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Note Sur Un Cas De Chlorantihe Chez Le Rumex Arifolius

J’ai l’honneur de présenter a la Société l’étude et l’analyse dessinée d’une anomalie végétale que M. Lecoq, notre honorable président, a bien voulu me remettre hier, et qui a été rencontrée dans une partie humide et ombragée de la montagne sur laquelle nous tenons aujourd’hui notre séance, dans le bois du Capucin.

La plante dont il s’agit est le Rumex arifolius. Cette espèce, voisine mais bien distincte du R. Acetosa , est abondante dans cette localité, où chacun de nous a pu la recueillir. Le phénomène tératologique que présente l’individu que je mets sous vos yeux, a été désigné sous le nom de chloranthie-, ce phénomène consiste comme vous le savez, Messieurs, en une coloration anormale eu vert des diverses parties de la fleur, et en une tendance plus ou moins marquée de ses divers organes, à revêtir la forme des feuilles caulinaires.

Dans le cas qui nous occupe, la couleur verte est sans importance, puisque, à l’état normal, la couleur de la fleur de ce Rumex est le vert pur ou le vert rougeâtre. La forme mérite plus d’attention. Le calice est subnormal ; la corolle ou verticille interne du périanthe est a pétales très amples, foliacés, d’un beau vert et de la forme des feuilles caulinaires. Les étamines sont complètement milles, ou du moins je n’en ai trouvé aucun vestige sur les fleurs que j’ai examinées. Le verticille carpellaire est le plus déformé, les trois feuilles carpellaires soudées en un fruit uniloculaire, comme à l’état normal, sont très amples et foliacées; elles constituent une capsule siliquiforme, trigone, à parois foliacées, et dépassent longuement le périanthe; les trois stigmates en goupillon sont subnormaux, quelquefois ils manquent plus ou moins complètement. L’ovule, dressé comme a l’état normal, n’occupe que la dixième ou la cinquième partie de la longueur de la capsule; son funicule est vert et assez épais : ce funicule se termine par uu appendice foliacé, dans lequel il est facile de reconnaître une primine plus ou moins déformée. — La structure de cet ovule m’a été démontrée plus complètement dans un cas analogue de chloranthie chez un autre Rumex , le R. scutatus, qui m’a été communiqué par mon ami M. Cosson et avait été recueilli en Bourgogne par notre confrère M. de Parseval-Grandmaison. Chez cette plante anomale le funicule est filiforme, très allongé, et se termine par une primine ureéolée de forme subuormale ; quelquefois il existe une secondiue, le plus ordinairement l’ovule est réduit à la primine.

, Dans le Rumex arifolius que j’ai mis sous les yeux de la Société, j’in-

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