SÉANCE DU 27 JUILLET
M. J. Gay rappelle que M. Des Moulins a communiqué àla Société, il y a peu de temps (1), un exemple de prolification de Champignons semblable à celui que présente M. Fermond.
Relativement à la germination du Sapindus , M. Decaisne fait observer que la plante peut changer d’aspect avec l’âge : une jeune plante peut avoir des feuilles simples d’abord et des feuilles composées plus tard.
M. Duel fait à la Société la communication suivante :
NOTE SUR L’HERBIER DE FEU M. CHAUBARD, par M. T. PUEE.
Lu savant, érudit non moins que modeste, et avant tout homme de bien, M. Chaubard, qui aurait certainement compté au nombre des membres fondateurs de la Société botanique, s’il avait vécu quelques mois de plus (2), a laissé un herbier précieux sur lequel je désire attirer l’aitenlion de la Société. Par suite de circonstances imprévues, et grâce au désintéressement de la famille de M. Chaubard, ces collections se trouvent aujourd’hui placées entre mes mains. Le souvenir de la bienveillante amitié dont m’honora constamment celui qui fut mon premier guide en botanique, m’impose la douce obligation défaire connaître les types intéressants que renferme cet herbier, et surtout les notes manuscrites qui accompagnent plusieurs espèces. Les amis de M. Chaubard (et la Société en compte un grand nombre) savent avec quelle bonté, je dirais presque avec quelle ardeur, il accueillait les jeunes botanistes, encourageant leurs premiers essais et dirigeant leurs efforts vers un but scientifique : c’est à moi surtout qu’il appartient de proclamer ces rares qualités du cœur, alliées chez M. Chaubard à une vaste érudition, car nul, j’ose le dire, n’a été plus à même de les apprécier. Lu jour, je l’espère, il me sera permis de dévoiler, dans une notice spéciale, quelques-uns de ces détails intimes d’une vie à la fois si simple et si bien remplie, dont sa famille et ses amis ont seuls aujourd’hui le secret; mais n’oublions pas en ce moment qu’il ne doit être ici question que du mérite scientifique de M. Chaubard, au point de vue spécial de la botanique.
Tout le monde sait que M. Chaubard folle collaborateur le plus actif de Saint-Amans pour la rédaction de la Flore agenaisc , et que la cryptogamie en particulier fut son œuvre spéciale : aussi peut-être y aurait-il quelque justice à associer constamment son nom à celui de Saint-Amans, lorsqu’on vite cet ouvrage. Quoi qu’il en soit, la Flore agenaisc lit une véritable sensation à l’époque où elle parut, surtout à cause de la cryptogamie, que
(•) Voyez le Bulletin, t. V, p. 211.
(2) M. Chaubard est décédé le 20 janvier 1854.