‹ Note sur un cas de cystite tuberculeuse traitée par la taille hypogastrique, le raclage et la cautérisationChapitre 4 sur 5 · R NOTE SUR UN CAS DE CYSTITE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

R NOTE SUR UN CAS DE CYSTITE TUBERCULEUSE

Et d’abord, au point de vue du diagnostic il ne peut y avoir le moindre doute; malgré l’absence regrettable de la recherche des bacilles, dans l’urine au début, l’existence de la tuberculose génitale, les caractères cliniques de l affection vésicale étaient largement^ suffisants pour fournir à ce diagnostic une base solide.

L’opération d’ailleurs n’a fait que le confirmer en nous permettant de reconnaître dans la vessie les lésions ordinaires de la tuberculose vésicale : granulations, ulcérations en coup d’ongle, fongosités; ici encore il est fâcheux que l’examen histologique manque, les débris de tissu enlevés ayant été égarés; mais lors de l’opération destinée à fermer la fistule, le fragment enlevé par l’avivement renfermait des granulations tuberculeuses et des bacilles, d’après l’examen fait par le docteur A. May or.

Il s’agit donc bien d’une tuberculose vésicale. L’opération m’a paru indiquée par la fréquence excessive des mictions, l’intensité de la douleur et l’hématurie; le désir formel du malade et de sa famille, dûment instruits des chances de l’intervention, constituait un argument de plus.

D’autre part, les lésions génitales n’étaient pas très étendues ni très graves, les poumons étaient intacts, l’état général de la santé satisfaisant, et la tuberculose n’existait pas dans la famille; j’ai cru pouvoir passer outre et ne pas considérer les lésions génitales comme une contre-indication; l’événement m’a donné raison. Ceci est important, car voilà un premier fait répondant à la question posée par le professeur Guy on.

Arrivons à l’opération elle-même : comme je l’ai dit, je me proposais non seulement d’inciser la vessie, de supprimer ses fonctions comme réservoir, et ses contractions pour un temps plus ou moins long, mais encore de détruire, si possible, les lésions au moyen de la curette et du thermocautère, et c’est ce qui a été fait.

L’opération peut se diviser en deux temps : la taille d’abord, la destruction des lésions vésicales ensuite.

J’ai pratiqué la taille hypogastrique par le procédé que j’avais employé précédemment dans quatre tailles pour calculs. Comme on a pu le voir, ce procédé est analogue à celui de mon maître Guyon par l’incision couche par couche, par la recherche de la graisse sous-péritonéale, par le refoulement du péritoine avec le doigt et par la suspension de la vessie avec des fils de soie; mais il en diffère en ce que je n’emploie pas le ballon de Petersen, en ce que je ne lie pas la verge sur la sonde, en ce que l’injection dans la vessie a pour but, non de la faire saillir, mais de substituer à l’urine un liquide antiseptique ; enfin, en ce que je me sers comme guide, pour ouvrir la vessie, d’une sonde d’étain qu’un aide fait basculer doucement, de façon à soulever sa paroi.

Cette manière d’opérer, que j’ai adoptée dès ma première taille (novembre 1881), ne m’a pas jusqu’ici offert de difficultés ; si je la préfère, c’est que le ballonnement du rectum, la ligature de la verge, ne me paraissent pas sans inconvénients et que leur utilité, dans un grand nombre de cas, ne m’est pas démontrée. Dernièrement encore, les faits de Nicaise(l), de Routier (2), s’ajoutant au cas plus ancien de Cadge, ont montré que le rectum pouvait être déchiré, contusionné ou mortifié; le ballon a été accusé par Ullmann (3) de favoriser la rupture intra-péritonéale de la vessie. Ceux-mêmes qui emploient le ballon lui reconnaissent des inconvénients ; c’est à sa présence qu’est due, si je ne me trompe, l’hémorrhagie fournie par la paroi vésicale, et qui cesse quand la vessie se vide; Guyon lui-mème nous dit que, la vessie ouverte, il est préférable pour l’examen de sa muqueuse de supprimer ou de dégonfler le ballon. Je reconnais du reste que les faits malheureux ne sont pas très nombreux, que les inconvénients du ballon ne sont pas très grands ; mais

(1) Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie de Paris, 1S88, p. 676.

(21 Ibid., p. 679.

,,iy K- Ullmann. Ueber durch Fullung erzeugte Blasenrupturen. (Wiener Medizimsche Wochenschrift , 1887, p. 23, 24, 25.)

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