‹ Note Sur Une Tige Fasciée Du Cucurbita Pepo Et Sur, Une Prolification De L' agaricus EdulisChapitre 2 sur 3 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

c. Enfin, le champignon cpie nous avons l’honneur de présenter à la Société semble être un cas de véritable prolilication, ce qui serait d’autant plus remarquable que l’on ne devait guère s’attendre à un phénomène de ce genre dans une espèce d’Agame où l’évolution ascendante de l’individu se termine d’ordinaire au chapeau. Cependant, ici, nous trouvons un chapeau de 55 à 60 millimètres de diamètre, porté par un stipe de 64 millimètres de hauteur. Au-dessus de ce premier chapeau, mais cette fois sortant véritablement de son centre, nous voyons deux autres champignons plus petits, d’inégales dimensions; l’un, ayant un chapeau de 38 millimètres de diamètre et un stipe de 36 millimètres de hauteur; l’autre, offrant un chapeau de 30 millimètres de diamètre et un stipe de 24 millimètres de hauteur. Tous trois étaient accompagnés de leur vclum, réduit en ce moment à un anneau qui entoure le haut de chaque stipe.

Pour découvrir la cause de cette superfétation, nous avons dû rechercher si l’anatomie ne nous offrirait pas quelque moyen d’expliquer ce phénomène. Or, en coupant longitudinalement le stipe et le chapeau du champignon principal, mais en faisant passer la section entre les deux champignons surnuméraires, on ne larde pas à reconnaître que les champignons plus petits semblent, ainsi que le premier, émerger d’un mycélium commun. En effet, le stipe et la substance du chapeau sont longitudinalement traversés par un tissu cellulaire d’une nuance différente, en quelques endroits séparé du tissu général, et qui, partant de la base du stipe principal, se rend dans les deux champignons surnuméraires.

Si l’on voulait chercher une explication à ce fait, on serait tenté de regarder les deux champignons surnuméraires comme la continuation d’une sorte d axe représenté par le stipe, ce qui ferait admettre un bourgeonnement analogue a celui qui existe chez les végétaux phanérogames, bourgeonnement bien difficile à admettre chez les Champignons.

Il semble pins rationnel d’admettre une sorte d’enclavement de deux champignons dans un seul, qui aurait lieu de la manière suivante.

On sait que le tissu cellulaire des Champignons est susceptible de soudures très faciles. Supposons trois spores germant ensemble dans un espace fort étroit et confondant ensemble leur mycélium ; admettons, ce qui peut arriver, qu’il y ait un champignon qui grandisse plus vite que les deux autres, et que, tous trois soudésen un seul, le premier les enveloppe complètement comme dans un

sac. Quand celui-ci aura terminé sa croissance, les deux autres reprendront une

croissance relativement plus grande, n’étant plus affamés par le premier, et bientôt perceront la membrane du chapeau qui les porte et simuleront ainsi la continuation du stipe principal, avec une sorte de bifurcation. On peut encore admettre que l’enclavement n’a pas eu lieu d’une manière complète, et qu'alors la base du stipe des deux petits champignons a été seule envelopper pendant la croissance du plus grand.

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