‹ Note sur un cas de cancer du corps thyroïde avec cancer secondaire des muscles soléaire et jumeauxChapitre 2 sur 2 · TRAVAUX ORIGINAUX · texte numérisé non relu

TRAVAUX ORIGINAUX

1879), a d’ailleurs refusé toute valeur clinique. Dans les derniers jours toutefois, la malade se plaignait d’irradiations douloureuses dans la région mastoïdienne droite et dans la tête; fait déjà signalé par Nélaton. Mais les symptômes qui de beaucoup étaient au premier plan consistaient en une dysphagie assez prononcée et surtout une dyspnée à forme suffocante.

Chez notre malade la marche, d’abord lente, se précipita les six derniers mois de son existence, qui a été prolongée notablement par une opération palliative, trachéotomie. Si nous nous référons à l’excellente revue générale du docteur Albertin (in Province médicale , 1888, n° 3), à laquelle nous avons déjà fait de nombreux emprunts bibliographiques, nous constatons que, d’après la statistique de Broun ( Arch . f. Klin. Chir ., 1882, t. XXVIII), la survie la plus longue après la trachéotomie a été de douze jours; M. Albertin relate en outre deux observations de M. le professeur Poncet, où la survie fut dans l’une de huit jours, dans l’autre d’une journée. Notre cas, où la survie a été de treize jours, a donc été plus heureux que les précédents. Le bénéfice retiré par la malade, de cette opération d’urgence, a été réel, et nous croyons avec notre maître, M. D. Mollière, que ce traitement, quelque peu curatif qu’il soit, n’en présente pas moins de sérieux avantages. Nous différons donc d’avis avec Lebert ; suivant cet auteur, dit Albertin, il faut repousser toute intervention chirurgicale, au risque d’abréger les souffrances du malade aux dépens de sa vie; cette assertion ne nous paraît devoir être appliquée qu’à l’opération radicale, qui au reste n’est guère soutenue actuellement, les résultats obtenus étant déplorables. Bien que ne pouvant apporter pour appuyer notre dire un faisceau d’observations , nous croyons inexacte la phrase de Broun, disons que l’opération n’a

jamais donné que peu de répit au malade, ne diminuant que très peu la dyspnée.

Au point de vue anatomo-pathologique, qu’on nous permette de faire remarquer que le corps thyroïde obéit, comme tous les autres organes, à la loi générale posée par M. Bard (A) ch. physiologie , 1885; Province médicale , 1888; et Mémoires divers), et suivant laquelle les cellules du néoplasme d un organe donné répondent aux caractères essentiels du

RUPTURE DE L* UTERUS.

type cellulaire normal de l’organe considéré, et que, d’autre part, dans tout noyau secondaire, quel que soit d’ailleurs son lieu de développement dans l’organisme, les cellules sont de même type que celles de la tumeur primitive dont elles émanent.

UN CAS DJS JX.UP/IUIiE .DE h WEfttTST" Par M. C. Barbier, interne des hôpitaux de Lyon.

Le 29 janvier 1888, entre dans le service de M. le docteur Vinay (Maternité de l’Hôtel-Dieu), une femme âgée de,58 ans, la nommée T... M.-Y. Voici les renseignements donnés sur cette femme :

Elle est multipare, c’est son septième accouchement. Tous les autres ont été normaux. Bonne santé habituelle.

Le 29 au matin, elle prend des douleurs : rupture de la poche des eaux. Une accoucheuse appelée dans la matinée constate par le toucher une procidence des deux bras (c’est du moins ce qu’elle raconte). Elle ténte la réduction des bras, puis la version sans succès. Vers une heure de l’aprèsmidi, après la tentative de version, il se produit une hémorrhagie externe épouvantable qui continue, quoique plus faible, pendant le transport de la malade à l’hôpital.

On apporte cette femme à 2 heures ; elle est dans la prostration la plus complète. La face est pâle, les membres glacés, le pouls insaisissable. Elle répond à peine aux questions qu’on lui fait et ne réagit absolument pas pendant l’exploration et les déplacements qu’on est obligé de lui faire subir. Au moment où on la dépose sur le lit de douleur, elle prend un vomissement « marc de café ».

Notre collègue de garde, appelé en foute bâte en notre absence, arrive à ce moment et voici ce qu’il constate : Le ventre n’est pas déformé. Il présente une coloration violacée, mais un aspect normal. Une main pend à la vulve, c’est la main droite. L’autre bras est dans le vagin ; la tête se présente au détroit supérieur. Diagnostic probable : présentat ion /du sommet avec procidence des bras (primitive ou consécutive à l’intervention de l’accoucheuse ?). Décollement pré-

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