‹ Note Sur Une Feuille Monstrueuse De Tilleul, Suivie De Quelques Considérations Sur Les Feuilles PeltéesChapitre 1 sur 4 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE OC CHANGE · texte numérisé non relu

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autour de son extrémité. Dans le premier de ces modes de formation, la soudure sera toujours indiquée, ce me semble, parce que, si l’on trace une ligne qui prolongerait la nervure médiane du limbe en arrière de sa base marquée par l’extrémité du pétiole, cette ligne ne rencontrera pas de nervure et parcourra un espace uniquement cellulaire; tandis que, dans le second mode, cette même ligne rencontrera une nervure équivalente ou à peu près équivalente aux autres ; ces deux sortes de peltation semblent, fl priori, devoir différer beaucoup d’importance, puisque l’une n’est due qu’à une soudure, c’est-à-dire a un fait indépendant de l’organisation même, tandis que l’autre tient a une sorte particulière de ramification du pétiole, c'est-à-dire à la constitution même de l’organe. La dernière donnerait seule des feuilles essentiellement peltées, tandis que la première produirait des feuilles en quelque sorte imparfaitement peltées.

Il y avait un certain intérêt à reconnaître, en premier lieu, si la nature emploie uniquement l’un ou l’autre, ou bien simultanément l’un et l'autre de ces modes; en second lieu, si la différence que, théoriquement, on trouve entre eux, est tellement grande en effet, que la même espèce ne présente jamais que l’un ou l’autre mode séparément, et non l’un et l’autre à la fois. Pour me fixer à cet égard, j’ai observé beaucoup de feuilles peltées, et les résultats de cet examen ont été : 1° que la très grande majorité de ces feuilles doit sa manière d’être à une soudure bord à bord des deux oreillettes basilaires; 2° qu’un petit nombre seulement sont peltées par ramification du pétiole tout autour de son extrémité; 3° que cette dernière sorte de peltation, quoique tenant à l’organisation même de la feuille, peut être remplacée par la première, de manière à rendre moins tranchée qu’on ne l’aurait cru à priori la ligne de démarcation entre les deux.

Je ne crois pas nécessaire de citer des exemples de feuilles peltées par

soudure, puisqu'elles constituent la généralité; mais j’indiquerai les Ne-

lumbium comme le meilleur exemple, à ma connaissance, de celles qui sont peltées par uniformité de ramification. Dans ces végétaux le limbe de la feuille revient à un cercle coupé en deux par un diamètre que trace une nervure médiane, partagée elle-même par le point d’attache du pétiole en deux parties égales, situées bout a bout. Ces deux parties constituent en réalité deux nervures médianes, l’une antérieure, l’autre postérieure. Une particularité digne de remarque, c’est que ces deux nervures médianes sont simples, tandis que toutes les autres, en grand nombre, qui rayonnent autour du sommet du pétiole, sont rameuses par dichotomie. Par exception à cette structure, j ai vu deux feuilles de Nelumbium speciosum parmi celles de l’herbier Delessert, dans lesquelles la nervure médiane postérieure manquait entièrement, et qui, dès lors, semblaient appartenir au type commun des feuilles peltecs. J’ai trouvé aussi, sur un pied de la même

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