble s’est ensuite tassée sous l’action des arrosements, et il est peu probable que, malgré cela, la graine ait pu conserver invariablement sa première direction, quelle qu’elle fût. Enfin il rappelle que la théorie déduite des expériences de Knight a été regardée par divers physiologistes comme n’expliquant pas en réalité le fait de la direction normale des axes; M. Sachs lui-même le reconnaît. Géotropisme est un moteommode, mais rien de plus.

M. Van Tieghem ne croit pas que la situation rigoureusement verticale de l’embryon soit indispensable pour que la croissance soit égale tout autour de l’axe. D’ailleurs la méthode de retournement des plantes a été employée par plusieurs physiologistes pour manifester l’influence de la lumière, par exemple sur les racines retournées. M. Van Tieghem admet, avec M. Duchartre. que le terme géotropisme n’est qu’un mot, et non pas une explication. Il ne partage pas l’opinion de M. Sachs, suivant lequel, dans les expériences de rotation, l’action de la pesanteur serait annulée. Cette action n’est pas annulée, elle est seulement égalisée sur les différents points de la surface.

M. Van Tieghem fait à la Société la communication suivante :

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